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Quatre hôpitaux de la Loire plombés par le Franc suisse

Loire le 19 février 2015 - Denis MEYNARD - Collectivités locales - article lu 637 fois

Quatre hôpitaux de la Loire plombés par le Franc suisse
DR - L'hôpital de Roanne, ne pourra pas lui non plus bénéficier du fonds de soutien du ministère de la Santé

Les établissements de Saint-Etienne, Saint-Priest-en-Jarez, Roanne et Saint-Chamond doivent rembourser chacun au moins un prêt dont le taux d'intérêt avoisine désormais 25 %.

Début février, la Fédération hospitalière de France a exprimé son refus que « les efforts d’économies (des hôpitaux) soient engloutis par les banques ». Cette prise de position est consécutive à la flambée du Franc suisse qui a eu pour conséquence, depuis la mi-janvier, d’une explosion des taux d’intérêt (autour de 25 %) que doivent rembourser certains hôpitaux ayant souscrit des emprunts structurés. Quatre hôpitaux de la Loire sont concernés : le CHU de Saint-Etienne, l’Institut de Cancérologie Lucien-Neuwirth, le Centre hospitalier de Roanne et l’Hôpital du Gier.

Plus gros établissement du département, avec un budget de plus de 500 M€ et un effectif total de 7 300 personnes, le CHU de Saint-Etienne, est touché par le phénomène, via un emprunt dont l’évolution du taux d’intérêt est adossé aux variations de la monnaie helvétique. « D’un montant initial de 47 M€, dont 37 M€ de capital restent dus, il a vu son annuité augmenter de 2,5 M€ en 48 heures », explique Frédéric Boiron, le directeur général du CHU. Sur les 270 M€ de la dette de l’établissement, souscrite intégralement auprès de Dexia, environ 145 M€ sont constitués de prêts structurés. C’est parmi quatre d’entre-eux (les plus dangereux), classés hors charte Gissler, dont le total s’élèvent à 90 M€, que figure celui qui pose problème au CHU, lequel est engagé dans un Plan de retour à l’équilibre en 2016. Frédéric Boiron se veut rassurant pour l’établissement qu’il dirige, car dans le cadre du contrat signé avec l’Agence régionale de santé en 2013, cette dernière s’est engagée à intervenir en cas de dérapage financier lié à l’explosion des taux de certains de ces prêts dits "toxiques", dont la souscription était encouragée par la tutelle quelques années en arrière. « Il s’agissait alors d’un jeu de dupes dans lequel tout le monde est tombé, aussi bien les responsables d’hôpitaux publics que les gouvernants », selon le DG du CHU qui estime qu’il faut « un partage des coûts de sortie avec la participation de tous les établissements financiers nationaux et internationaux, dont certains sont en train de rafler la mise par millions ». Frédéric Boiron, qui ne souhaite pas s’étendre sur le contentieux juridique engagé contre Dexia, encouragé par la FHF, doit aussi gérer, en qualité de directeur intérimaire, l’envolée récente des taux d’intérêt de deux emprunts de l’Institut de Cancérologie Lucien-Neuwirth, dont un souscrit auprès de l’ex-banque franco-belge.
Le Centre hospitalier de Roanne, également touché, ne peut lui non plus pas bénéficier du fonds de soutien créé par le ministère de la Santé pour venir en aide aux petits établissements : ceux dont le budget est inférieur à 100 M€. Son administrateur provisoire, Michel Calmon, indique que « la justice a été saisie contre Dexia, dont un des prêts a vu son taux monter à 23,72 % ces dernières semaines. Ce qui représente un surcoût annuel de 1 M€ pour ce produit qui court jusqu’en 2037, d’un montant initial de 24 M€, dont la moitié du capital a été remboursée.
A Saint-Chamond, la directrice de l’Hôpital du Gier, Laurence Nart, indique ne pas avoir engagé de contentieux avec Dexia. Elle annonce qu’un emprunt Dexia remboursable sur près de 40 ans, adossé à l’évolution de la parité du Franc suisse avec d’autres monnaies, « va coûter très cher à l’établissement, environ dix fois le montant du capital emprunté (…) on ne pourra pas continuer à le payer ».

Denis Meynard



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