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Salles de spectacles : une pérennité difficile à gagner

Loire le 05 décembre 2015 - Marine Graille - Spectacle, Théâtre - article lu 204 fois

Salles de spectacles : une pérennité difficile à gagner
Georges Rivoire - D'importants travaux ont été réalisés au Triomphe par les deux nouveaux associés de la salle

Saint-Etienne compte de nombreuses salles de spectacle. Le Zénith, le Fil, le Parc des expositions évidemment. Mais aussi des salles de taille plus modeste qui permettent d'étoffer l'offre culturelle à des prix abordables.

Au fil des années, l’offre culturelle en termes de salles de spectacle a évolué à Saint-Etienne. Les grands équipements comme le Zénith, l’Opéra ou encore le Fil, font évidemment partie de cette offre tout comme les petites salles tels le Pax, La Tannière. Pour autant, la recette pour durer est parfois difficile à trouver pour ces établissements.  

La vie du Triomphe par exemple n’a pas été un long fleuve tranquille. Historiquement cette salle de l’avenue de la Libération était un cinéma « porno » dans les années 1970 jusqu’à ce qu’elle devienne une salle de théâtre. Le lieu ferma ensuite pendant plusieurs années jusqu’à ce qu’elle devienne en 2012 une salle de concert : le Larsen. Un peu plus d’un an plus tard, le lieu ferma à nouveau ses portes. Une histoire chaotique qui n’a pourtant pas effrayé Julie Krief et Julien Sigalas qui ont rouvert la salle il y a quelques semaines. « Nous ne sommes pas de la région et ne connaissions pas du tout Saint-Etienne. Quant nous avons visité le Triomphe nous avons beaucoup hésité au vu de l’importance des travaux qui nous attendait », confie J. Krief. Les deux associés se sont donc remontés les manches pour effectuer tous les travaux de remise aux normes (accessibilité, sécurité…) pour transformer le Triomphe en une salle de théâtre digne de ce nom.  

Julie et Julien ne comptent pas seulement sur la transformation de la salle pour redonner au Triomphe ses lettres de noblesses. En effet, pour eux la programmation rentre inévitablement en ligne de compte. « Pour qu’une salle fonctionne, il faut proposer des spectacles de qualité. Quand des personnes réservent des places sans vouloir connaître le nom de la pièce à laquelle ils vont assister cela signifie que l’on a gagné leur confiance. »

Un avis que partage Etienne Delesse, gérant du Pax située rue Elisée-Reclus. Pour lui, le succès et la pérennité d’une salle de spectacle passent en effet nécessairement par le programme proposé. « Nous avons essayé de maintenir une programmation qui colle au Pax c’est à dire plutôt intimiste puisque la scène est très proche du public. » Le Pax existe depuis plus de 15 ans, elle fait partie des salles culturelles les plus anciennes de Saint-Etienne. Selon Etienne Delesse, cette longévité s’explique aussi par la gestion de la salle qui est assurée par le foyer des jeunes travailleurs. Une gestion qui d’ailleurs changera de mains dans les prochains puisque l’association Deltamax gèrera le Pax. Lors de ce passage de relais, quelques aménagements vont être effectués comme la création d’un studio d’enregistrement. La modernisation et la réactualisation d’un lieu a donc bien toute son importance dans la pérennité d’un établissement culturel.

Sur le volet de la gestion financière, le Pax et le Triomphe ont opté pour deux voies différentes. Le Pax joue plutôt sur la sécurité en ayant signé il y a 6 ans une convention entre le foyer des jeunes travailleurs, Carotte productions et la Ville de Saint-Etienne. « Pour les salles comme le Pax, avoir une indépendance économique c’est très compliqué pour ensuite avoir une programmation qui a de la tenue, à des prix abordables et pour payer les intermittents », estime E. Delesse.

Un point de vue que ne partage visiblement pas Julie Krief et son associé qui ont, eux, préféré rester totalement privé. « On vit sur les recettes de nos spectacles. Etre indépendant financièrement était une volonté de notre part comme nous l’avons fait pour les deux autres salles que nous gérons à Grenoble et à Aix-en-Provence. »

Marine Graille



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