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Saint-Etienne : feu vert pour la communauté urbaine

Loire le 08 juillet 2015 - Mathieu Ozanam - Collectivités locales - article lu 935 fois

Saint-Etienne : feu vert pour la communauté urbaine
Georges Rivoire - Le débat sur le passage en communauté urbaine a occupé l'essentiel du conseil municipal

Le passage en communauté urbaine de Saint-Etienne Métropole a été l'objet d'un débat qui a occupé l'essentiel du dernier conseil municipal avant la trêve estivale.

A Saint-Etienne, comme dans chacun des 44 autres conseils municipaux des communes participant à Saint-Etienne Métropole, le projet de transformation de l’agglomération en communauté urbaine devait être débattu et adopté par la majorité de l’assemblée. Le maire Gaël Perdriau se montre grave dans son exposé comme pour prendre la mesure de l’importance que ce changement de statut impliquera pour l’avenir du territoire sud ligérien.

« Au 1er janvier 2016, nous aurons (dans la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes, Ndlr) deux métropoles qui existent déjà : Lyon et Grenoble. Clermont-Ferrand est en train d’évoluer vers une communauté urbaine et pourrait bénéficier d’une dérogation en tant que préfecture de région, comme mesure de compensation puisque la future capitale de région sera Lyon, pour pouvoir devenir une métropole. » Saint-Etienne serait prise dans une relation triangulaire dont l’agglomération serait exclue alors que l’on pressent que « l’Etat va s’appuyer sur ces collectivités de centralité pour décliner ses politiques en matière économique, d’enseignement supérieur, de santé ». Le risque serait alors de rater ce premier train, que représente le passage en communauté urbaine, dont la destination réelle est l’acquisition du statut de métropole.

La parole à l'opposition

La remontée nécessaire des compétences des communes vers l’agglomération comporte le plan local d’urbanisme, la voirie (à l’exclusion de la création, l’aménagement, l’entretien des places publiques, ainsi que le déneigement et l’éclairage public), l’énergie (sauf les réseaux locaux), l’eau, les affaires funéraires (sauf la gestion de l’existant), la politique de la ville, l’habitat et la politique du logement. De nombreux domaines dont il est parfois difficile de comprendre en quoi ils contribuent à nourrir un grand dessein commun transcendant les intérêts particuliers des communes. Pour l’élue communiste d’opposition Maryse Bianchin, la remontée des compétences entraînerait « l’éloignement, la fin de la proximité et le surenchérissement des coûts pour l’usager. La communauté urbaine c’est moins de solidarité et des moyens qui vont fondre pour les communes. » L’élu du Front national Gabriel de Peyrecave dénonce lui aussi un projet « présenté sous la forme de l’avantage financier » et dénonce « la menace sur la vie démocratique locale ». Il conclut son intervention en « exigeant » un référendum d’initiative locale. Il est rejoint en ce sens par l’écologiste Stéphanie Moreau : « nous aurions souhaité que ce soit soumis à l’approbation des électeurs. C’est une erreur de vouloir entrer dans une communauté urbaine, de vouloir aller vers l’intégration plutôt que vers la collaboration. »
En revanche l’ancien maire socialiste et président de Saint-Etienne Métropole Maurice Vincent annonce que le groupe « Saint-Etienne l’avenir ensemble » soutiendra cette initiative s’inscrivant dans une continuité historique. Tout en émettant « trois inquiétudes » : le maintien de la qualité du service public ; le niveau d’ingénierie en moyens humains selon lui insuffisant ; la situation financière et en particulier la capacité de désendettement.

Un vote majoritaire

Dans ses réponses le maire de Saint-Etienne reprend des accents plus politiques : « Madame Bianchin, en ce qui concerne la proximité, ce n’était pas le fort de l’intercommunalité jusqu’à présent. Il nous appartient d’y veiller. Ce projet nous l’avons co-construit ensemble. Cet effort important d’écoute se voit dans le résultat du vote communautaire du 3 juin : 88 % de oui, 95 % des communes qui ont dit oui. » A l’adresse de Maurice Vincent, le maire évoque la réduction des dotations d’Etat : « personne n’a eu à vivre ce que nous allons vivre. Des communes n’arriveront pas à équilibrer leur budget et devront être gérées par la préfecture. La capacité d’autofinancement de 2020 ne pourra pas être égale à celle de 2014, vous le savez bien »;
Bilan des votes : le groupe de la majorité se prononce favorablement, ainsi que le groupe socialiste et de l’écologiste Olivier Longeon. Contre : le Front national, le PCF et l’autre élue écologiste. La délibération est adoptée. Conclusion de Gaël Perdriau, décidément moins consensuel, au vu de ces résultats au cours desquels l’opposition de gauche n’a pas voté unanimement : « autant vous dire (si la gauche était aux affaires, Ndlr) qu’on aurait connu sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres qui impliquent l’avenir de notre agglomération, et comme on l’a connu pendant ces 6 dernières années, un immobilisme total. »

Mathieu Ozanam



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