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Portrait : Rodolphe Dogniaux, sans bégaiements

Loire le 22 mars 2015 - Florence Barnola - Culture - article lu 623 fois

Portrait : Rodolphe Dogniaux, sans bégaiements
georges rivoire - Rodolphe Dogniaux, designer polymorphe

Designer et co-directeur du post-diplôme de l'ESADSE, Rodolphe Dogniaux co-signe le commissariat de l'exposition « Tu nais, Tuning, Tu meurs » installée au Musée d'art et d'industrie de Saint-Etienne. Il aime interroger le design sous toutes ses facettes et l'expérimenter jusque dans ses limites.

Il arrive essoufflé au Musée d’art et d’Industrie depuis la Cité du Design. « Il n’y avait pas de tram », s’excuse-t-il. L’exposition vient tout juste d’ouvrir. Il enlève écharpe et bonnet. Comme un petit garçon, presque timidement, il s’assoit sagement, le dos droit sur sa chaise les bras reposant sur ses cuisses, le port altier, le visage allumé, tout sourire.
Quand vient le temps de se raconter il le fait avec douceur et dynamisme, gestes à l’appui. « Je suis né à Paris, XIVe. Mais j’ai rapidement vécu en banlieue à Vitry-sur-Scène ». Comme un funambule sur un fil, il déroule son histoire, attentif aux questions intempestives « J’étais programmé pour arrêter mes études en troisième. J’ai redoublé deux fois ». En revanche à l’époque il excelle dans un sport : « J’étais en équipe de France d’escrime, cadet et junior ». Il fera un peu plus tard le choix entre cette pratique et l’art qu’il découvre grâce au conseil d’une professeur d’arts appliqués en seconde. « Je suis allé à Sainte-Geneviève ( lycée technique arts appliqués, NDLR) sinon j’arrêtais l’école. Là j’ai découvert l’architecture, le dessin, la sculpture… c’était passionnant. »
Le mauvais élève devient un crack, frôlant la mention très bien au bac. Beaucoup d’écoles d’art s’ouvrent à lui. Il choisit le design « Là où j’étais le plus mauvais. Je voulais aller vers le plus dur. J’ai postulé à Olivier de Serres et ils m’ont pris. C’était très difficile pendant un an et demi puis j’ai cessé d’être appliqué et fait ce que je voulais. Cela m’a alors vraiment plu et j’ai été pris à l’ENSCI. C’était passionnant !Passionnant ! là-bas, le design part dans tous les sens ».
En 1998, après deux ans d’études, il décide de faire une pause pour partir pour le Cameroun. « J’ai fait ma coopération en tant que graphiste pour le centre culturel de Yaoundé. » Il y restera deux ans puis rentrera finir ses études dans la grande école parisienne de design. Trois plus tard il obtient son diplôme. « Pour mon mémoire et projet j’ai travaillé le bégaiement, pas comme pathologie mais comme système de réflexion, de construction et de fabrication dans le design. » Le ministère de la Culture lui octroie une bourse de recherche pour continuer à développer ce projet pendant deux ans. « J’avais ciblé vraiment la cuisine, le lieu idéal du bégaiement. Mon rendu était des petits objets photographiés. » Parallèlement, il travaille avec un designer parisien, Frédéric Ruyant « c’était assez chouette ». Durant quelques mois il intègre une agence parisienne de tendances « On déterminait des tendances pour des groupes comme l’Oréal, Guerlain… »

En route vers la Cité du design...

Puis il devient le directeur artistique et le designer d’une société japonaise de cosmétiques. « Je transformais à la fois les produits japonais pour qu’ils rentrent dans le marché européen, l’Amérique du Nord et la Russie. Je créais aussi des produits cosmétiques à Paris pour qu’ils soient envoyés au Japon. Je concevais de la crème jusqu’au meuble de présentation. » L’aventure durera trois ans avant que la société ne dépose le bilan «  Il y avait une grande liberté mais nous manquions de rigueur. » Il pousse alors la porte de l’ANPE. « Un conseiller m’a suggéré de faire un blog. J’ai créé Design Matin, avec pour principe que tous les matins je concevais un mini-projet s’axant sur une réflexion de la journée ou la veille. » 6 mois plus tard… « Le blog a pris une proportion incroyable, c’était la première fois que quelqu’un créait presqu’en direct live des choses. Je me suis fait connaître, des personnes m’ont contacté, et j’ai commencé à être indépendant avec différentes entreprises. » Dans la même période, 2008, la Cité du Design et l’Esadse lui demande de prendre en charge le post-diplôme Design et Recherche. Son mi-temps évolue rapidement en plein-temps, aujourd’hui il enseigne aussi aux 4e et 5e années. « J’adore rassembler et construire ensemble. Je ne fais pas de cours théoriques, je fais des projets avec les étudiants. »

Comme il aime le faire dans ses propres projets, dans les ateliers menés avec ses élèves, Rodolphe explorent les limites du design, pour exemple: « l’atelier mené sur le poil de moule, le byssus. J’aime bien quand le design va où on ne l’attend pas. L’entreprise d’ostréiculture Médithau, dans la bassin du Thau, accumulait du byssus ne sachant pas quoi en faire. Les dirigeants sont venus à la Cité et nous avons fait un projet dessus. Ce matériau avait été utilisé autrefois pour le tissage. Le savoir-faire a disparu. Nous avons fait beaucoup d’essais de matériaux, de transformations… »

Florence Barnola

Georges Rivoire
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Date : Elles sont toutes importantes

Lieu : Mon club d’escrime à Aulnay-sous-Bois, l’ENSCI, l’Esadse, Vitry-sur-Scène, le Cameroun…

Ambition : Prendre du plaisir chaque jour

Phrase : Fais-le pour les autres

Personnalité : Ma grand-mère ; le designer Philippe Comte.



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