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Réseau d'éducation prioritaire : la nouvelle donne

Loire le 17 décembre 2014 - Xavier ALIX - Société - article lu 268 fois

Réseau d'éducation prioritaire : la nouvelle donne
Angel Sanhueza - Selon FO, la carte sera revue tous les 4 ans

C'est l'avis de l'Inspecteur d'académie : la Loire est gagnante sur le nouveau réseau d'éducation prioritaire (Rep). « Poudre aux yeux », estime le syndicat Snudi-FO…

Ils ne l’ont pas attendue. Si mercredi 17 décembre, la ministre présentait la nouvelle carte du Réseau d’éducation prioritaire (Rep), dès mardi 9 décembre, Andrézieux manifestait contre une sortie déjà connue du collège J.-Prévert du dispositif. Suivi cette semaine des Roannais pour Jean de La Fontaine… A la dernière rentrée, 10 collèges ligériens bénéficiaient de ces statuts nés dans les années 80 sous la forme « Zep ». L’idée : plus de moyens (financiers, matériels, horaires et d'enseignants) dans les quartiers défavorisés. Le dispositif a depuis évolué, accumulant les statuts différenciés et autant de sigles (RAR, Eclair, RRS etc.) anti visibilité. L’appartenance des écoles dépend de leur collège de rattachement, dit « tête de réseau ». Si ce collège perd son statut, elles le perdent aussi.

En janvier, le gouvernement a annoncé la refonte du dispositif. « Il n’avait pas été revu depuis 2006, justifie l’inspecteur d'académie de la Loire Serge Clément, la sociologie a évolué, des populations se sont fragilisés et inversement. » Le ministère s’est basée sur les taux de CSP défavorisées, de résidents ZUS, de boursiers, de 6e en retard des établissements pour déterminer le droit ou non aux statuts désormais baptisés Rep et Rep +. « Les seconds auront plus de moyens qu’avant, précise S. Clément : décharges horaires et indemnité des enseignants (2 312 €/an). Dans les Rep, + 50 % d’indemnité.» Et si sur la Loire, trois collèges sortent (F.-Truffaut de Rive-de-Gier est le 3e), cinq entrent. « Le département est gagnant. Plus de 30 écoles sont nouvellement rattachées. Les enseignants des “sortants“ auront droit à leurs indemnités durant 3 ans et seront prioritaires pour être mutés en Rep. » Quid des établissements sortants du dispositifs ? Les écoles qui, notamment, n’ont pas forcément un profil social identique à leurs collèges de rattachement perdant leur statut. « Les aides ne seront pas supprimées du jour au lendemain. Et nous maintiendrons les moyens si jugés nécessaires en passant si besoin par la carte scolaire revu chaque année pour maintenir le ratio de 25 élèves par classe. » 

« Ces annonces sont de la poudre aux yeux » : pour le syndicat enseignant Snudi-Fo 42, pour commencer, tout établissement jugé ex « patient » Rep par l'Insepction n’est pas forcément guéri. « Après avoir progressé justement grâce au dispositif,  les collèges sortis de ce dernier risquent de revenir en arrière, leurs écoles avec », remarque son secrétaire adjoint N. Fournier. Enfin, sur le mouvement global dans la Loire, « l'Education donne un total d’établissements. Pas le nombre total d’enfants. Si les écoles retenues ont deux fois moins de classes que celles sortantes... (l’IA annonce cependant une augmentation du total d’élèves sous dispositif dans la Loire, NDLR). En outre, comment pourrait-on à la fois maintenir tant d’élèves par classe chez les sortants tout en augmentant les établissements en REP alors que nous savons que la dotation d’enseignants sera stable l’an prochain ? Il faudra bien les prendre quelque part. Sans oublier que des établissements nouvellement REP n’ont pas la place, physiquement, pour créer de nouvelles classes… »

En outre, par rapport aux enseignants travaillant sous statut Rep, le syndicat FO dénonce l'obligation qui leur est faite de réclamer rapidement une mutation sous peine de perdre leur bonification de carrière...

 

Xavier Alix

 



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