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Réfugiés syriens : quel accueil leur réservera la Loire ?

Loire le 09 septembre 2015 - Mathieu Ozanam - Société - article lu 549 fois

Réfugiés syriens : quel accueil leur réservera la Loire ?
© Stocklib / Vasilis Ververidis - Des migrants attendent à la frontière entre la Grèce et la Macédoine (19 août 2015)

L'arrivée de réfugiés du Moyen-Orient en Europe et bientôt en France, a conduit à un changement d'attitude notable des collectivités locales. Tout reste à faire.

L’émotion provoquée par la photo du jeune enfant kurde mort par noyade sur une plage de Bodrum a sans doute contribué à retourner une partie de l’opinion en Europe. Mais dès la fin août, la décision de la chancelière allemande Angela Merkel de ne pas renvoyer les Syriens vers leur pays d’entrée dans l’Union européenne a entraîné un changement d’attitude de certains États membres. Dans la Loire c’est par un communiqué de presse diffusé samedi 5 septembre par la Ville de Saint-Étienne que le maire Gaël Perdriau a annoncé sa volonté « d'accueillir, selon nos capacités, ceux qui tentent d'échapper à la guerre et à la mort ». Ici ou là en France d’autres édiles ont adopté la même ligne de conduite. Une évolution puisque les collectivités territoriales demandaient jusqu’alors à l’État d’assumer ses responsabilités en la matière.

Pas en reste, plusieurs responsables socialistes ont fait connaître leurs initiatives pour inciter le président du conseil régional à débloquer une enveloppe budgétaire pour aider à l’accueil de réfugiés syriens. « Rhône-Alpes ne peut rester indifférente à cette prise de conscience des collectivités publiques », écrit le vice-président Jean-Louis Gagnaire. Le président du groupe socialiste et écologiste Loire Solidaire du conseil départemental de la Loire, Pierrick Courbon, a de son côté écrit au président Bernard Bonne pour lui demander d’engager une réflexion sur les moyens à mobiliser, notamment « les aides allouées au titre de la protection de l’enfance et de l’aide aux familles en difficulté dans le cadre de ce qu’autorise en direction des personnes de nationalités étrangères le Code de l’action sociale et des familles.

Pas d'unanimité

Il ne faudrait pas croire pour autant que l’unanimité règne parmi les responsables politiques. Le maire de Roanne Yves Nicolin a eu les « honneurs » de la presse nationale après avoir affirmé être prêt à accueillir des familles syriennes, « à la condition qu’il soit bien question de réfugiés chrétiens qui sont persécutés parce que chrétien en Syrie par Daesh ». Dans une conférence de presse, Yves Nicolin a tenu à s’expliquer, sans renier ses propos. « Ce serait une folie, a-t-il insisté d'accueillir tout le monde les yeux fermés. On accueillera les musulmans après quand on aura pris toutes les précautions et les précautions sont plus faciles à prendre avec les chrétiens. Daesh va continuer de terroriser l'Occident. Le danger est à nos portes ! »
Une position que Sophie Robert, la secrétaire départementale du Front national de la Loire, trouve « difficile à mettre en place mais intéressante », rejoignant le maire de Roanne dans sa crainte de voir des « terroristes en puissance » en profiter pour s’infiltrer sur le territoire français.
Le pape François a demandé dimanche à toutes les communautés catholiques d’Europe d’accueillir chacune une famille. Une exhortation déjà mise en pratique par certains diocèses. L’évêque de Saint-Étienne, Mgr Dominique Lebrun, a ainsi indiqué qu’« actuellement seize paroisses sur trente ont une action en faveur de personnes réfugiées. Et il y a encore de la place pour accueillir. » Tout en insistant : « il est surtout nécessaire qu’il y ait un accompagnement et pas seulement une solution matérielle. Et tous les acteurs doivent agir ensemble, l’État, les collectivités locales, les bailleurs sociaux, les associations, les paroisses. » Quand arriveront les premiers réfugiés dans la Loire ? Combien seront-ils ? Combien de temps resteront-ils ? Comment seront-ils accueillis ? Et les autres demandeurs d’asile ne seront-ils pas fondés à demander un traitement équivalent ? Autant de sujets qui feront l’actualité des semaines et des mois qui viennent.

Mathieu Ozanam


 

Le processus est lancé

« Dans la Loire, le nombre de places pour les demandeurs d'asile s'élève à 1 045, indique la préfecture de la Loire. La capacité d'accueil a été augmentée de 66 % entre 2009 et 2014. »
Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur, doit recevoir les maires à une rencontre au ministère de l'Intérieur samedi 12 septembre pour envisager les premières propositions d'accueil. Une fois que les modalités de mise en œuvre seront bien établies et le nombre de places d’accueil disponible connu dans la Loire, le préfet réunira alors l’ensemble des acteurs concernés.



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