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Saint-Etienne : la solidarité à variables multiples

Loire le 14 mai 2015 - Mathieu Ozanam - Collectivités locales - article lu 21 fois

Saint-Etienne : la solidarité à variables multiples
Georges Rivoire - Le maire a signifié à plusieurs reprises sa volonté de détruire des immeubles dégradés. Ici celui de l'affaire du Monde

La solidarité, c'est la thématique qui reliait les dossiers majeurs abordés lors du conseil municipal de Saint-Etienne du lundi 11 mai.

C’est avec un rare esprit de concorde que les conseillers municipaux ont entamé la séance du lundi 11 mai. Une minute de silence était respectée en mémoire de Jean-Michel Lionard, conseiller municipal délégué à la propreté décédé dans la nuit du 4 mai, dont les obsèques avaient eu lieu le matin même. Suivante sur la liste « Provoquons l’avenir » élue en mars 2014, Evelyne Giroud a fait son entrée au conseil municipal.

C’est avec la même unité que l’ensemble des conseillers, tous groupes politiques confondus, ont voté une aide financière exceptionnelle de 10 000 € en faveur de l’association stéphanoise Pompiers humanitaires français. Une équipe de cinq sapeurs-pompiers, deux médecins urgentistes et deux infirmières se sont rendus pendant 9 jours au Népal pour venir au secours des rescapés du séisme du 25 avril. Fait rare, le vote a été salué par une salve d’applaudissements.

Cette unanimité s’est fissurée quand à l’ordre du jour ont été abordés plusieurs dossiers participant à la politique municipale intitulés : « Etre solidaire, plus qu’une tradition, un devoir ». Le président du groupe socialiste Pierrick Courbon attaque : « votre décision de supprimer brutalement les aides municipales à des associations de solidarité du quartier de Montreynaud (Asim, le Panier de la colline, la Passerelle viennent en soutien aux demandeurs d’asile et aux démunis Ndlr). En faisant cela non seulement vous mettez fin à la tradition d’accueil et d’ouverture de notre ville, mais vous faillez également à notre devoir de responsabilité collective de solidarité humaine (…). Il s’agit d’un choix purement idéologique et politique car vous considérez qu’il y a trop de demandeurs d’asile à Saint-Etienne, alors que les chiffres prouvent le contraire. » Selon l’élu d’opposition la ville accueillerait 1 % des demandeurs d’asile au plan national. « C’est beaucoup, mais pas colossal et insupportable pour la 15e ville de France. »

Sans surprise l’analyse n’est pas partagée par Gabriel de Peyrecave du Rassemblement Bleu Marine Saint-Etienne pour lequel l’accueil des migrants relève d’une « compétence de l’Etat (…). C’est une sage décision de la municipalité. Encore une fois le Front national avait une longueur d’avance. » Des interventions auxquelles le maire Gaël Perdriau ne réplique pas autrement qu’en indiquant qu’elles n’ont « strictement rien à voir avec la question de l’ordre du jour » qui était en effet relative à la Semaine européenne de la vaccination.

Politique urbaine

Trois dossiers liés au logement social et des programmes de réhabilitation énergétique conduisent les débats sur la politique affirmée en la matière du maire qui a signifié à plusieurs reprises sa volonté de détruire des immeubles dégradés et de limiter le parc de logements sociaux à Saint-Etienne. Maurice Vincent en profitait lui pour se féliciter de l’annonce par le Premier ministre en déplacement à Lyon de l’augmentation de 8 M€ de la dotation de l’Etat (passant ainsi à 40 M€) pour l’Epase l’agence chargée du renouvellement urbain à Saint-Etienne. L’ancien maire appelait à réorienter une partie de ces fonds vers les quartiers du centre-ville plus que vers les périphéries.

Gaël Perdriau rappelait sa politique en matière de logement social : démolition des immeubles anciens insalubres et non reconstruction afin de réutiliser les espaces laissés libres pour envisager la création de places de stationnement automobile et des espaces verts. Un plan triennal a été engagé avec les deux bailleurs sociaux Métropole Habitat et Loire Habitat qui se résume en trois chiffres : « dans les 3 ans qui viennent, ces deux offices ont pris l’engagement de démolir 600 logements ; de rénover 3 000 logements c’est énorme sur 3 ans ; sur les constructions neuves nous voulons favoriser la proposition de copropriété pour avoir une mixité sociale plus forte qu’aujourd’hui, construire des logements pour les personnes handicapées et autre exception : les constructions de résidences pour personnes âgées. »

Mathieu Ozanam

 

Opéra-théâtre : des questions en rafale

L’élue écologiste Stéphanie Moreau s’est beaucoup interrogée sur le rôle de l’association de mécénat pour le rayonnement de l’Opéra-Théâtre de Saint-Etienne, Amrose et plus largement sur l’avenir de l’institution culturel. « Avez-vous passé un accord de partenariat et comment s’articulent les actions entre la mairie et l’association ? Quel statut envisagez-vous pour ce haut lieu culturel stéphanois puisqu’au dire de certains membres de votre équipe, le statut de gestion directe n’est plus adapté ? Pourriez-vous nous dire qui va réellement établir les programmes à l’avenir ? Est-il vrai que vous envisagez de séparer en deux pôles distincts le théâtre et l’opéra ? Allez-vous céder sa gestion au secteur privé ? »

Réponse succincte de l’adjoint à la culture Marc Chassaubéné : « j’aurais beaucoup de mal à répondre à vos questions tant elles sont confuses et que vous mélangez les faits. Vos suppositions sur la privatisation de l’opéra sont absurdes. »



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