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Rozier-Côtes-d'Aurec garde son âme de village

Loire le 15 mai 2015 - Daniel Brignon - Collectivités locales - article lu 427 fois

Rozier-Côtes-d'Aurec garde son âme de village
Daniel Brignon - Un village né d'un prieuré clunisien au XIe siècle

Discret, à l'extrémité du plateau de Saint-Bonnet-le-Château surplombant la profonde dépression de la Loire, Rozier-Côtes d'Aurec détache sur l'horizon une silhouette de village historique coiffé de son clocher de pur roman. Ce bourg industrieux a gardé le charme et la simplicité d'un village.

On ne rencontre pas aux abords de Rozier-Côtes-d’Aurec de lotissements intempestifs venant rompre la cohérence du village, traversé d’une rue jalonnée sur un côté de pas-de-porte commerciaux traités avec la même unité en bel appareillage de pierre dans les années 1900. « La Belle époque », indique Gérard Berger, ancien maire et aujourd’hui conseiller municipal, mais également historien, ancien universitaire dans la discipline. De l’autre côté de la rue, l’ensemble architectural massif qui ceint l’église romane, restes du prieuré, érigé en village fortifié au XVe.

Au-delà du village-centre, un chapelet de hameaux qui rythment le bocage, des hameaux agricoles mais pas seulement. « Entre les fermes s’insèrent des maisons d’artisans, nombreux dans la commune », fait observer Gérard Berger. « Au milieu du XIXe siècle, on compte 150 ateliers de serruriers à Rozier, des ateliers individuels, et dans le même temps au début du XXe siècle : 100 ateliers d’armuriers. »

Ils sont répartis dans les hameaux et singulièrement dans deux des plus étendus, Rochegut, en forme de deuxième village-centre, qui fut paroisse autonome, disposant de son église, son cimetière, son école ; et Martinange, également bourg disposant d’une école et d’une chapelle. Aussi la commune a-t-elle connu une  population 1 300 habitants au milieu du XIXe siècle. La population s’est restreinte à moins de 300 habitants à son étiage en 1990. Rozier-Côtes-d’Aurec a reconquis lentement une population qui s’élève à 466 habitants aujourd’hui, indique le maire Jean-Marc Sardat, qui poursuit une politique municipale de mesure dans l’extension de la commune, laquelle « n’a jamais voulu être un village dortoir », dit-il.

L’un des objectifs de la municipalité est d’achever cette année le PLU (engagé en 2004), forcément restrictif en termes de constructions, limitées aux trois villages, avec une perspective de 2,5 constructions ou réhabilitations annuelles, qui ne sont pas toutefois remplies aujourd’hui même si l’habitat ancien est bien reconquis dans les bourgs. Il reste des opportunités, notamment à travers le patrimoine communal, étendu : trois écoles désaffectées et leurs logements afférents, deux presbytères, une ancienne poste et son logement, autant de bâtiments diversement occupés, par des logements, salle des fêtes, locaux associatifs, mais où la commune a encore beaucoup à restaurer, en cédant certains d’entre eux sans doute, évoque le maire, pour assurer le renouvellement du patrimoine.

Dans le plus emblématique tènement, l’ancien prieuré, joliment restauré celui-là, la commune loge, outre la mairie, une agence postale, un dépôt de pain et d’épicerie, qui constituent l’âme commerciale du village avec le café qui leur fait face. Pour activités, on retient encore l’entreprise de travaux publics JR Valladier, un électricien et six exploitations agricoles.

Rozier-Côtes-d’Aurec a été inscrit en 2009 au nombre des sites clunisiens en Europe, ce qui lui donne une visibilité touristique enrichie par son offre de sentiers de randonnée, sur les crêtes des « côtes », qui plongent profondément vers la Loire, ouvrant le paysage sur le Velay voisin.

Daniel Brignon

Carte d’identité

Superficie : 1 389 ha

Altitude : de 540 à 931 m

Population : 466 habitants

Gentilé : Roziérois

Communauté de communes : Pays de Saint-Bonnet-le-Château

Patrimoine : église romane du XIe ou plus surement XIIe siècle, classée monument historique. Une spécificité de cette église est son caractère de pureté romane dans son ensemble qui n’a été modifié que par l’ajout de deux chapelles latérales au XVe siècle. On y note la qualité de ses sculptures, comme un tympan historié, intégralement conservé.

Les restes du prieuré clunisien à l’origine du village au XIe siècle. Il subsiste une façade du bâtiment érigé en fortifications au XVe siècle modifiées au XVIIIe.



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