Fermer la publicité

Région AuRA : promouvoir l'agriculture bio

Isère le 20 janvier 2017 - Sevim SONMEZ - Agroalimentaire

Région AuRA : promouvoir l'agriculture bio
Chambre agriculture de l'Isère - Visite de fermes laitières bio dans l'Ain par un groupe d'éleveurs isérois en réflexion, en avril 2016

L'ambition affichée par la Région : 30 % d'agriculteurs bio en plus d'ici 2020. Pour atteindre cet objectif, une enveloppe de 2,7 M€ a été débloquée en 2017. Le Département de l'Isère contribue également à l'expansion du bio.

« Le budget du plan de la Région Auvergne-Rhône-Alpes est le plus élevé au niveau national par rapport au nombre d’habitants, souligne Emilie Bonnivard, vice-présidente  au conseil régional en charge de l’agriculture. Notre politique incitative à la conversion bio vise trois objectifs : répondre aux attentes des exploitants, des consommateurs, et développer des pratiques environnementales durables. »

Le plan Bio représente une enveloppe de 2,7 M€, un montant qui a été doublé par rapport à 2015. Il se compose d’1 M€ d’aide aux investissements pour les exploitations et les entreprises et d’1,7 M€ dédiés aux dispositifs d’accompagnement (sensibilisation et développement de marchés). Ce plan bio est inscrit dans le plan agricole régional qui en 2016 a vu son budget augmenter de 20 % passant de 35 M€ à 46 M€. En 2017, il atteint 48 M€.   

La conversion totale ou en partie en bio concerne majoritairement des petites et moyennes exploitations qui doivent rester compétitives en acquérant de la valeur ajoutée et faire face à une dérégulation des cours d’achats de leurs productions. Maintenir le tissu agricole notamment en zone montagne, tout en offrant la possibilité aux agriculteurs de vivre de leur travail, tel est l’un des enjeux de ce plan bio. « Il faut arrêter les querelles de clochers entre structures de développement agricole et remettre l’investissement régional dans les exploitations », insiste l’élue.

Par ailleurs, il faut également répondre à une demande croissante de la consommation bio et locale afin de faire vivre le territoire. « Des circuits courts qui ne sont pas forcément utilisés dans certains lycées qui mettent en exergue leur cantine bio sans préciser que les produits ne proviennent pas de la région, voire de France », souligne l’élue.

Et pour réussir sa mission, la Chambre d’agriculture régionale a mis en place un référent technique pour chacune des onze chambres départementales, répartis dans chaque production bio.

La culture du bio en Isère

Le département de l’Isère n’est pas en reste et affiche fin 2016, 471 fermes engagées en bio, dont 60 nouvelles en 2016. Des fermes qui se convertissent ou s’installent directement en bio et représentent 13 600 ha, soit 6 % des surfaces agricoles départementales. La chambre iséroise propose un accompagnement technique individuel par le biais de diagnostic de conversion.

« C’est une étude technico-économique qui est menée afin de chiffrer l’impact de la conversion. Nous proposons également un accompagnement en circuit court et restauration collective en lien avec le groupement d’agriculteurs bio ADABio, détaille Olwen Thibaud, référente agriculture biologique à la chambre d’agriculture de l’Isère. La Chambre a également une volonté d’accompagnement collectif par l’organisation de journées techniques et d’information. Elle contribue au financement des projets en complément de la Région, les fonds étant débloqués en fonction des besoins exprimés par la profession. » 

Si la production légumière est l’une des filières qui n’a pas eu de grandes difficulté à passer au bio, le lait a également négocié ce virage avec succès. Les collecteurs comme Biolait, Vercors lait ou même Sodial sont plus généreux avec les producteurs de lait payant de 430 à 450 € pour 1 000 litres au lieu de 250 à 300 € pour le lait conventionnel. Et ce, tout en assurant un cours plus stable.

Depuis 2012, en partenariat avec l’Agence de l’Eau, le Smabb* et ADABio, la Chambre d’agriculture s’est également engagée dans le projet « Bio et eau » destiné à développer l’agriculture bio et à trouver des solutions aux problématiques de la pollution de la nappe phréatique.

Sevim Sonmez

*  Syndicat Mixte du Bassin de la Bourbre

Le bio dans la région

En 2015, la région Auvergne Rhône-Alpes comptait 378 nouvelles exploitations certifiées bio. Au premier semestre 2016, ce sont 400 exploitations supplémentaires qui se convertissent au bio (élevage et production laitière, arboriculture et maraîchage, production de viande, grande culture et viticulture). La région compte 4 959 exploitations bio, soit en moyenne 6 % de ses exploitations agricoles (4,5 % en Auvergne et 7,4 % en Rhône-Alpes). Elle est la 2e région française en nombre d’exploitations bio et la 4e région en surfaces cultivées certifiées bio et en conversion.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide