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Recherche - Design : ils jouent avec le feu

Loire le 05 juin 2014 - Daniel Brignon - Actualités - article lu 459 fois

Recherche - Design : ils jouent avec le feu
Deux manchons réunis pour susciter un nouvel objet (D.R.)

Ils sont deux verriers à souffler ensemble dans la masse du verre « cueillé » dans le four à l’aide d’une longue canne, selon la technique propre de l’entreprise qui consiste à obtenir des manchons de verre soufflé à la bouche.

Ils s’y prêtent ensemble gardant un rythme commun pour la phase ultérieure que leur suggère le designer Christian Ghion.
Elle consiste à rapprocher les deux manchons en fusion et les coller ensemble. Tout le monde s’écarte pour laisser les deux verriers ajuster leur composition sauf Christian Ghion qui se presse autour d’eux, soulève l’une des cannes. L’embouchure de l’un des manchons est coupée et la canne retirée, les deux manchons unis soulevés d’un seul geste par le deuxième verrier sont mis au four. Voilà la pièce ébauchée qui deviendra… « je ne sais pas encore, confie Christian Ghion, peut-être un vase réversible une fois coupé le verre des deux manchons. Il y a un côté aléatoire avec le verre que nous expérimentons. J’aime bien l’idée de travailler avec deux cannes ce qui n’est pas habituel ici mais que nous allons explorer : associer des manchons sur différentes faces. » Tout un programme qui se poursuit cette journée-là.
Un peu plus tôt les mêmes verriers préparaient les pièces de Gaëlle Gambillet, designer à Paris avec Stéphane Villard dans l’agence GGSV. Elle aussi utilise les formes produites par les verriers de Saint-Just, les fameux manchons. Ils deviendront pour la designer des canons de lumière colorés qu’elle assemblera avec un support de bois. Sa recherche au cours de son séjour ligérien ne porte pas sur la forme mais sur la couleur, obtenue sur un verre uni semé d’émaux. « La lumière que diffusent ces verres à vitraux de Saint-Just, utilisés pour les filtres de chromothérapie, est rare et unique », précise Gaëlle Gabillet. La couleur procède aussi du savoir-faire des verriers de Saint-Just, qu’elle pousse dans ses retranchements. « On joue avec leur savoir-faire, ce qu’ils savent faire et on le détourne », confie tel autre designer qui participe au workshop.

Exposés à la prochaine Biennale du design

Aude Briet, élève de l’Ecole d’art et de design de Saint-Etienne, s’intéresse quant à elle aux déchets de la verrerie, « les éclats de verre en fusion que je fixe sur une structure en grillage pour créer des verres destinés à l’éclairage. Une façon de montrer combien le verre se recycle à l’infini. Il a des multitudes de vie et continue à vivre à travers d’autres objets que j’expérimente. J’aime bien le coté surprise que l’on a avec le verre, ça nourrit la créativité. »
Chaque jour de la semaine de 6 h à midi les verriers ont dévié de leur production classique pour se prêter à ces expériences, main dans la main avec les designers. Les objets finis issus de cette semaine de recherche appliquée et d’échange de savoir-faire seront exposés à la prochaine Biennale du design en mars et avril 2015.

Daniel Brignon


« Glass is tomorrow »

Un programme européen soutenu par l’Union européenne dont le but est de susciter des échanges de compétences et de connaissances entre les verriers et les designers en vue de développer de nouvelles typologies d’objets. Ce programme se décline au fil de « workshops », autrement dit des résidences de designers dans des manufactures de verre de l’Union européenne. Il y a eu trois workshops dans un premier programme, cinq prévus dans un deuxième programme en cours dont celui de Saint-Just.



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