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Saint-Genest-Lerpt - Bernard Pivot ou l'amour des mots

Loire le 29 mai 2014 - La Rédaction - Agglomération stéphanoise - article lu 354 fois

Saint-Genest-Lerpt - Bernard Pivot ou l'amour des mots
(D.R.)

Il est là dans son fauteuil, tel qu'en lui même pendant 30 ans, chaque vendredi soir, il a su faire partager son amour des livres et des mots à des millions de téléspectateurs; Cependant, pour ce défi littéraire, il est seul en scène.  Pour notre plus grand plaisir, il raconte les souvenirs d'un « gratteur de têtes » comme il se définit.

Ses premiers livres furent le dictionnaire, puis les fables de la Fontaine et depuis l'enfance, l'amour des mots et des livres fut l'axe de sa vie. Racontant ses souvenirs d'enfance, de carrière, de rencontres des écrivains qu'il a confessés, il se joue des mots, comme des bulles de savon, les laissant flotter ça et là, accrochant certains qui soudain éclatent, s'éclairant d'une signification autre, ou, badin, il vous les chante à l'oreille, porté par l'empathie d'un public conquis qui rit ou s'émeut. Après tant d'années d'émissions pour un public virtuel - fut-il composé de millions de personnes - Bernard Pivot apprécie ce contact direct avec les gens, jouant du charme  d'un esprit brillant, personnage enjôleur à l'humour malicieux, parfois caustique mais toujours léger, savoureux, comme le vin qu'il produit dans  sa propriété du Beaujolais.(1)
Plus qu'un « gratteur de têtes », il a été un passeur de lecture, renvoyant le livre-pensum aux oubliettes au profit du livre-plaisir. Son approche des auteurs réputés difficiles  (pour ne pas dire réservés à l'élite) les rendait lumineux, et, grâce à lui, toutes les générations y compris celles qui n'avaient pas eu la chance d'aller à l'école après le « certif », découvraient le plaisir de les lire et les comprendre.
Son émission devenait un facteur de lien social. Au travail,  en famille, on commentait sa dernière émission, s'y référant pour choisir un auteur ou celui qu'on offrirait en cadeau. C'était l'époque de « la dictée de Pivot » qui mobilisait toute la France. Qui ne l'a pas refaite en cachette faute d'avoir le courage d'y participer au grand jour? Elle perdure encore aujourd'hui.
Le public lerptien de la salle Pinatel a d'autant plus apprécié la lecture-spectacle que Bernard Pivot se fait plus rare à la télévision. Et il faut reconnaître que ses successeurs sont peu nombreux à nous rendre  les leçons de littérature  si instructives et si amusantes.  


(1) Bernard Pivot vient de recevoir le premier prix des Ecrivains-Gastronomes pour son ouvrage: « dictionnaire amoureux des vins ».



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