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Saint-Chamond : cinquantenaire et pas à un an près

Loire le 21 mars 2015 - Xavier ALIX - Agglomération stéphanoise - article lu 899 fois

Saint-Chamond : cinquantenaire et pas à un an près
Ville de Saint-Chamond - Dans la foulée de la fusion, la ville a pu s'étendre au sud est sur Fonsala

La 3e ville du département ne fut pas toujours la seconde plus étendue. Il y a 51 ans, Saint-Julien, Izieux, Saint-Martin-en-Coailleux se fondent dans Saint-Chamond par décision des conseils municipaux. Fusion que la municipalité actuelle estime validée par les urnes via les élections de 1965. D'où une célébration des 50 ans du « Grand Saint-Chamond » début avril...

Un total déni de démocratie orchestré par Antoine Pinay. Le politicien majeur de la IVe République, le fameux président du conseil qui cumula 45 ans à la mairie couramiaude n’avait pas jugé utile de prendre l’avis des concitoyens dont il n’était qu’un représentant par un référendum à l’évidence criante de nos jours. Pas plus que les maires de Saint-Julien, Izieux et Saint-Martin-en-Coailleux. Ni même de L’Horme d’ailleurs.

Au programme pourtant de leurs conseils municipaux en ce mois de février 1964, ni plus ni moins que la fusion de leurs territoires habités par 40 000 habitants. L’Horme refuse. Les autres acceptent. La fusion est immédiate : par arrêté préfectoral le 9 mars. Un premier conseil du « Grand Saint-Chamond » se tient le 13. Pas de nouveau nom : Saint-Martin-en-Coailleux, Saint-Julien, Izieux - 18 000 habitants à elles trois - deviennent des quartiers de Saint-Chamond, ville désormais peuplée de 35 860 habitants et la plus étendue de la Loire après Saint-Etienne avec 5 478 ha.

« Ce fut un sacré manquement à la démocratie, c’est vrai. En revanche, aux élections municipales de 1965, l’équipe municipale issue de la fusion a été “réélue“ à 74 %. C’est une approbation », estime Nicole Forest, conseillère municipale chargée du patrimoine, du tourisme et des archives. D’où l’idée, d’organiser en 2015 plusieurs animations les 3 et 4 avril (lire par ailleurs). Surtout que  « nous ne souhaitions pas absolument lancer à la va-vite une célébration, après notre élection de 2014, pour coller à 1964. » Contactée, l’ancienne équipe municipale nous confie via Stéphane Valette que le contexte des municipales 2014 l'avait empêchée de se lancer dans une célébration de 50 ans. Si elle avait été réélue, elle en aurait sans doute programmé une fin 2014. 

La raison de cette fusion 

Retour aux début des années 60 : le territoire de Saint-Chamond, quasi 18 000 habitants, ne compte alors que 142 ha « encerclés » par ceux des autres communes. La ville ne pouvait donc pas s’étendre à une époque prospère favorable à l’urbanisation et qui manque cruellement de logements. Avec l’expansion industrielle lancée à la fin du XVIIIe siècle, les cinq communes ont fini par constituer une trame urbaine continue.  Dès 1818, la mairie de Saint-Chamond présente un rapport sur les absurdités de gestion conséquentes à son encerclement par la « banlieue et faubourg » puis à nouveau en 1824. Ses demandes au préfet restent cependant lettre morte.

Mais en 1964, « il y avait l’aura d’Antoine Pinay, estime N. Forest qui en tant qu’adjointe chargée des archives au début avait mené 2004 la réalisation d’une brochure sur la constitution du territoire. L’époque était très favorable alors aux fusions (avec des subventions majorées, Ndlr). La volonté de De Gaulle en avance sur le concept intercommunal. Mais en politique, il n’est jamais bon d’aller trop vite. Et il y eut un retour de bâtons ensuite...» Un référendum (enfin un) à Lorette en 1972 enterra définitivement l’idée d’aller plus loin : le projet de « Grande vallée », commune unique de Saint-Etienne aux frontières du Rhône… 8 ans plus tôt, la fusion saint-chamonaise était passée « à temps ». Sans doute que les conseillers municipaux favorables voyaient un intérêt évident de faire partie d’une grande commune dirigée par Pinay, pesant au niveau national. De mettre fin aussi à des absurdités de gestion alors que bien des services étaient déjà mutualisés.

Saint-Julien fut la plus favorable, Saint-Martin-en-Coailleux plus rurale eut plus de mal mais c’est Izieux qui sera la plus en balance (12 pour, 9 contre), forte de ses industries (aciéries, teintureries…), avec un maire centre gauche confronté à un parti du refus, l'opposition de son adjoint communiste. Trop jalouse de ses confortables revenus industriels, de  son indépendance récente (1965), L’Horme, la plus éloignée, refusa largement...

Xavier Alix

Hier, aujourd’hui et demain

« Notre projet de célébration des 50 ans n’est pas passéiste. » Si la brochure de 2004 sur du territoire sera rééditée à 3 000 exemplaires, si des témoignages d’habitants ayant vécu les événements ont été enregistrés, « c’est un appel aux volontaires lancé dans le Progrès en septembre 2014 qui a donné lieu aux portraits de 31 habitants avec le photographe Arnaud Rodamel. Leurs visages accompagnent leur perception actuelle écrite sur Saint-Chamond. Nous en tirons une exposition », explique S. Calaciura, adjointe à la Culture et à la Communication. A découvrir à Novacieries, lieu symbolique sur l’avenir de la ville samedi 4 avril (à voir aussi une maquette 3 D avec écran et bornes tactiles). La veille, « hier » aura été abordée par l’association culturelle CoéCie salle du conseil municipal via une conférence-spectacle sur l’Histoire saint-chamonaise, notamment la fusion de 1964. CoéCie reproduira cette soirée en public samedi 4 avril à 10 h 30 place de La Liberté.

Nouveau graphisme

Le spectacle gratuit du collectif La Horde, spécialement élaboré, en lien avec la Biennale du design, clôturera samedi à 20 h 30 à Novacieries. L’ensemble de ces festivités, réédition de la brochure comprise, coûtera autour de 20 000 €. A noter que l’exposition des portraits, aussi présente place de la Liberté le 4 avril, sera l’occasion de présenter un nouveau graphisme pour les supports de communication de la Ville dont un nouveau logo ! Mais impossible d’en savoir plus avant le 30 mars, élections départementales obligent.



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