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Rossignol, le textile comme relais de croissance

Isère le 04 février 2014 - Laurent Marchandiau - Actualités - article lu 1262 fois

C’est un virage à 90° que s’apprête à prendre le fabricant de ski cette année.

2014 ne manque pas de rendez-vous pour le leader mondial de la glisse, le salon Ispo Munich (du 26 au 29 janvier) des articles de sports et de la mode sportive en tête suivie de près par les JO de Sotchi du 7 au 23 février où les coureurs du Rossignol Team, « Band of Heroes », iront porter les couleurs du groupe en haut des pistes. Mais c’est surtout pour le groupe l’occasion de se positionner sur un segment de marché jusqu’à présent mineur : le textile. « Nous réalisons entre 15 M€ et 20 M€ de chiffre d’affaires dans ce secteur, mais nous sommes intimement convaincus – notamment avec les nouveaux actionnaires du groupe, le fonds d’investissement norvégien Altor – que ce sera quelque chose d’énorme dans les prochaines années. Nous possédons le capital et l’histoire pour en faire un succès important ! », confie Bruno Cercley, le PDG du groupe tout en précisant « qu’il ne sait pas quand cela se fera. » Depuis quelque temps, Rossignol est entrée dans une logique d’avoir des vêtements qui peuvent se porter en ville tout en utilisant le code vestimentaire et les technologies de l’univers du ski. « Nous pensons que l’on a les produits, maintenant il faut caler la distribution. Nous sommes en pleine phase de réflexion sur ce point », affirme Jean Holvoet, directeur général du textile chez Rossignol. Une activité en croissance de 20 % sur la saison 2013-2014 par rapport à la précédente, qui était sortie du périmètre du groupe pendant trois ans de commercialisation sous licence avant d’être réintégrée en avril 2012. D’ici cinq à six ans, le textile pourrait représenter 200 M€ de CA pour Rossignol… soit son CA actuel (208 M€ de CA à fin mars 2013)! Le groupe a d’ores et déjà commencé le déploiement de son offre textile en ouvrant deux boutiques, l’une à Chamonix en novembre puis une autre en décembre à Paris, le tout complété par deux showrooms en Italie et deux franchises en Autriche. Par ailleurs, l’équipementier compte aller chercher de nouveaux relais de croissance externe, plusieurs dossiers étant à l’étude dans le domaine de l’outdoor au sens large (sports nautiques, vélo, pèche…) Bruno Cercley : « Nous n’avons pas de « doctrine » made in France » Depuis 2011, le leader mondial de la glisse a rapatrié la production de près de 100 000 paires de skis, jusqu’alors fabriqué à Taiwan sur son site de Sallanches en Haute-Savoie. Premier bilan, trois ans plus tard. Problèmes de qualité, stocks trop importants, délais de production trop longs… Beaucoup trop d’inconvénients pour le groupe dont le principal marché se situe autour de l’arc alpin. Une politique qui faisait partie de la stratégie de redressement du groupe initiée par Bruno Cerclez son PDG lors de la reprise du fabricant en 2008 par la banque australienne Macquarie. À Taiwan, le groupe ne gagnait que sur la main d’œuvre soit 25 % du coût d’un ski sans tenir compte des frais et des délais de transport. Aujourd’hui, la stratégie de relocalisation s’avère payante. « Nous avons fait une économie de 15 % à 20 % suivant les produits en rapatriant notre production à Sallanches », indique Bruno Cercley. Et de poursuivre : « cela a permis de pérenniser notre usine en Haute-Savoie et de créer 40 emplois ainsi que de continuer à investir sur ce site tout en reconstituant du savoir-faire. D’ailleurs, nous sommes en train d’embaucher une dizaine de personnes en essayant de remplacer les intérimaires par des CDI. » Quant au made in France, « ce n’était pas un axe stratégique majeur