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Saint-Etienne - 1948 : il y aura-t-il des ayants droits ?

Loire le 06 novembre 2014 - Xavier Alix - Société - article lu 652 fois

Saint-Etienne - 1948 : il y aura-t-il des ayants droits ?
Photo issue du fonds Léon Léponce, en couverture de l'ouvrage collectif paru en 2011 1948 : les mineurs stéphanois en grève (Publications universitaires de Saint-Etienne) - (D.R.)

Automne 1948.

A l’origine d’événements nationaux dont le volet stéphanois se déroule du 4 octobre au 29 novembre, l’atteinte du statut des mineurs. De Firminy à Saint-Etienne, le combat se concentre sur l’occupation de puits. CRS et Armée sont envoyés. Une fusillade à Firminy fera des blessés graves et deux morts. Gagnant, le gouvernement licenciera 3 000 mineurs en France malgré le statut public des Charbonnages, emprisonnera temporairement et fermement. Sans compter par la suite des discriminations à l’embauche. Y compris pour des enfants de grévistes...
Selon les auteurs d’un ouvrage collectif d’enseignants-chercheurs stéphanois paru en 2011 pour sortir cette grève traumatisante oubliée et confondue avec celle de 1947 (1948 : les mineurs stéphanois en grève ; Puse), il y eut 419 arrestations de grévistes sur notre « circonscription » (comptant alors 22 253 mineurs) soit 1,85 % de l’effectif, plus forte proportion de France : le taux fut de 0,63 % dans le bassin du Nord (184 593 mineurs). 342 des 419 Stéphanois arrêtés furent condamnés à des peines fermes : là encore la plus grande sévérité est pour le bassin de la Loire. Enfin, sur 64 délégués mineurs arrêtés dans le bassin de la Loire, 44 furent radiés. Sans oublier 7 expulsions de travailleurs étrangers...
Dans un communiqué Christiane Taubira, ministre de la Justice, « à qui, dit-elle, le président de la République a exprimé un accord bienveillant », a annoncé le 23 octobre qu’elle allait proposer un amendement au projet de loi de finances 2015 reconnaissant les droits des mineurs grévistes de 1948 victimes de « licenciements abusifs ». Si l’amnistie du 4 août 1981 et l’arrêt de la Cour d’appel de Versailles du 10 mars 2011 ont constitué des progrès dans la reconnaissance de l’atteinte à leurs droits fondamentaux, dit le communiqué, la ministre déclare tenir « à une réhabilitation complète, qui reconnaisse à la fois le préjudice matériel et moral enduré ». Cette reconnaissance solennelle doit se traduire « par le versement d’allocations réparatrices, que l’Agence nationale pour la garantie des droits des mineurs devra précisément établir ». Peu probable cependant qu’il reste encore des grévistes vivants. Y a t-il des ayants droits (veuves, héritiers…) pouvant rentrer dans les critères ? Quels sont ces derniers ? Quand et comment la procédure aura lieu ? Contacté, le ministère de la Justice n’était pas en mesure de fournir ces précisions...

Xavier Alix



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