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Roms à Saint-Etienne : d'un squat à l'autre

Loire le 04 décembre 2014 - Mathieu Ozanam - Société - article lu 790 fois

« Les habitants de La Talaudière en ont ras-le-bol de l'A 45, de la Maison d'arrêt, du passage des convois exceptionnels », éclate Pascal Garrido, le maire.

Et voilà maintenant qu’il doit gérer la présence de Roms sur sa commune dans un bâtiment désaffecté rue de la Chazotte. Une maison précédemment occupée par la Société de secours miniers de la Loire et que la municipalité souhaite rénover pour y installer une épicerie solidaire. « La Talaudière n’a pas vocation à se substituer à l’Etat ou au Département, s’insurge Pascal Garrido. 80 personnes, comment voulez-vous que l’on fasse ? C’est ingérable ! » Et de s’inquiéter de la possibilité que des repérages soient en cours pour investir d’autres bâtiments eux aussi inoccupés.
Ce sont 13 familles, accompagnées de 32 enfants, qui se sont installées là après avoir été expulsées d’un squat précédent sur la zone du Pont de l’Ane à Saint-Etienne. Elles ont été accompagnées par des membres d’Emmaüs qui ont ainsi répondu à une situation d’urgence. Depuis plusieurs associations se relaient auprès des Roms. Le maire a décidé de porter plainte pour effraction nommément contre 6 personnes qui ont été entendues par la police, pas contre l’association elle-même. « Ces familles étaient dans la rue, explique Marie-Pierre Manevy de l’association Réseau Solidarité Roms. Emmaüs n’a fait que le taxi d’après ce que j’en sais. »
Les conditions d’hébergement dans ce bâtiment ne sont pas sécurisées soulignent chacun des protagonistes : la présence d’amiante est signalée et il n’y a ni eau, ni électricité, ni sanitaire en fonctionnement. Raison de plus pour y remédier du point de vue des associatifs. Raison de plus pour ne pas laisser perdurer la situation du point de vue du maire. Pascal Garrido a entrepris des démarches pour faire procéder à une expulsion. Le concours de la force publique étant requis, la préfecture a un mois pour intervenir. Marie-Pierre Manevy souhaiterait elle que les Roms soient « considérés comme des migrants européens pauvres » et à ce titre accueillis et accompagnés.

Mathieu Ozanam

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