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Réfugiés : ces inconnues qui se bousculent

Isère le 17 septembre 2015 - Xavier ALIX - Société - article lu 285 fois

Réfugiés : ces inconnues qui se bousculent
Stocklib - Beaucoup de flous autour de la prise en charge des réfugiés

L'effet d'annonce gouvernemental passé, la solidarité de nombreux maires exprimée, il reste encore une foule d'inconnues autour de l'accueil, probable, de centaines de réfugiés en Isère.

Combien de réfugiés orientés sur l’Isère ? Quand arriveront-ils ? Auront-ils le même statut que les demandeurs d’asile déjà là et à venir, avec leurs droits, leurs contraintes, leur parcours ? A quoi doivent servir les 1 000 € d’aides annoncés  samedi par Manuel Valls pour chaque place créée par une commune ou une association ?

Derrière l’effet d’annonce gouvernemental, une foule de questions. Et pas de réponse de la part de la préfecture de l’Isère en milieu de semaine malgré de nombreuses sollicitations en 10 jours si ce n’est « le ministère prépare une communication sur ces questions ». En attendant, Paris verrouille la communication locale. Impossible même d’obtenir la situation préalable autour des demandeurs d’asile en Isère dont la préfecture a la charge à l’échelle de quatre départements : Drôme, Savoie, Haute Savoie et bien sûr Isère.  

C’est auprès d’une association située à Grenoble, spécialisée dans la prise en charge des réfugiés, que nous avons obtenu quelques chiffres : l’Ada (Accueil demandeurs d'asile) créée en 1986. « Selon nos estimations qui finissent, à deux-trois individus près, par être identiques aux chiffres officiels, on comptait 666 primo-arrivants en 2014 contre 680 en 2013, assure sa présidente Jacqueline Leininger. Sur les premiers mois de 2015, on constate + 16 % d’arrivées par rapport à 2014 à la même date. Quant aux Syriens, il n’y en avait aucun en 2013. Nous en avons en revanche comptabilisé 25 en 2014 et 16 pour l’instant en 2015. La France a des frontières plus fermées qu’on ne le dit… On est loin du grand défilé que certains évoquent ! »

L’Ada en collaboration avec la Cimade a réalisé et publié en mai 2014 un état des lieux sur la demande d’asile en Isère sur 2013 : L’hébergement des demandeurs d'asile Isère : une politique de dissuasion ?. Dénonçant les limites de la prise en charge actuelle, elle constate un manque persistant de places en Cada, centre d'accueil de demandeurs d'asile gérés par l’Etat (5 en Isère dont deux à Grenoble. Péage-de-Roussillon, Pont-de-Cheruy et Saint-Quentin-de-Fallavier en comptent aussi chacun un) malgré quelques ouvertures ces dernières années : « il y a  actuellement 1 532 places spécifiquement réservées aux demandeurs d’asile en Cada ou en hébergement d’urgence. Sachant que notre association s’occupe de plus de 1 200 demandeurs en cours de procédure non logés par l’Etat. Au niveau national il est prévu une augmentation de 2 500 places en Cada sur 2 ans, ce qui est peu par rapport au manque, pour environ actuellement 25 500 places pour 60 000 demandes d'asile en 2014 ! »

Sur 24 000 réfugiés syriens que le gouvernement français a annoncé prendre en charge prochainement, 2 500 devraient rejoindre Rhône-Alpes selon un communiqué du conseil régional qui annonce le déblocage de « 500 000 € afin de soutenir, en lien avec l’Etat et les associations, l’ouverture de places d’hébergement pour les premiers arrivants ». Les communes qui se sont portées volontaires pour intégrer le réseau des villes solidaires en Isère seront-elles suffisantes ? Combien sont-elles ? Auront-elles assez de moyens ?

« A priori, quatre communes iséroises se seraient rendues à la réunion de samedi à Paris dont Grenoble, nous informe Daniel Vitte, président de l’Association des maires de l’Isère, impossible de les quantifier mais je vous garantis que beaucoup d’autres maires réfléchissent par rapport à leur bâti disponible à un accueil. Les communes savent qu’elles devront se montrer solidaires financièrement car ces 1 000 € restent très limités. Cependant, il leur reste énormément d’inconnues : quelle durée d’accueil ? Quel parcours organisé par l’Etat au delà de l’urgence ? Et puis ces situations spécifiques : je pense aux communes rurales volontaires mais isolées, à des dizaines de kilomètres de toutes possibilités pour les formations, l’emploi, les démarches administratives… »

Xavier Alix

Quel rôle pour les bailleurs sociaux ?

Interrogée par l’Essor-Tribune, Sandrine Martin-Grand, présidente de l’Opac 38 estime que « les bailleurs sociaux auront forcément un rôle à jouer, en tout cas ils seront je pense sollicités, mais aujourd’hui rien n’est encore clairement défini. Des réunions au niveau de l’Etat sont programmées en début de semaine (échange réalisée le 11 septembre, Ndlr). On n’a pas encore beaucoup d’informations. Mais concernant l’accueil de réfugiés, c’est une responsabilité qui incombe avant tout aux maires, et je crois qu’il faut leur laisser le temps de se positionner. En fonction de ce positionnement, et par commune, et en fonction de la vacance, les bailleurs pourront envisager de se positionner. »



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