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Rétrospective Pierre-Eugène Vaginay

Loire le 28 novembre 2015 - Béatrice Perrod-Bonnamour - Expositions - article lu 880 fois

Rétrospective Pierre-Eugène Vaginay
La jeune fille à la rivière (détail)

Ce peintre reconnu pour exceller dans l'art du nu, sort de l'oubli grâce à son fils Henri. Laurent Aubanel, expert en peinture ligérienne forézienne assure la présentation de la rétrospective au Château de Beaulieu à Riorges.

« Pierre-Eugène Vaginay, est un peintre roannais, pour moi, à part des autres. Il a côtoyé les assidus de la Turne à Mignen, sanctuaire des Amis des Arts de Roanne. Doté d’un fort caractère, il refusait le titre d’artiste, se disant simplement peintre. La peinture  l’accompagna toute sa vie », raconte Laurent Aubanel.

Né le 27 janvier 1911 à Roanne, P.-E. Vaginay est inscrit au collège de garçons Saint-Louis de Gonzague. Comptable de formation, sa passion est le dessin, la peinture. Son père l’envoie à Paris où il suit  l’École du nu aux Beaux-Arts. Au décès de son père, mort des suites de la guerre de 14, il revient sur Roanne en mai 1929, pour travailler comme comptable aux Établissements Berthaud. Il ne lâche pas la peinture. Engagé dans l’armée  en 1934, il est affecté à Grenoble. « Une de ses missions est de réaliser des tableaux pour la salle de lecture et le réfectoire du mess des officiers. Sur panneaux figurent de nombreuses scènes de bataille, Tranchées, Liberté guidant le peuple, réinterprétations de toiles de maîtres.

Malheureusement ces grands formats ont disparu », regrette M. Aubanel. « Ce qui importe au peintre, fidèle aux Beaux-Arts et pratiquant les grandes musées parisiens tout au long de sa vie, c’est le rendu d’une œuvre. » Ainsi traduit-il  avec bonheur les métiers oubliés : Le raccommodeur de faïences, le père Cluny. Cette petite huile, toile charmante,  rappelle  un pittoresque personnage de Roanne ; dans un décor sobre - l’artisan oeuvre dans la rue - assis sur un banc, la vaisselle cassée est au sol au premier plan, la carriole à l’arrière. L’homme agrafe des morceaux. P.-E. Vaginay croqua entre autres Marie Poubelle, travaillée aux crayons de couleurs ».

« Dans le nu, il excelle »

Le nu est le sujet de prédilection du peintre. " Dans les nus, il excelle », souligne l’expert. Qui attire l’attention sur La jeune fille à la rivière, assise en tenue d’Eve, sur un tronc d’arbre. Ses pieds font des ronds dans l’eau. La couleur de la peau nacrée de la jeune femme résonne avec le doré du tronc. La nature est joyeuse. Dans le même registre, mais en  grand format, La traversée de la rivière, effectuée par des naïades au corps qui palpite sous la lumière. Le bois en fond de toile s’inscrit impressionniste. Autre petit format, toile délicieuse : un nu art déco.  Sans doute une Isadora  Duncan qui en ôtant  son voile révèle sa belle nudité. Mouvements gracieux d’un corps en ombre sur  le plan arrière.

« Trop appliqué »

« Pierre-Eugène Vaginay, comme beaucoup de peintres a produit des œuvres inégales. Il restait parfois trop " appliqué ". Il eut outre le nu, une période impressionniste, un passage par le réalisme, voire l’expressionnisme ».
Les visiteurs seront heureux de retrouver sur toile des pages de vie de ce bon peintre roannais, décédé le 19 mai 1994.

Béatrice Perrod-Bonnamour

Château de Beaulieu à Riorges, du 5 au 20 décembre.

Les Amis des Arts de Roanne

Les Amis des Arts de Roanne, association créée  le 21 novembre 1912 est la plus ancienne association culturelle de Roanne. Son siège social est situé au 56 rue Diderot à Roanne dans une petite maison de peintre (la Turne à Mignen).

Cette maison atelier appartenait Edouard Fortier Beaulieu qui la donna au peintre Léon Mignen.

C’est là que Pierre-Eugène Vaginay (Roanne 1911-1994) côtoya des artistes tels  Louis Dinet, plus ancien, Michel Degenne, son contemporain, célèbre par ses dessins et aquarelles  enlevées, Maurice Montet, connu pour ses scènes de rues, ses fêtes du 14 Juillet. Il croisa Jean Puy « le Fauve assagi », ami de Matisse, Émile Noirot.

Laurent Aubanel

Henri Vaginay, fils de Pierre-Eugène et son épouse ont fait appel pour cette rétrospective à Laurent Aubanel, expert diplômé de Assas-Paris Sorbonne, expert en Antiquités, objets d’art et œuvres contemporaines. Le spécialiste de la peinture forézienne, a une boutique d’art et d’antiquité Au Duc de Richelieu, 15, rue Anatole-France, à Roanne, face au musée Joseph-Déchelette.



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