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Comment la pollution tue en Sud Loire

Loire le 10 octobre 2014 - Xavier Alix - Sciences, Santé, Environnement - article lu 913 fois

Comment la pollution tue en Sud Loire
Le respect à long terme de la valeur guide de l'OMS pour les particules très fines (PM2,5) se traduirait par 200 décès évités par an (© Air RA)

Trente-trois communes concernées habitées par 400 000 personnes sur 450 km2.

« L’agglomération stéphanoise » n’est pas ici Saint-Etienne Métropole. Ses communes les plus rurales sont exclues et d’autres du sud Forez - Veauche, Saint-Just-Saint-Rambert - inclues dans ce qui est une première. Car si ce type d'étude a déjà été réalisée il y a quelques années sur Lyon et Grenoble, pour Saint-Etienne, c’est à l’issue de l'enquête publique sur le nouveau PPA (Plan de protection de l’atmosphère) adopté en février que le commissaire enquêteur a préconisé dans ses conclusions la toute première étude d'impact sanitaire de la pollution de l’air sur ce territoire.
Etude menée en 2014 par la cellule de l’Institut de veille sanitaire régionale travaillant au sein de l’ARS. Objectif : mettre en corrélation l’exposition locale de polluants dans l’air à partir des mesures de l’organisme public Air Rhône-Alpes avec les données sanitaires locales. Cette évaluation étudie uniquement le plus grave (décès et hospitalisations) ne reflétant qu’une partie de l’impact. Le plus bénin (maladies respiratoires aiguës, toux, allergies, asthme, etc.) ne sont pas pris en compte. Pas plus que les inégalités de la population.

213 décès et 331 M€ par an

« Notre base de travail, ce sont les études épidémiologiques internationales reconnues, explique J.-M. Yvon de l’INVS, co-auteur, nous les appliquons pour en tirer une hypothèse locale. Quand l’étude internationale dit qu’avec une exposition de plus de 10 microgrammes par m3 de telle durée, l’augmentation du risque est de tant %, on applique avec les données locales. » Les décès donc, à partir des données Inserm consolidées seulement jusqu’en 2011. D’où une étude portant sur 3 ans : de 2009 à 2011. Les hospitalisations (2) ensuite. Le tout mis en relation avec les relevés de pollution.
Déduction : à court terme, le respect des valeurs guide OMS pour l’ozone et les particules fines (PM10) permettrait d’éviter 13 décès et 46 hospitalisations par an pour causes respiratoires et cardiaques ainsi qu’un coût d’1,42 M€. A long terme : le respect de la valeur guide de l’OMS pour les particules très fines (PM2,5) se traduirait par 200 décès évités par an et une économie de 330 M€ par an. Des chiffres qui ne restent que des évaluations. L’étude exclut d’ailleurs les oxydes d’azote (issus essentiellement des transports), « le niveau de confiance dans les relations concentration-réponse issues des études publiées » étant « jugé trop faible ». Cette étude illustre enfin que le gain sanitaire et économique sont infiniment plus importants avec une diminution de l’exposition à long terme : « il importe plus d’agir au quotidien qu’uniquement lors des épisodes de pics de pollution. »
Ce type d'étude ne sera pas réalisé de manière systématique, avertit l’ARS, car « d'une part, la méthode ne s'applique qu'aux agglomérations de plus de 100 000 habitants et, d'autre part, elles ont vocation à contribuer à l'état des lieux quand des acteurs locaux se sont engagés sur des actions visant à lutte contre la pollution atmosphérique. » L’ARS pourra en effet tirer de ces données des leviers d’actions ou des recommandations sur les prochains PPA ou encore au sein du Schéma de cohérence territorial qui régit les plans d’urbanisme communaux…

Xavier Alix

(1) Agence régionale de la santé

(2) CHU Saint-Étienne, CH du Gier, Firminy, clinique mutualiste, hôpital privé de la Loire, clinique du parc et trois établissements hors de zone (CH Annonay, Montbrison, clinique de la Sauvegarde).



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