de notre communication, nous avons pris le train en route ! Maintenant, nous constatons que cela marche auprès des consommateurs notamment en France et dans une certaine mesure au Japon, aux États-Unis et au Canada. » Et d’ajouter : « 25 % de nos fixations sont fabriqués en Pologne. Je voudrais bien les rapatrier ici, mais les facteurs de coûts en France ne le permettent pas actuellement. » Bruno Cercley reste pragmatique. « Nous n’avons pas de doctrine « made in France ». Nous pouvons délocaliser demain une partie de notre production si cela a du sens pour nous ! » Rossignol au cœur de la course Sur les 900 000 paires de skis vendues en 2012-2013 par Rossignol, 9000 sortent de l’ordinaire. Fabriqué dans les ateliers courses du Groupe à Saint-Jean de Moirans, ces skis atypiques réalisé sur mesure pour les coureurs de la Rossignol Team, permettent d’anticiper ce que sera les skis de demain. Consacrant en moyenne 6 % de son chiffre d’affaires à la R&D et à la course, Rossignol possède au sein de son siège à Saint-Jean de Moirans un atelier dédié à la course. Un secteur d’activité important pour le groupe qui lui permet de garder une longueur d’avance en associant les compétiteurs à la réalisation de ski sur-mesure qui, quelque temps plus tard, sont déclinés en grande partie sur l’ensemble des gammes. Chaque année, 7000 paires de skis sortent de cet atelier atypique ainsi que 1500 de skis de fond. « Il faut en moyenne deux semaines pour concevoir un ski dans notre atelier course du développement en passant par sa fabrication jusqu’à sa livraison », indique Jacques Le Masson, directeur R&D et Compétition. Un laboratoire de Formule 1 qui compte une quarantaine de techniciens dont 20 en R&D fournissant en skis chaque membre de la Team Coupe du Monde soit 200 athlètes. Du fait main, du peaufiné ou chaque matériau et cote ont leur importance. « Pour nous, un bon partenaire, c’est un skieur qui skie super bien, mais qui c’est aussi restituer avec précision ses sensations dans chaque discipline en alpin comme en ski de fond », précise Bruno Cercley, PDG du Groupe Rossignol. Et ça marche ! Pour preuve, « sur les championnats du monde junior, nous trustons les podiums avec 15 podiums remportés sur les 24 des trois derniers championnats du monde. » Et Carole Montillet, médaillée d’or olympique aux JO de Salt Lake City en 2002 de témoigner : « nous faisons tourner une quinzaine de paires de skis par athlète avec des souhaits différents. » La restitution des informations après les tests s’avère primordiale, mais pas seulement puisque chaque compétiteur ski différemment. A charge ensuite pour Rossignol d’adapter les grandes lignes et les technologies développées pour les coureurs dans les gammes grands publics.

Rossignol en bref [caption id="attachment_329747" align="aligncenter" width="397" caption="(©Laurent Marchandiau)"][/caption]

208 M€ de chiffre d’affaires à fin mars 2013 dont 80 % à l’export; Résultat net : 3 M€ ; 57 millions de paires de skis produites depuis la naissance du groupe ; 900 000 paires de skis vendus en 2012-2013 ; 700 000 paires de chaussures vendues en 2012-2013 ; 1184 salariés dans le monde dont 689 en France (300 au siège à Saint-Jean-de-Moirans) ; 6 % du CA du groupe est consacré en moyenne chaque année à la R&D et à la compétition ; Quatre sites de production : Sallanches, Artès (Espagne), Nevers, Montebelluna (Italie) ; Sept filiales : Italie, Allemagne, Autriche, Suisse, Park City (États-Unis), Montréal (Canada), Tokyo (Japon) ainsi qu’un bureau qualité à Shenzen en Chine ; Une plateforme logistique de 35 000 m² à Saint-Étienne de Saint-Geoirs ; 80 fournisseurs dont 15 régionaux.


Laurent Marchandiau



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