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Saint-Etienne : Pôle Emploi veut quitter la Maison de l'Emploi

Loire le 25 novembre 2014 - Denis Meynard - Collectivités locales - article lu 1406 fois

Saint-Etienne : Pôle Emploi veut quitter la Maison de l'Emploi
Le sol du grand hall d'accueil présente des signes de vieillissement prématuré (© Denis Meynard)

Le début du mois de novembre a été source d'informations inquiétantes pour l'avenir de la Maison de l'Emploi et la Formation Loire Sud, située à Saint-Etienne, dans le quartier du Clapier.

Le 4 novembre, lors d’un comité d’entreprise de Pôle Emploi Rhône-Alpes, les représentants des salariés ont appris que le futur schéma territorial prévoit le recentrage sur un nombre plus réduit de sites sur 2015 et 2016. Sur la Loire, cela devrait se traduire par la suppression de deux implantations : une à Riorges, ainsi qu’une des quatre de Saint-Etienne : celle située au sein de la Maison de l’Emploi. Pôle Emploi répartirait alors la cinquantaine de ses agents qui y travaillent depuis 2009 entre ses trois autres sites de Bellevue, Châteaucreux et Grouchy, dont il est propriétaire des murs. La direction régionale de Pôle Emploi explique sobrement qu’ « il ne s’agit que d’un projet, sur lequel on n’a rien à dire ».

« La méthode n’est pas très correcte vis-à-vis des partenaires »

Gilles Artigues, 1er adjoint en charge de la Politique de la Ville et vice-président de l’association qui gère la Maison de l’Emploi (présidée par Delphine Jusselme), regrette que cette annonce faite aux salariés n’ait pas été précédée d’une concertation avec les élus stéphanois. « Quand nous rencontrerons le directeur territorial de la Loire Luc Darmais, le 2 décembre, nous lui dirons que la méthode employée n’est pas très correcte vis-à-vis des partenaires que nous sommes. » Il estime que ce projet de départ de la Maison de l’Emploi n’est « pas non plus très pertinent sur le fond », compte-tenu des collaborations qui existent entre la quinzaine de structures logées sous le même toit.
L’élu s’inquiète aussi du « surcoût qu’entrainerait pour Saint-Etienne le départ du plus gros occupant de l’édifice, qui y occupe environ 1 000 m2, et dont le loyer représentent 62 % des recettes perçues par la Ville sur ce bâtiment qui lui appartient ». Gilles Artigues précise que les autres structures, associatives pour la plupart, participent aux frais de fonctionnement, mais n’acquittent pas de loyer. Il rappelle que lors de la création de ce concept, promu par Jean-Louis Borloo, au niveau national, la Ville de Saint-Etienne avait du se battre pour que l’ANPE et l’Assedic, fraichement fusionnés, s’y installent.

Denis Meynard

Aide financière exceptionnelle de l’agglomération

Saint-Etienne Métropole a demandé une réduction de la masse salariale de l’association gestionnaire.

Face aux difficultés financières rencontrées par la Maison de l’Emploi de Saint-Etienne, le conseil communautaire de Saint-Etienne Métropole a voté le 5 novembre une subvention exceptionnelle de 150 000 € en faveur de l’association gestionnaire. L’agglomération stéphanoise a pris cette mesure après l’annonce au premier trimestre que l’Etat réduisait sa dotation de fonctionnement, qui a représenté jusqu’à 80 % des charges. Ce désengagement concerne notamment le financement de l’accueil des publics et l’animation de la cyberbase.
Gilles Artigues souligne que cette intervention exceptionnelle de la collectivité locale ne pourra pas être renouvelée chaque année et que l’association va devoir faire de gros efforts sur certains postes de dépenses, notamment la masse salariale. Une mutualisation accrue des moyens sera demandée avec les structures associatives hébergées. Par exemple par des détachements de personnes pour assurer, à tour de rôle, l’accueil. Pour autant des suppressions de postes ont été lancées en direction de personnes travaillant à l’accueil et à l’animation, mais aussi à l’antenne de Saint-Genest-Malifaux, ainsi qu’envers le directeur de la structure.
Un choix qui fait réagir Marie-Odile Sasso, conseillère municipale d’opposition à Saint-Etienne et ex-présidente de l’association Maison de l’emploi et de la formation Loire Sud. Déclarant s’être battue pour que Saint-Etienne Métropole augmente son effort en faveur de l’association qui gère et anime le site, elle « regrette que cela ne soit pas maintenu dans la durée ». Outre la dégradation, parfois déjà visible de ce bâtiment emblématique du mandat de Michel Thiollière, dessiné par Rudy Ricciotti, qui avait représenté un investissement de près de 13 M€, les 80 000 personnes qui le fréquentent chaque année pourraient dans l’avenir éprouver la sensation d’évoluer au sein d’un grand navire vidé d’une partie de son équipage.

D.M.



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