Fermer la publicité

Roussillon dans les coulisses de la terre rouge

Isère le 12 août 2015 - Lawrence Krouwel - Culture - article lu 488 fois

Roussillon dans les coulisses de la terre rouge
Dans son atelier des Chals, Jean-Jacques Dubernard perpétue les gestes de ses prédécesseurs potiers.

Dans un lieu de patrimoine artisanal unique, venez-vous initier au décor sur céramique mercredi 19 août. La poterie des Chals en activité depuis près de deux siècles ouvre ses portes pour des ateliers tout publics.

Jean-Jacques Dubernard, potier d’art aux Chals, ouvre les portes de son atelier de poterie en terre vernissée. Une tradition sur cette terre car l’histoire de Roussillon, dont le nom signifie « Terre Rouge » est intimement liée à l’argile depuis plusieurs siècles. Il y a seulement quelques décennies, six poteries étaient encore en activité sur la commune. Aujourd’hui, un seul atelier perdure et résiste aux assauts du modernisme. 

Cet atelier, c’est l’ancienne poterie du  « père Paquaud » comme on l’appelait ici, aux Chals. En 1989, Jean-Jacques Dubernard qui a fait ses armes auprès de Jean-Marie Paquaud reprend l’atelier  et avec détermination, l’apprenti devenu potier d’art  lui fait traverser le temps. « Ouvert tous les jours ou presque », dit le panneau en haut de la montée des Chals. La mention en dit long sur la philosophie de vie du maître des lieux. Dans son atelier, tout est teinté de rouge. Ici, on fabrique de la poterie utilitaire en terre vernissée depuis près de 200 ans. Dehors, les bacs de décantation en pavés carrés sont ceux de toujours et le grand four à bois qui dépasse du toit est encore mis en feu.

Pur jus local

En 2007, le potier roussillonnais reçoit le label « Entreprise du patrimoine vivant ». Une reconnaissance pour tous les prédécesseurs de Jean-Jacques Dubernard et notamment pour Jean-Marie Paquaud, son maître d’apprentissage. Retraçant l’histoire bicentenaire de la poterie, Jean-Jacques Dubernard évoque son amour et sa passion pour le métier de potier.

« Roussillon, terre de potier, terre vernissée avec ses poteries utilitaires à l’esprit populaire, celles paysannes colorées. Le devoir de mémoire, je souhaite le perpétuer. De 1843 à nos jours, en passant par Jean-Marie Paquaud qui a repris la poterie en 1955, année de ma naissance, ici, rien n’a changé. Du four avalant 5 t de bois pour cuire autant de poteries, aux tours à pédales en passant par le bassin de décantation où l’on fabrique l’argile, tout est resté dans son jus. Si autrefois certains m’on traité de fou et d’utopiste lorsque j’ai embrassé la profession, aujourd’hui, je savoure la reconnaissance. Il faut plus le goût du chemin que celui du résultat », assure le potier.

Lawrence Krouwel



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide