Fermer la publicité

Saint-Etienne liquide l'essentiel de ses emprunts toxiques

Loire le 18 décembre 2014 - Denis Meynard - Collectivités locales - article lu 943 fois

Saint-Etienne liquide l'essentiel de ses emprunts toxiques
DR

A l'instar de son prédécesseur, Gaël Perdriau réduit le pourcentage d'emprunts à risques dans la dette de la ville.

Un conseil municipal extraordinaire a été réuni jeudi dernier à Saint-Etienne afin de faire valider par les élus la démarche du maire en vue d’une extinction de trois des quatre derniers emprunts dits « toxiques ». Ces produits structurés, contractés initialement avec Dexia durant le dernier mandat de Michel Thiollière, représentent un total de 78 M€ sur un encours total de la dette de 350 M€ fin 2013, indique la ville de Saint-Etienne.

Une fois cette renégociation devenue effective avec la Sfil (Société de financement local, qui a succédé à la banque franco-belge Dexia), en principe au premier trimestre 2015, le pourcentage des emprunts structurés dans la dette stéphanoise tombera de 23 % à 5 %. Il ne restera alors plus qu’un produit à risque, souscrit auprès de la banque germano-irlandaise Depfa, dont le taux d’intérêt est de 0% jusqu’en 2020, mais qui peut évoluer beaucoup plus défavorablement entre 2020 et 2042.

Le maire, Gaël Perdriau, souligne que « Saint-Etienne est une des toutes premières collectivités locales à avoir pu renégocier avec le ministère des Finances et des Comptes publics pour obtenir une aide au titre du fonds de soutien, permettant de compenser les indemnités à verser ». Il souligne que cette renégociation, réalisée avec l’aide du cabinet de conseils financiers Riskedge, qui suit la Ville de Saint-Etienne depuis plusieurs années, résulte d’un « travail difficile, rigoureux et tenace, sans communication excessive car dévastatrice en terme d’image pour la ville ». Sur ce sujet, il a déclaré avoir regretté sous le précédent mandat « un étalement médiatique qui a stigmatisé notre ville, alors que des milliers de collectivités sont concernées ».
 

INT: L'opposition de gauche vote contre

Le maire sortant, Maurice Vincent, a réagi en rappelant avoir personnellement œuvré pour la mise en place par l’Etat du fonds de soutien aux collectivités de 100 M€ par an, pendant 15 ans, qui prendra en charge une partie du coût de sortie de ces produits à risques. D’après les estimations communiquées le 11 décembre, la participation de ce fonds pour la Ville de Saint-Etienne devrait se situer dans une fourchette comprise entre 11 et 13 M€.

Le sénateur socialiste a dénoncé le taux (4,40 %) qu’il juge excessif sur lequel la municipalité s’est engagée pour rembourser la partie résiduelle des trois emprunts de la Sfil (plus de 58 M€ de prêts initiaux). Ce taux fixe est aussi celui retenu pour emprunter sur 20 ans auprès de cette banque, 60 M€ servant à financer des investissements municipaux, de 2015 à 2018. L’élu d’opposition a aussi désapprouvé le versement de 4,2 M€ d’intérêt provisionnés, mais non-versés dans l’attente d’un accord ou d’un jugement : « ce montant correspond au paiement d’intérêts trop élevés, car ils étaient pour certains montés à 7% et 8% ». Le groupe FN s’est abstenu sur ces délibérations, tandis que celui de l’opposition de gauche votait contre.

Denis Meynard



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide