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Start-up : RocamRoll automatise la prise de vue et le montage vidéo

Isère le 04 juillet 2015 - Laurent Marchandiau - Tech et Médias - article lu 1199 fois

Start-up : RocamRoll automatise la prise de vue et le montage vidéo
DR - De gauche à droite : Thierry Cravoisier et Bruno Zoppis, les fondateurs de RocamRoll.

Un système vidéo capable de filmer et de réaliser le montage automatiquement en temps réel. C'est l'ambition affichée de RocamRoll, une start-up en cours de création implantée à Meylan suite à un transfert de technologie de l'Inria Rhône-Alpes. Entretien avec son président et co-fondateur, Thierry Cravoisier.

Comment vous est venue l’idée de créer RocamRoll ?

Lorsque je regardais une visioconférence ou un webinaire, en tant que participant, j’avais tendance à m’ennuyer. D’où la volonté de trouver un moyen procurant du plaisir même si l’on ne pouvait pas y assister physiquement. D’autre part, je me suis rendu compte, de par mon expérience en tant qu’organisateur, que la plupart des personnes n’avaient pas forcément besoin d’un film de maître, mais simplement de capturer efficacement les images. Or les vidéos réalisées dans le cadre des visioconférences ne sont pas dynamiques, souvent c’est un plan fixe. D’où l’idée d’ajouter du dynamisme et de l’attractivité sans avoir à consacrer énormément de temps dans le montage et à un prix raisonnable, le tout en direct ! D’où RocamRoll !

En quoi consiste votre système vidéo innovant ?

Nous employons une technologie de l’Inria qui n’avait pas été exploité jusqu’à maintenant. Notre solution réside dans l’association de robots caméra roulants et d’une interface permettant le montage en live de vidéo. Concrètement, nos caméras sont complètement autonomes couplés à un « mélangeur » comme dans une régie classique sauf que tout se fait automatiquement. Grâce à des algorithmes, les caméras suivent les visages des interlocuteurs, détectent ceux qui s’expriment, qui se déplacent, etc.

Le « mélangeur » se charge de transmettre les informations aux caméras, de filmer et de monter en direct les différentes séquences capturées, en générant si besoin des effets de transitions voir en mettant des inserts afin que les spectateurs puissent identifier aisément la personne qui parle.

À qui s’adresse votre produit ?

Nous avons identifié différents segments de marché potentiel : celui de la formation privée comme public (institutions, organismes de formations privées, les départements de formation au niveau des grands groupes notamment des ETI (établissement de taille intermédiaire), etc), ainsi que l’événementiel (les organisateurs, les hébergeurs ainsi que les prestataires d’événements, les entreprises à travers leurs départements communication interne / marketing…).

Dans un premier temps, notre produit sera testé auprès d’un panel d’utilisateurs avant d’être commercialisé dans le courant du premier semestre 2016 sous la forme d’un système de location comprenant le système lui-même et la maintenance.

Votre solution concurrence-t-elle directement les sociétés de production vidéo ?

Ce n’est pas le cas. Notre produit ne remplace pas l’œil d’un expert, elle est calibrée pour du montage vidéo « simple » sur lequel les sociétés de production vidéo interviennent rarement du fait que les prix sont tirés vers le bas. Au contraire, ces sociétés nous ont même confié que notre système pouvait les aider à gagner du temps, prendre un marché qu’elles délaissaient auparavant, tout en leur permettant de se consacrer sur des projets nécessitant un véritable regard et travail de fond que seul un homme de l’art peut effectuer !

Quelles sont vos perspectives ?

Nous avons réalisé un premier démonstrateur en mai dernier. Actuellement, le transfert technologique est terminé. D’ici septembre, nous envisageons de créer la société avec le début des premiers tests auprès des clients potentiels. Nous prévoyons de recruter deux personnes d’ici le premier semestre 2016 avec un chiffre d’affaires estimé à 3 M€ d’ici trois ans. Une levée de fonds afin d’amorcer la commercialisation de notre offre est prévue d’ici la fin d’année – début 2016 avec l’aide de business angels tandis qu’une deuxième levée de fonds devrait intervenir en 2017 auprès d’une société de capital-risque pour internationaliser nos services.

Propos recueillis par Laurent Marchandiau

RocamRoll en action

Le principe de RocamRoll s’avère simple tant dans sa mise en œuvre que dans son fonctionnement. Le système repose sur un dispositif nomade, les caméras pouvant être alimentées sur batterie tout comme l’ordinateur équipé du logiciel dédié. Les informations sont transmises avec ou sans-fil. L’avantage de la solution développée par la société en cours de création réside dans le fait que le matériel est pré-configuré et pré-calibré. De ce fait, il suffit d’appuyer sur le bouton marche pour que le système soit pleinement opérationnel et continuera à fonctionner même si une caméra vient à tomber en panne ou si une autre est ajoutée. Au niveau du montage, le dispositif délivre un film en haute définition (1920 * 1080 * 30 fps.)



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