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Saint-Didier-de-la-Tour - Gérard Vitte : « L’urbanisme doit devenir intercommunal ! »

Isère le 15 décembre 2014 - Eric Séveyrat - Nord-Isère - article lu 697 fois

S’il affirme que la baisse budgétaire ne s’est pas ressentie sur 2013-2014, le maire, proche de la majorité nationale actuelle, reconnaît : « Sur 2015, même si nous sommes en attente des chiffres, on sait que l’on va réduire les investissements.

Au plan national, les collectivités doivent économiser 11 milliards sur 3 ans, cela va se ressentir, quand on sait que les collectivités elles-mêmes réalisent 70% des investissements publics. » La commune de Saint-Didier qui emploie 11 salariés (environ 7 à 8 tps temps plein) fonctionne avec un budget de 950 000 €.
Même avec des coûts de déplacements en hausse et un pouvoir d’achat en berne, ce secteur du Nord-Isère à l’est de la Tour-du-Pin (50mn de Lyon) reste attractif pour les citadins en mal de verdure : « L’ouverture prochaine sur notre commune du demi-échangeur autoroutier de l’A43* vers Lyon (et depuis Lyon) va encore accentuer la facilité d’accès avec la capitale régionale, constate M. Vitte. Cependant nous sommes limités par les directives (Ndlr : d’origine étatique) du Scot (schéma de cohérence territoriale) sur le potentiel d’accueil de nouveaux arrivants sur notre commune. »
Le PLU nouveau (plan local d’urbanisme) qui court sur la période 2013-2023 impose une « grenellisation » pour tout le monde, c’est-à-dire une mise à niveau avec les mesures décidés par le « Grenelle » de l’environnement, mais aussi, pour Saint-Didier comme pour d’autres communes, une limitation de la croissance de population, et une densification : « Nous sommes obligés de favoriser les constructions R+2, R+3, et de limiter le nombre de nouvelles habitations. Nous avons un « quota » de 11 logements nouveaux par an pendant 10 ans. Or nous avons déjà construit ou lancé les projets d’une cinquantaine de logements avant révision du PLU. Si l’on s’en tient aux directives du PLU, il ne nous reste plus qu’une possibilité de 9 constructions nouvelles en 8 ans [...] »
La communauté de communes des Vallons-de-La-Tour, est présidée par un Cassolard (habitant de St-Didier) Pascal Payen. Le maire, Gérard Vitte, est conseiller communautaire et il affirme une position qui est loin de faire l’unanimité parmi les maires : « Je suis pour un PLU intercommunal. Tout est intercommunal aujourd’hui : l’eau, l’assainissement, les déchets, l’électricité... La fixation du prix de vente du foncier par commune devient absurde. Le « PLUI » est autorisé par la loi, les communes de Faverges, La Chapelle-de-La-Tour et Rochetoirin l’on fait. Il ne  s’agit pas seulement d’harmoniser la hauteur des bâtiments, la couleur des façades...Une révision de PLU, c’est aussi un coût de 40000€ environ à absorber par la commune […] une dépense qui sera mutualisée […] entre communes. »
D’ores et déjà, et comme dans chaque intercommunalité en 2015, l’instruction des permis de construire et de tous dossiers relatifs au droit des sols sera réalisée par la communauté de communes.
Globalement, le projet de réforme territorial avancé par le gouvernement satisfait plutôt un maire de terrain comme Gérard Vitte, mais il tempère : « Les économies d’échelle, et donc financières ne se feront pas sentir avant 10 ans, compte tenu des départs en retraite des fonctionnaires territoriaux notamment [...] »
L’avenir et les projets, le maire de Saint-Didier y pense prudemment, en fonction des finances du mandat qui s’ouvre : « L’une des priorités sera de « faire du foncier », acheter des terrains car la commune en manque […] nous envisageons de procéder à un agrandissement de la mairie et un déplacement du local technique… ». 2015 apportera de nombreuses réponses du côté de la législation aux interrogations des maires, même s’il n’y a pas grand-chose à attendre du côté d’une embellie financière.
* « Le demi-échangeur ne va pas changer la vie, il va l’améliorer pour nos concitoyens de St Didier, détourner le flux des poids-lourds du centre de la Tour-du-Pin. Nous n’attendons pas de développement économique spécial aux abords de cet équipement. » Explique le maire de St Didier. L’échangeur, qui n’attends plus qu’une mise en service imminente, aura coûté 8,5M€ dont 30% financés par la communauté de communes, 70% par le conseil général. La somme fait partie d’un chantier global de 45M€ sur ce tronçon qui comprend aussi un travail d’élargissement à 3 voies de l’A43.

Eric Séveyrat



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