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Quand Lamartine compose le vallon à Châbons

le 16 mars 2015 - Louis FOURNIER - Culture - article lu 893 fois

Quand Lamartine compose le vallon à Châbons
LF - Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Alphonse de Lamartine est né à Mâcon, le 21 octobre 1790, il passa son enfance dans la commune toute proche de Milly. C'est en pension au collège de Belley, qu'il se liera d'amitié avec Aymon de Virieu. Ce dernier, vivait au Grand-Lemps, avec sa mère et sa sœur Stéphanie, dans le château de Lemps.

Son recueil « Les méditations poétiques », apporte au poète sa gloire, notamment la méditation cinquième intitulée « Le vallon » qu’il écrivit suite aux séjours qu’il fit  chez son ami Aymon en juin et juillet 1819. Ce poème fut écrit en souvenir de Julie Charles, qu’il avait rencontrée à Aix-les-Bains en 1816. morte de la tuberculose l’année suivant leur rencontre. Lamartine profondément marqué écrira peu après le poème « Le Lac ».

"Le Lac" extrait

O lac! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir!

Un soir, t'en souvient-il? nous voguions en silence;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots:

O temps, suspends ton vol! et vous, heures propices,
Suspendez votre cours!
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours!

En 1819, Lamartine, inconsolable, viendra trouver un réconfort auprès de la famille de Virieu. C’est à ce moment qu’il composera « Le Vallon ».

"Le Vallon" extrait

« Mon cœur, lassé de tout, même de l’espérance,
N’ira plus de ses vœux importuner le sort ;
Prêtez-moi seulement, vallon de mon enfance,
Un asile d’un jour pour attendre la mort.

Voici l’étroit sentier de l’obscure vallée :
Du flanc de ses coteaux pendent des bois épais,
Qui, courbant sur mon front leur ombre entremêlée,
Me couvrent tout entier de silence et de paix.

Là, deux ruisseaux cachés sous des ponts de verdure
Tracent en serpentant les contours du vallon :
Ils mêlent un moment leur onde et leur murmure,
Et non loin de leur source ils se perdent sans nom.

J’ai trop vu, trop senti, trop aimé dans ma vie ;
Je viens chercher vivant le calme du Léthé.
Beaux lieux, soyez pour moi ces bords où l’on oublie ;
L’oubli seul désormais est ma félicité.

Le vallon raconté par Lamartine   :

« Ce vallon est situé dans les montagnes du Dauphiné, aux environs du Grand-Lemps; il se creuse entre deux collines boisées, et son embouchure est fermée par les ruines d'un vieux manoir qui appartenait à mon ami Aymon de Virieu. Nous allions quelquefois y passer des heures de solitude, à l'ombre des pans de murs abandonnés que mon ami se proposait de relever et d'habiter un jour. Nous y tracions en idée des allées, des pelouses, des étangs, sous les antiques châtaigniers qui se tendaient leurs branches d'une colline à l'autre. Un soir, en revenant du Grand-Lemps, demeure de sa famille, nous descendîmes de cheval, nous remîmes la bride à de petits bergers, nous ôtâmes nos habits, et nous nous jetâmes dans l'eau d'un petit lac qui borde la route. Je nageai très-bien, et je traversai facilement la nappe d'eau; mais, en croyant prendre pied sur le bord opposé, je plongeai dans une forêt sous-marine d'herbes et de joncs si épaisse, qu'il me fut impossible, malgré les plus vigoureux efforts, de m'en dégager. Je commençais à boire et à perdre le sentiment, quand une main vigoureuse me prit par les cheveux et me ramena sur l'eau, à demi noyé. C'était Virieu, qui connaissait le fond du lac, et qui me traîna évanoui sur la plage. Je repris mes sens aux cris des bergers ».

Alphonse de Lamartine, s’est éteint le 28 février 1869, à l’age de 78 ans, il repose dans le village de Saint-Point en Saône et Loire. Quelques années plus tard, le grand compositeur Charles Gounod (1818-1893), lui consacrera, une mélodie lyrique intitulée «  Le Vallon » en souvenirs des visites du poète à Pupetières.

Louis Fournier

 



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