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Régis Juanico (PS) : « On ne peut avoir raison seul contre tous »

Loire le 25 août 2014 - Mathieu Ozanam - Politique - article lu 1348 fois

Régis Juanico (PS) : « On ne peut avoir raison seul contre tous »
Le député de Saint-Etienne et premier secrétaire fédéral du PS Régis Juanico est un proche de l'ex ministre de l'Education nationale Benoît Hamon. Il était présent dimanche à la Fête de la rose à Frangy-en-Bresse où les discours prononcés par Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ont précipité la décision de Manuel Valls de présenter la démission du gouvernement de Manuel Valls. Régis Juanico réagit.

Quelle est votre réaction à l'annonce de la démission du gouvernement de Manuel Valls suite aux déclarations d'Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon ? Nous avons été assez surpris par la vigueur de la réaction.

Quelle est votre réaction à l’annonce de la démission du gouvernement de Manuel Valls suite aux déclarations d’Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon ?

Nous avons été assez surpris par la vigueur de la réaction. Je pense qu’il y a eu une sur-réaction aux discours des deux ministres de l’Economie et du Redressement productif et de l’Education nationale. Il n’y a pas dans leurs propos de remise en cause de la solidarité nationale ou des choix du gouvernement, mais le constat qu’avec une croissance zéro et un chômage à la hausse les résultats économiques et sociaux de la politique menée ne sont pas au rendez-vous. Il y a aujourd’hui un risque de déflation bien identifiée par de nombreuses voix dont des économistes du monde entier.

Il faut restaurer les marges de manœuvre des entreprises, et c’est le sens du pacte de responsabilité, mais pour autant cette politique de l’offre doit être complétée par une politique de la demande. On voit qu’on a asphyxié la demande des ménages. C’est pourquoi nous souhaitons qu’il y ait dans le cadre du gouvernement des solutions pour nous sortir de l’ornière.

Est-ce qu’en présentant la démission du gouvernement le Premier ministre ne cherche pas d’abord à retrouver une équipe plus cohérente ?

C’est une erreur politique de se priver de personnalités comme Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ou encore Aurélie Filippetti. C’est un rétrécissement de la base du gouvernement qui va encore amoindrir l’autorité de l’exécutif. La gauche de la gauche doit être représentée dans le gouvernement.

Toute la question aujourd’hui c’est : y a-t-il la possibilité d’un débat sur la politique qui est menée, comme cela devrait être le cas dans un grand gouvernement, ou continue-t-on sur le chemin ? La voie qu’a choisie le gouvernement est d’avoir une base plus étroite. Ça serait encore plus difficile d’avoir des arbitrages favorables à l’Assemblée nationale comme ils ont pu être assez étriqués par le passé.

Est-ce qu’il n’est pas encore trop tôt pour que la politique de réduction de la dette et des déficits publics produise ses effets ?

Le gouvernement est à 85 % d’impopularité et le président de la République est à 17 % de bonnes opinions. On peut bien sûr attendre d’être à 100 % d’impopularité pour changer de politique, mais ce que l’on réclame ce n’est pas de l’hérésie, c’est la règle des trois tiers : un tiers pour réduire les déficits, un tiers pour les entreprises et le dernier pour les ménages. Ce n’est pas du Mélenchon qui ne voulait pas de la politique du pacte de responsabilité ! C’est du bon sens du pragmatisme. Les politiques d’austérité ne font qu’aggraver la situation économique. De toutes façons on ne tiendra pas l’objectif des 3 % du PIB de déficit public, ni même l’an prochain.

Est-ce qu’aujourd’hui les collectivités locales ne ressentent pas durement la trop forte baisse des dotations de l’Etat ? Est-ce que cela ne va pas aggraver la crise dans certains secteurs d’activités, par exemple le BTP ?

Qu’attendez-vous du nouveau gouvernement qui sera annoncé mardi ?

La cohérence est une chose, mais on ne peut avoir raison seul contre tous. Ce gouvernement doit à un moment donné faire un geste pour indiquer qu’il a compris le message. Il faut se donner aujourd’hui toutes les armes pour sortir de l’atonie de l’économie.

Propos recueillis par Mathieu Ozanam

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