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Saint-Chamond se projette sur les loisirs

Loire le 18 décembre 2014 - Xavier ALIX - Société - article lu 1555 fois

Saint-Chamond se projette sur les loisirs
CFA ; J. Rivat et Sud architectes - Vues du projet de « La Halle in one ». Derrière les bâtiments, une découverte partielle du Gier est envisagée

La municipalité va transformer la Halle n°1 de l'ex-site Giat rebaptisé Novacieries en pôle loisirs. Projet incluant un cinéma de 800 à 900 sièges et qui se démarquera de celui prévu sous la majorité précédente en ne comptant que peu de commerces.

Ce n’est bien sûr qu’un élément d’une plus vaste entreprise. Celle de la requalification lancée il y a plusieurs années par la Ville et Saint-Etienne Métropole (plus de 60 M€ investis) sur les 45 ha que représente la Zac autrefois dite « Giat ».

Malgré l’objectif commun de recoudre cette immensité au centre-ville qu’elle jouxte et dont elle est paradoxalement isolée, la municipalité sortie des urnes en avril dernier veut donner à sa « Halle n°1 » une orientation quelque peu différente de celle envisagée sous le maire PS Philippe Kizirian. Cette halle donne directement sur un axe important, la rue de Saint-Etienne. Comme déjà projeté, son mur extérieur qui empêchait toute visibilité sur Novacieries malgré un statut de « porte d’entrée » va tomber.

Nouveau cinéma : quid du Lumière ?

Mais là où l’ancienne mairie envisageait d’attirer des commerces, une galerie de de prêt-à-porter, d’équipements sportifs et de petite enfance manquant à Saint-Chamond, l’actuel maire Hervé Reynaud a décidé de concentrer le tir sur des surfaces de loisirs, dont est tout aussi privée la troisième ville du département : « nous aussi, constatons qu’il manque certains commerces à cette ville (une étude récente en recense d’ailleurs 157 en centre-ville « quand des villes comparables en ont 250 à plus de 300 », Ndlr). Mais en les mettant à Novacieries, on aurait tué ce qui existe dans le centre qu’il faut aussi redynamiser. » Un promoteur, CFA, a donc achevé ses études selon ces directives. Pour mener à bien son projet de « Hall in one », il devra payer 20 M€ pour racheter le foncier et le bâti et ainsi commercialiser des espaces déjà réhabilités et dépollués par la collectivité. Le mur tombé, la Maison des projets sera déplacée, la construction d’un large parvis donnera du recul à la vue d’ensemble qui conservera ses toits en shed, une rue intérieure sera construite.

A gauche de cette dernière - en direction du quartier d’Izieux, au sud -, une moyenne surface alimentaire (la grande distribution est déjà sur les rangs) de 2 000 m2. A sa droite, les bâtiments de ce qui devait être la galerie commerciale doivent être occupés par un bowling, un « lasergame », un centre fitness, deux restaurants à thème de chaines et enfin deux boutiques aux créneaux « très spécialisés ». Tout au fond enfin, le plus ambitieux, vu le bouleversement de l’offre cinématographique en sud Loire en 2014 : un cinéma de 6 à 8 salles (800 à 900 places)... Quatre à cinq candidats seraient déjà sur les rangs. Enfin, derrière, entre le pôle loisirs et les industries au sud, un parking de 250 places. L’ensemble, sous couvert de deux autorisations (1) de la CDAC (commission départementale d'aménagement commercial), doit théoriquement sortir de terre en 2017.

« Par rapport au projet originel, nous réduisons la voilure. Mais cela reste évolutif si besoin », précise Hervé Reynaud. Quid cependant des deux salles du cinéma Lumière qui maintenaient depuis 20 ans une offre dans la capitale du Gier en partenariat avec la mairie ? « Une DSP vient d’être signée pour 2 ans. Après, il faudra trouver de nouvelles utilisations aux salles… J’assume un nouveau cinéma, plus grand pour contribuer à rendre son attractivité à cette ville. Nous avons demandé une politique tarifaire basse et une programmation reprenant l’art et essai, le travail avec les écoles du Lumière. » Pour le nouveau chef de l’opposition socialiste, Stéphane Valette, « au final, ce projet est très proche. Nous aussi, avions envisagé ces équipements de loisir et le cinéma avec CFA, une locomotive rendant l’ensemble viable. Quant aux boutiques que nous souhaitions, elles étaient complémentaires et non une concurrence au centre. Mais cet aménagement prenait son sens dans le cadre d’un éco-quartier relié au centre ville…»

Xavier Alix

 

(1) Pour le cinéma et la surface commerciale

Un cinéma de plus : que dira la CDAC ?

« J’ai pleinement confiance dans l’obtention des autorisations. » Le maire Hervé Reynaud ne voit pas dans le refus à son prédécesseur - à deux reprises - d’un multiplex CGR (accompagné aussi de surfaces de loisirs) un mauvais augure. Il est vrai que le cinéma envisagé précédemment était plus ambitieux (à l’origine, plus du double du projet actuel) et se situait en périphérie, donc en contradiction avec les directives urbanistiques actuelles. Cependant, entre le rachat du Gaumont, la création du Camion rouge à Saint-Etienne, le projet du Family à Saint-Just-Saint-Rambert (1 200 places) qui vient de franchir les derniers obstacles d’autorisations, l’offre cinématographique a été bouleversée en sud Loire ces derniers mois. Recours à prévoir pour Saint-Chamond ? Première réponse en avril ou mai.



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