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Rentrée économique du Barreau de Grenoble - « Il faut préserver la dynamique grenobloise ! »

Isère le 06 décembre 2014 - Laurent Marchandiau - Actualités - article lu 1850 fois

Rentrée économique du Barreau de Grenoble - « Il faut préserver la dynamique grenobloise ! »
Christophe Revil (TéléGrenoble), André Faucon (France3 Alpes), Laurent Pélissier (ECM Technologies), Me Myriam Tidjani (Barreau de Grenoble), Gilles Toureng, journaliste, Philippe Gueydon (Medef Isère) et Arnaud Mathieu (Bâtonnier de l'Ordre des Avocats de Grenoble) - (© Laurent Marchandiau)

Alors que de nombreux avocats se mobilisent contre la réforme des professions réglementées, le Barreau de Grenoble a opté, pour sa rentrée économique bisannuelle, pour l'optimisme.

Une soirée concoctée par le barreau et son bâtonnier Arnaud Mathieu et Me Myriam Tijani, présidente de la commission économie. Deux chefs d’entreprise isérois, le P.D.-G. de King Jouets et président du Medef-Isère Philippe Gueydon, et Laurent Pélissier, président d’ECM Technologies, ont fait part de leur point de vue sur un sujet d’actualité : le management et le leadership en période de crise. Le tout était  minuté, filmé, enregistré et diffusé par TéléGrenoble, partenaire de l’opération pour la deuxième fois.
« Il faut que le Gouvernement passe la seconde »
« Les entreprises françaises possèdent de nombreux atouts. La France est la cinquième puissance économique au monde. Nous avons des infrastructures qui sont enviées par de nombreux pays européens et selon une récente étude, parmi les 100 groupes internationaux les plus innovants, 17 sont français », souligne Philippe Gueydon en introduction. Et de rappeler la récente labélisation de Grenoble à la French Tech : « C’est l’une de nos forces résultant de la diversité de nos activités et de nos entreprises. » Malgré des atouts considérables, la France compte, selon le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, trois maux : la défiance, la complexité et le corporatisme. Pour lui, il faut remettre les entreprises au cœur du réacteur. « Nous pensons au déficit financier, or c’est un déficit d’activités. Il est nécessaire de nous préciser le cap à tenir et un calendrier. Il faut que le gouvernement passe la seconde ! » s’exclame le président du Medef Isère. Et de donner comme exemple un ensemble de mesures permettant de sortir les sociétés du bâtiment du marasme économique où elles se trouvent actuellement : « Notre problème, c’est le surplus de réglementation. Afin de relancer les entreprises du bâtiment mis à mal et relancer les chantiers, pourquoi ne pas lancer une réforme limitant les droits aux recours ? » Pour le président du Medef Isère, « Il a fallu cinquante ans pour que l’État prenne conscience que sont les entreprises qui créent de l’emploi tandis que les organisations patronales se sont endormies sur leurs lauriers pendant 20 à 30 ans ! Des torts partagés qui expliquent en partie la situation de l’Hexagone aujourd’hui alors que l’Allemagne tend à sortir beaucoup plus rapidement de cette crise… »

« Faire des entreprises des startups permanentes »

Autre point de vue, celui de Laurent Pélissier à la tête d’ECM Technologies, une entreprise grenobloise créée en 1924 et spécialisée dans la fabrication de fours industriels. « En quelques dizaines d’années, nous sommes passées d’un chiffre d’affaires réalisé à 80 % en France à 95 % de notre CA réalisé à l’export. » À l’origine, fabricant de fours généralistes, la PME s’est diversifiée sur un secteur de niche, celui des fours à cémentation basse pression, mais aussi le photovoltaïque par le biais de sa filiale ECM Greentech proposant des solutions d’usines clés en main pour la fabrication de panneaux solaires. « Nous avons mis l’innovation au cœur d’ECM. La majorité de notre investissement se fait en R&D. Si l’on ne regarde que le côté financier de notre entreprise, c’est une erreur, c’est notre métier d’ingénieur qu’il faut comprendre », indique Laurent Pélissier tout en ajoutant que « sans innovation, une entreprise est morte en Europe. Il ne faut pas dépendre d’une activité unique et savoir réaliser des produits différents. » Et ça marche, d’une PME traditionnelle, d’ancienne génération, ECM est de devenue une startup permanente avec la Chine comme principal marché (45 % de son CA.) « La France a une très bonne image à l’étranger par rapport à son histoire, sa culture, mais également son savoir-faire, ses innovations et sa qualité de vie. Notre souci réside dans l’insécurité juridique ou sociale. Il faut simplifier le système. Disposer d’un contrat de travail unique est une piste. » Deux hommes, des parcours différents qui se rejoignent sur la notion de leadership. « L’exemplarité a du sens. Il faut arriver à rendre ses rêves accessibles et à faire adhérer ses équipes. Les objectifs à courts et moyens termes sont partagés par les salariés de l’entreprise. L’écoute joue un rôle important, mais les décisions finales nous appartiennent et doivent être comprises et respectées », explique Laurent Pélissier. Et de conclure : « Il ne faut pas avoir de certitude. Ce qui marchait il y a 3 ans ne fonctionne plus aujourd’hui. Il faut constamment aller de l’avant ! »

Laurent Marchandiau



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