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Quand une maison médicale lance un nouveau centre ville

Isère le 07 novembre 2015 - Arnaud DE JUBECOURT - Nord-Isère - article lu 365 fois

Quand une maison médicale lance un nouveau centre ville
Le Maire et son adjoint devant le chantier de la SEMCODA : au rez de chaussée, la future maison médicale

Il y a quelques années, Saint-Victor-de-Cessieu (2 200 habitants) semblait promis à rejoindre le club de plus en plus nombreux des déserts médicaux. Une succession d'initatives en a décidé autrement.

Après le départ de son dernier médecin, le village aurait dû se retrouver sans cabinet médical.  Mais au même moment, les médecins de la commune voisine, déjà rassemblés en un pôle commun, souhaitent redéployer leur activité, agrandir les locaux et les moderniser. Ils rencontrent alors les élus de Saint-Victor, qui ont déjà commencé à réfléchir pour revitaliser l’offre médicale de leur territoire.

Jean-Pierre Lovet, premier adjoint, explique : « par chance  les équipes municipales avaient pris soin de maîtriser un terrain très bien placé, à la fois au contact du village et sur un carrefour important, face à la pharmacie. Les médecins sont alléchés et les échanges se poursuivent avec l’entrée dans la danse de la Semcoda (Société d'économie mixte de construction du département de l'Ain, Ndlr), qui offre l’hébergement de l’opération dans un programme plus vaste qu’elle pourrait développer, à un coût raisonnable compte tenu de l’engagement de la commune dans l’opération ». Au fur et à mesure des discussions et grâce au fort engagement des médecins la programmation évolue vers une véritable maison médicale au rez-de-chaussée d’un ensemble de 12 logements en accession sociale. Après une mise au point de plusieurs mois, les travaux démarrent.

Aujourd’hui l’opération est bien visible, à six mois de la livraison. De nombreux professionnels se sont finalement engagés dans le programme dont la partie médicale occupe tout le rez-de-chaussée ; elle  comptera au moins cinq médecins généralistes, deux dentistes, une infirmière, un kiné, un psychologue et des services communs à plusieurs professionnels (salle d’attente, secrétariat…)

Un tel regroupement correspond à une tendance lourde, souhaitée à la fois par les professionnels, par la population et par l’assurance maladie. Outre qu’il brise l’isolement dont se plaignent de plus en plus les généraliestes, il est l’occasion de mettre en place de nouvelles façons de travailler, plus efficaces et plus adaptées à la demande d’aujourd’hui, qui sont d’ailleurs encouragées de ce fait par l’agence régionale de santé, pilier de la politique de santé depuis 2011. L’ARS contribue en effet à l’effort financier sous réserve du respect de ses orientations.

Pour Saint-Victor, les bénéfices sont nombreux : le maire précise en effet qu' « outre la constitution d’une offre médicale solide et d’une offre de logements innovante en accession sociale, la municipalité met en place le premier éléments d’un nouveau centre ville à la fois au contact des commerces actuels et des nouveaux flux de circulation. D’autres éléments pourraient suivre : une deuxième tranche de construction est prévue, avec extension possible de l’offre médicale, et plusieurs espaces contigüs pourront être maîtrisés dans l’avenir autour des parties dont la commune est déjà propriétaire, grâce à une veille foncière à long terme ». En matière d’aménagement, l’avenir appartient à ceux qui prévoient de longue date !


Arnaud de Jubécourt

 



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