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Salvatore Corona, coach entrepreneur

Loire le 31 juillet 2014 - Florence Barnola - Actualités - article lu 1475 fois

Salvatore Corona, coach entrepreneur
(D.R.)

Salvatore Corona se caractérise par la simplicité de son rapport aux autres.

Rendez-vous avait été pris à son entreprise, dans la zone franche de Montreynaud. Il vient à nous, souriant, l’allure sportive - « je m’entretiens, mais pas assez » -, svelte, la poignée de main franche et amicale, la voix chaleureuse et riante.
La  séance photo se fera dans le showroom BV Sport. Sur les étagères et gondoles, des Jambes et fessiers recouverts de chaussettes de contention et autres, photos de sportifs de haut niveau.
Né en Sardaigne, il avait un an et demi quand ses parents se sont installés à Saint-Etienne.  Leur premier appartement se trouvait dans le quartier du Soleil : « je me souviens que j’allais à l’école chez les bonnes sœurs ». Puis Terrenoire où il restera jusqu’à sa majorité.
Ce n’est pas un poseur. Il ne semble pas rompu à l’exercice du mannequinat, son petit rire nerveux traduirait presque une gène. Pourtant, il garde le sourire, le mot gentil. Les bras embarrassés avec ses moitiés de jambes en plastique, il se prête au jeu. Il préfère le beau temps, les jours gris passés le mettent dans une humeur plus taciturne. « J’ai sans cesse besoin d’avoir chaud et de soleil. J’ai des gènes je pense assez axées sur la chaleur. Quand on est né dans une île et que ses ancêtres y ont vécu très certainement ils doivent vous transmettre des gènes de chaleur. »

Son deuxième fief, le Brésil

Il y a quelques années, il a acquis une propriété dans la région de Nordeste au Brésil «  J’ai rénové une veille maison de pêcheur en bord de mer, à une centaine de kilomètres de Fortaleza. J’adore faire des travaux. Je viens du bâtiment. » Il y va deux fois par an. « Je visite tout le Brésil. Il y a du boulot ! Je suis allé à Rio, à Salvador, Sao Luis, en Amazonie… Je suis même resté dans la forêt amazonienne quasiment dix jours, dans des baraques en bois avec un guide. C’est extraordinaire ! Le climat est lourd, il fait très humide, même la nuit. »
Alors en pleine Coupe du monde de foot, sport qu’il adore, il nous confie qu’il aimerait voir le pays de Pelé gagner mais pense que ce sera plutôt les Allemands. L’avenir lui donnera raison. Salvatore Corona est aussi visionnaire en affaires.
« Je n’ai pas fait d’études contrairement à mon épouse. Je l’ai rencontré, elle avait 17 ans, elle a passé son bac puis sa licence, sa maîtrise, son DEA. Après elle a réussi le concours de la magistrature. » Il est fier de sa femme mais confie que son métier est difficile, pas toujours simple à vivre : «  on a même été sous protection judiciaire pendant un an, avec des menaces, des gardes du corps… » Il a voulu grimper les échelons pour elle. « La volonté de ma femme de faire des études m’a permis de progresser et de me cultiver intellectuellement. Le départ de ma carrière de chef d’entreprise est lié à ma rencontre avec Annick ».
Cependant, « cette envie d’aller de l’avant » existait dès son plus jeune âge. Quand petit garçon on l’interrogeait sur le métier qu’il voudrait faire plus tard, il répondait « chef ! ». A 18 ans, il commence à travailler dans le bâtiment. Il suit très vite une formation continue, divers stages et passe des diplômes « pour évoluer ». Il devient rapidement chef d’équipe, chef de chantier, conducteur de travaux puis directeur. A 32 ans, il monte son entreprise à Saint-Chamond, Corona Etanchéité. « C’est une société qui a tout de suite eu une croissance extraordinaire parce que j’ai eu jusqu’à 60 employés et on réalisait 11 M€ de chiffre d’affaires. »

« Le dirigeant est comme un entraîneur ou un chef d’orchestre »

Homme de challenge, il décide de remettre les compteurs à zéro en 2007, à quelques semaines de son cinquantième anniversaire. « J’avais envie de faire autre chose ». Il vend son entreprise. En cherchant une activité à reprendre, il tombe sur BV Sport, émerveillé : « J’adore le sport, j’ai fait beaucoup de foot. Très rapidement on m’a présenté de grands noms du sport. C’est quand même fabuleux de pouvoir les rencontrer ! » Là encore, il mène à la croissance cette PME alors qu’il ne connaissait pas le milieu médical. « On ne passe pas du bâtiment à la chaussette de compression, on passe de chef d’entreprise à chef d’entreprise. Pour moi les qualités d’un chef d’entreprise ne sont pas forcément de connaître le métier dans lequel il est. Bien évidemment, il faut connaître les normes et s’impliquer, mais au départ je ne les ai pas, mais j’ai employé des gens qui les connaissaient. Il faut savoir faire confiance, il faut savoir déléguer. Le dirigeant est comme un entraîneur ou un chef d’orchestre. »
La transmission du métier est une des valeurs « qui a de l’importance à mes yeux. C’est essentiel. Si on veut transmettre correctement et dans la pérennité, il faut s’y préparer et surtout ne pas avoir peur de le faire. J’ai un esprit très artisanal, la transmission, la formation  sont très importantes. » Il embauche son personnel en grande partie via les stages «  Cela me permet de jauger pendant plus d’un an, un stagiaire ou un alternant. On se rend vraiment compte de sa capacité, de son talent, de ce pourquoi il est fait. »
Son repos, outre en Amérique latine, il le trouve dans sa maison de la Talaudière : « Fontvieille, c’est mon havre de paix. Le soir quand je rentre, rien que de voir la vue sur le Pilat… » Cette « bâtisse » ressemble à celle qui le faisait rêver enfant « Quand j’avais 7 ou 8 ans, mon père pour nous payer des vacances nous emmenait dans une maison du côté de Bas-en-Basset, où il y avait un petit terrain de foot, un étang dans lequel je pêchais. Je me souviens que mon père travaillait chez ce monsieur qui était aisé. Dans mes rêves cette maison représentait la réussite que mon père n’avait pas eu. Je me suis toujours dit, quand je serai grand j’aurais une belle maison comme ça. »
Dans cette propriété talaudièroise, des tableaux. A ses heures perdues, Salvatore Corona, quand il ne joue pas de la guitare sèche, se fait peintre : « j’ai dû peindre une quarantaine de toiles, au couteau ».

Florence Barnola


Dates :
La rencontre avec mon épouse. La naissance de mes deux fils : Nicolas le 8 mars 1988 et Thomas le 24 mai 1991

Lieu :
Ma maison à la Talaudière et le Brésil

Personnalité :
Bill Gates, Mark Zuckerberg

Phrase :
«  Ne rien faire, tout faire faire et ne rien laisser faire » (Hubert Lyautey)

Ambition :
Transmettre l’entreprise correctement



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