Fermer la publicité

Radicalisation islamiste : 72 personnes suivies dans la Loire en un an

Loire le 26 juin 2015 - Emilie Massard - Société - article lu 805 fois

Radicalisation islamiste : 72 personnes suivies dans la Loire en un an
Stocklib - Silhouette de djihadiste

Après l'annonce de l'arrestation d'une jeune Stéphanoise soupçonnée d'avoir participé au djihad, le préfet de la Loire Fabien Sudry, a tenu à faire point sur les actions menées dans le département pour prévenir la radicalisation violente. Depuis un an, 72 personnes ont fait l'objet d'un suivi par les services de l'Etat suite à un signalement.

Âgée de 21 ans, une jeune Stéphanoise serait actuellement entendue par la sous direction anti-terroriste après avoir été expulsée de Turquie, dans le cadre d’une enquête sur les départs pour le djihad en Syrie et en Irak. Si la préfecture de la Loire n’a pas souhaité s’exprimer sur ce cas particulier, qui est désormais suivi par les autorités judiciaires, son représentant a profité de l’occasion pour rappeler les actions qui étaient menées au niveau local pour prévenir d’éventuelles radicalisations violentes ou enrôlements djihadistes. « Ces risques d’engagement radical sont évidemment une menace pour la sécurité de notre pays, mais aussi provoquent des drames humains chez ces jeunes et leur entourage, note le préfet Fabien Sudry. C’est pourquoi l’action publique pour combattre ce phénomène, notamment en matière de prévention, prend diverses formes ». Les dernières lois votées sur le sujet de la sécurité ont notamment permis d’augmenter les moyens humains de l’Etat, avec 2 800 postes supplémentaires en France. Pour la Loire, ce sont deux militaires de la gendarmerie qui viendront, dès le début de l’été, renforcer les effectifs des services de renseignement territorial.

Au début de l’été 2014, une plateforme d’appel nationale a été mise en service pour recueillir les signalements de proches ou de connaissances de personnes qui peuvent sembler en voie de radicalisation. Bien souvent, c’est un changement de comportement, d’habitudes sociales, vestimentaires, un isolement qui alerte les proches. Les appels de cette plateforme sont basculés vers la préfecture concernée. C’est une cellule de suivi, composée des services de police, de la gendarmerie, des services de renseignement territorial, mais aussi du procureur de la République et des collectivités territoriales, qui est chargée de prendre en charge ces signalements. La cellule de suivi collecte également les signalements émanant des services de renseignement.

Une quarantaine de personnes encore suivies aujourd'hui

Dans la Loire depuis un an, 72 personnes ont été suivies par cette cellule, dont 10 signalés par la plateforme d’appel. La grande majorité sont des hommes (52) et sont plutôt jeunes (37 ont moins de 25 ans). « A partir du signalement, on analyse la situation, on va vérifier les déclarations, et prendre les décisions qui s’imposent, qui peuvent aller de l’action de prévention avec l’éducation nationale ou les services de protection de la jeunesse à des mesures d’opposition au départ à l’étranger pour les mineurs (3 ont été prononcées dans la Loire) ou des interdictions de sortie de territoire pour les adultes, prononcées par le ministère de l’Intérieur (1 cas dans la Loire) », précise Patrick Vieillescazes, chef de cabinet du préfet de la Loire. « Nous accompagnons également les familles qui nous sollicitent ». Depuis un an, 2 personnes ont quitté le territoire pour la Syrie via la Turquie et en sont revenus. Il s’agirait de la jeune femme arrêtée mardi et d’une autre jeune femme âgée de moins de 25 ans.

Emilie Massard

30 personnes sorties du dispositif

Après vérifications suite aux signalements, certaines personnes ne présentent pas forcément de risque de radicalisation, elles sortent alors du dispositif de suivi. D’autres dossiers sont transférés à la préfecture compétente lorsque la personne déménage. Sur les 72 personnes signalées dans la Loire, une trentaine sont aujourd’hui sorties du dispositif.

Aujourd’hui une quarantaine de personnes sont dont encore suivies activement par la cellule ligérienne, qui se réunit une fois par semaine, et une fois tous les deux mois avec tous les partenaires concernés. Reste que les services de l’Etat sont particulièrement vigilants sur les sorties du dispositif, plusieurs exemples parmi les dernières attaques terroristes, dont celle de Saint-Quentin-Fallavier, concernaient en effet des personnes qui n’étaient plus suivies par les services de l’Etat ou judiciaires.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide