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Salaise-sur-Sanne ne traitera pas de déchets australiens

Isère le 24 juillet 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Centre-Isère - article lu 733 fois

Salaise-sur-Sanne ne traitera pas de déchets australiens
Les associations de défense de l'environnement ont manifesté lors du passage du Tour de France en pays roussillonnais (D.R.)

Le 18 juillet dernier, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal se prononçait contre le projet de traitement en Isère de déchets chimiques toxiques en provenance d'Australie, en raison des "risques de pollution marine" pendant le transfert et de la nécessité de traiter les déchets là où ils sont produits.

Une société australienne, Orica, avait en effet déposé auprès des autorités françaises une demande d'autorisation d'importation de « 9.000 tonnes de déchets très toxiques (sous-produits d'hexachlorobenzène, HCB, produits de 1963 à 1996 à Sydney) », afin qu'ils soient incinérés dans une usine Tredi (groupe Séché Environnement) à Salaise-sur-Sanne. Suite à cette opposition, la ministre avait donné instruction au préfet de l'Isère de « s'opposer à cette importation au nom du principe de précaution, compte tenu du risque de pollution marine en cas d'avarie du navire pendant le transport, et du principe de proximité, qui exige que les déchets soient traités à proximité de leur source de production ». Trois jours plus tard donc le préfet, Richard Samuel, annonçait avoir refusé l'importation. « Des préoccupations similaires ont conduit au refus d'autres Etats européens pour ces mêmes déchets » précise la préfecture dans un communiqué. Fin mai, Tredi avait annoncé avoir été retenue pour traiter 15.000 tonnes de HCB. L’entreprise avait assuré que cet acheminement serait « organisé dans le strict respect de la convention de Bâle et de la convention de Stockholm », qui règlementent les mouvements internationaux de déchets dangereux ainsi que la production et l'utilisation de substances chimiques très polluantes. « Si les technologies de traitement françaises sont performantes, elles peuvent tout à fait être exportées » pour permettre un traitement sur place, répondait Ségolène Royal. Une décision qui a provoqué des réactions positives dans le département. L'eurodéputée écologiste Michèle Rivasi, s'est "réjouie" de la décision de Ségolène Royal. Celle qui est aussi fondatrice de la Crirad, organisme indépendant sur la radioactivité basé dans la Drôme, rappelle également qu'elle avait « justement sollicité un rendez-vous avec la ministre afin de discuter plus particulièrement » de cette question. Le député Jean-Pierre Barbier, s’est lui aussi félicité de cette décision. Le parlementaire précise rester particulièrement vigilant quant à l’évolution de ce dossier. Il rencontrera d’ailleurs la semaine prochaine, les membres de l’association « Sauvons notre futur ». L’association « Vivre Ici Vallée du Rhône Environnement » (Vivre), se réjouissait lundi de cette décision et rappelait que le type des déchets concernés, serait l’un des pires polluants existants, interdit en Europe depuis 1981. Et nuançait sa satisfaction dans un communiqué : « si nous avons échappé aux déchets d'Australie, il semble que Tredi-Salaise se spécialise dans l'incinération des déchets les plus toxiques de la planète. Les 2 projets en attente d'autorisation de construction, des unités Salaise 4 et Salaise 5 dédiés à la réception de ce type de déchets, confirment nos craintes et marquent une étape déterminante dans cette évolution débutée en 2007 avec l'incinération des déchets d'Abidjan. » Caroline Thermoz-Liaudy

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