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Sandra Malescot : une communication... différente

Rhône le 06 novembre 2015 - A. G.-P. - Actualités - article lu 619 fois

Sandra Malescot : une communication... différente
D.R. - Sandra Malescot entourée d'Alice et Fabien

Après vingt dans la communication et le marketing dans des grands groupes, Sandra Malescot a créé une agence qui se distingue des autres car elle emploie des graphistes et webdesigners handicapés. Byronbay est la première agence de communication, entreprise adaptée en Rhône-Alpes.

« Dans la communication, on laisse libre cours à notre imagination. On prend les idées du client en  vrac, on écoute, on observe et on essaie de se mettre à sa place, de savoir ce qu’il cherche exactement à transmettre. On est un peu des magiciens parce qu’on a la passion. » C’est cette passion et ce désir profond de placer l’être humain au cœur de la société et de l’économie qui ont conduit Sandra Malescot à se lancer dans le monde d’un entrepreneuriat un peu différent des autres.

Responsable marketing et chef de produits, elle occupe différents postes au sein de grandes entreprises, captivée par son métier. Puis au fil des années, elle réalise qu’elle a besoin de valeurs concrètes et humaines. Elle prend un tournant dans sa carrière professionnelle et devient alors chargée de la mission handicap d’un grand groupe industriel. Lors d’un forum pour l’emploi dédié aux personnes en situation de handicap, elle croise un jeune homme, accompagné de son interprète en langue des signes, qui lui remet son CV et son book. «  Il avait du talent et cependant d’énormes difficultés à trouver du travail. Il était sourd et muet mais il parlait avec son visage. »

Pour Sandra, qui a soif d’indépendance, cette rencontre est la graine qui commence à germer. Elle décide de créer une agence de communication et de réserver tous les postes à des salariés handicapés. Une étude de marché en Rhône-Alpes lui confirme qu’il n’existe aucune entreprise de la sorte dans la région, pas plus que dans tout le sud de la France. Alors elle se lance et dépose un dossier auprès de la Direccte de Lyon qui lui octroie l’agrément le 1er octobre 2014. Elle négocie un prêt d’honneur auprès de RDI (Rhône Développement Initiative) qui lui sert de tremplin pour fonder Byronbay.

La nouvelle entreprise adaptée emploie deux graphistes, Alice et Fabien, des jeunes handicapés qui s’épanouissent en développant leur créativité et leur savoir-faire. « Nous sommes une agence de communication comme les autres avec des collaborateurs qui ont quelque chose en plus… Un handicap. Ils se complètent : Alice, c’est l’artiste et Fabien, diplômé en informatique, le spécialiste du webdesign. » Sandra espère bien développer sa société en embauchant, d’ici à 2017, deux nouvelles personnes en situation de handicap, et à moyen terme, dupliquer ce modèle économique unique dans une autre ville. « J’ai la foi en mon projet. Cette entreprise, c’est un vrai bonheur », affirme-t-elle avec une énergie contagieuse que lui insuffle son esprit d’ouverture et de tolérance.

La petite équipe crée des flyers, plaquettes, brochures, newsletters et logos, conçoit également des sites web et des e-mailings, propose du community management et rédige du contenu de brochures. De grandes entreprises nationales, des PME et des associations lyonnaises font appel aux services de Byronbay, trouvant ainsi un double avantage. Le fait de s’adresser à une entreprise adaptée leur donne, en effet, droit à une réduction de 20 à 30 % de la contribution Agefiph ou FIPHFP liée à leur obligation d’emploi de 6 % de travailleurs handicapés. Elles deviennent aussi des acteurs de l’économie sociale et solidaire. « C’est un atout pour leur image et pour leurs finances. Nos clients recherchent, comme dans n’importe quelle autre agence, la fiabilité, la créativité et la qualité au prix du marché. Le recours au secteur adapté leur permet, en outre, de tisser des liens privilégiés avec un prestataire expérimenté, dans une approche cohérente avec leur politique RSE. »

Sandra Malescot est très attentive à la prise en compte de l’individu et à son bien-être au travail. « Le burn out, la pression, ce n’est pas un modèle concevable pour mon entreprise. Je suis certainement idéaliste mais j’essaie de faire au mieux ! » Elle adopte le même précepte lorsqu’elle donne des cours de communication orale à la Fédération des chiens guides d’aveugles, quand elle peint, joue du piano ou chante du gospel.



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