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Rachida Brakni : « L'auteur pose des questions sans donner de réponses »

Loire le 07 janvier 2017 - Florence Barnola - Spectacle, Théâtre - article lu 91 fois

Rachida Brakni : « L'auteur pose des questions sans donner de réponses »
Sonia Barcet - Rachida Brakni interprète trois figures féminines dans la tourmente du conflit israélo-palestinien

L'actrice interprète les trois personnages de la nouvelle mise en scène d'Arnaud Meunier, Je crois en un seul dieu. En territoire israélien trois femmes, de religions et d'âges différents, portent des regards différents face aux attentats qui font partie de leur quotidien. Rencontre avec une actrice engagée et d'une grande simplicité.

Pourquoi avez-vous accepté de jouer dans cette pièce ?

Le texte est très beau. Je n’avais jamais lu, ou vu, des pièces de Stefano Massini, j’ai vraiment découvert son écriture avec Je crois en un seul dieu. Le sujet n’est pas évident, mais je trouve que c’est intéressant que nous soyons en prise directe dans le théâtre contemporain avec l’actualité. Surtout un sujet comme celui-là, un peu épidermique… Mais quel meilleur lieu que le théâtre pour se permettre de l’aborder ! D’autant plus que rien n’est manichéen dans la pièce, c’est la grande force de Stefano Massini.

Parlez-nous de la pièce…

Nous racontons le conflit israélo-palestinien à travers trois trajectoires de femmes. On a de l’empathie pour ses femmes. On comprend leur processus mental, même celui de la kamikaze que l’on n’excuse pas mais qui reste humaine. L’auteur, Stefano Massini, pose des questions, sans donner de réponses, avec ces trois figures… Je trouve que ça émet une humanité qui résonne différemment que si cela avait été trois hommes. Ces trois religions donnent plutôt le beau rôle aux hommes. Quoiqu’on en dise, les premières victimes des religions sont les femmes.
Indépendamment du conflit israélo-palestinien, la pièce fait écho au terrorisme en général, à ce que nous pouvons vivre à l’heure actuelle. Par exemple, le personnage d’Eden est bouleversant parce qu’elle est de gauche, progressiste, aux valeurs humanistes… Et puis il se trouve que très vite au début de la pièce elle va réchapper à un attentat. Du coup, elle va plonger dans une forme de folie et devient ultra-sécuritaire. Dans le même temps elle se demande ce qui lui arrive…

Est-ce indispensable d’être engagé pour un artiste ?

Pour moi, l’engagement de la femme et de l’artiste est indissociable. J’ai toujours considéré que nous avons une responsabilité, celle d’aller côtoyer les gens, de se frotter à eux, de les écouter… Et il ne s’agit pas d’être donneur des leçons.

Tous les jours, je me dis que j’ai de la chance de faire ce métier.

Est-ce un challenge d’être seule en scène ?

Je ne pense pas que cela en soit un. Cela serait dramatique que l’on puisse penser que c’est une performance. Quand j’entends des acteurs dire « c’est une prise de risque » ou « je me suis mis en danger », cela me fait bondir ! Ça me rend hystérique. Un chirurgien qui se retrouve à faire une opération à cœur ouvert se met lui en danger.

Je suis juste au service de l’univers d’Arnaud, et au service du texte. J’essaie de faire bien mon travail pour que ce texte puisse parvenir le plus clairement possible au spectateur.

Quels sont vos prochains projets ?

Mon premier long-métrage, De sas en sas, sort le 22 février prochain. C’est une histoire sur des femmes qui viennent rendre visite à leurs maris, pères, fils, frères ou compagnons à la prison de Fleury-Mérogis… Je le présente en avant-première à Saint-Étienne le 15 janvier au Méliès.

Propos recueillis par Florence Barnola

Je crois en un seul dieu

Après Chapitres de la chute, et Femme non rééducable, Arnaud Meunier plonge une nouvelle fois dans l’univers de l’auteur italien Stefano Massini.
Je crois en un seul dieu s’intéresse au conflit israélo-palestinien à travers trois femmes de religions différentes (islam, christianisme, judaïsme) : Shirin une étudiante palestinienne de 20 ans, Eden une professeure israélienne âgée de 50 ans, et Mina une militaire américaine de 40 ans. Leurs destinées vont se croiser lors d’un attentat à Tel Aviv. Le spectateur suit les personnages depuis l’année précédant le drame.



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