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Quand Lucien Hervé interprète Le Corbusier

Loire le 04 décembre 2014 - Daniel Brignon - Culture - article lu 984 fois

Quand Lucien Hervé interprète Le Corbusier
Le Corbusier saisi dans l'une de ses visites, détail de l'affiche de l'exposition (D.R.)

L’exposition qui jalonne les cimaises de l’église Saint-Pierre à Firminy rassemble une sélection parmi les 20 000 clichés du photographe Lucien Hervé sur le travail de Le Corbusier.

En l’occurrence 43 tirages originaux et planches contact réunis par la Fondation Le Corbusier, en hommage à l’oeuvre du photographe.
Elles témoignent du regard du photographe particulièrement affuté pour remettre en perspective l’architecture de Le Corbusier, ses recherches formelles, les courbes, plans obliques, l’œuvre de la lumière traversante dont joue le photographe qui compose les clichés noir et blanc à l’aide des pans contrastés d’ombre et de lumière à la manière d’un tableau cubiste, jusqu’à l’abstraction.
« Tu as l’œil de l’architecte », s’était exclamé Le Corbusier en parcourant le reportage ramené par Lucien Hervé du chantier de l’unité d’habitation de Marseille en cours de construction en 1949. Ces 650 photos il les avait prises à l’initiative du père Marie-Alain Couturier, pressentant une affinité entre les deux hommes, afin de présenter son travail à l’architecte. Il aura un écho immédiat. Dès 1950 et jusqu’à 1965, Lucien Hervé sera engagé par Le Corbusier pour suivre l’évolution de son œuvre autant architecturale que picturale et graphique, 20 000 clichés au total constituent le fonds Lucien Hervé, qui ont contribué à communiquer et diffuser l’esprit de l’architecte.
L’exposition parcourt les bâtiments de l’unité d’habitation de Rezé-les-Nantes, la Cité radieuse de Marseille, le Capitole de Chandigarh, avec un détour par la chapelle Notre-Dame du Haut de Ronchamp, et le Pavillon Philips de Bruxelles. Il n’y a pas d’images de Firminy, œuvre tardive de l’architecte, que Lucien Hervé n’a vraisemblablement pas fréquentée. Mais l’on retrouve dans les images les standards de l’écriture de Le Corbusier : le profil très particulier des escaliers, le jeu des plans biaisés par des obliques et adoucis par les formes galbées, à Ronchamp tout particulièrement, les surfaces nervurées par les coffrages volontairement appuyés par endroits comme une graphie, trace du travail, si ce n’est une réminiscence des cannelures des temples grecs, qui faisaient l’admiration de l‘architecte, en voyage en Orient de 1918 à 1925.
L’exposition dévoile également l’intimité de Le Corbusier, dans sa maison-atelier ou son « cabanon » de Roquebrune, témoignant de la proximité des deux artistes qui n’on eu de cesse de composer et construire, l’un et l’autre, des formes utopiques et visionnaires.

Daniel Brignon


Jusqu’au 5 janvier, Église Saint-Pierre Le Corbusier à Firminy, en visite couplée avec la maison de la culture. Du lundi au samedi de 10 h à 18 h (sauf le mardi, fermeture à 17 h). Entrée : 6 €, réduit : 5 €. Gratuit pour les moins de 12 ans. Renseignements au 04 77 61 08 72.


Anniversaire

Le site Le Corbusier à Firminy organisateur de l’exposition s’apprête à célébrer le cinquantenaire de la mort de l’architecte, disparu le 27 août 1965. L’exposition Regards croisés en est l’une des premières manifestations qui sera suivie au cours de l’année 2015 de différents événements rappelant plusieurs dates anniversaire dont est émaillée l’année 1965 : la pose de la première pierre de l’unité d’habitation, la visite le 21 mai 1965 de la maison de la culture par Le Corbusier, une visite événementielle sur le site en réalisation.
Au cours des premiers mois de 2015 le site sera occupé par l’exposition Utopies réalisées, sur cinq sites de la région urbaine de Lyon, dont Firminy, qui présentent des audaces d’architecture au XXe siècle (en janvier) ; puis par une exposition de la Biennale internationale design, qui se tient du 12 mars au 12 avril.



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