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Qualité des eaux : peut (beaucoup) mieux faire

Loire le 12 mai 2015 - Mathieu Ozanam - Sciences, Santé, Environnement - article lu 178 fois

Qualité des eaux : peut (beaucoup) mieux faire
DR - Globalement la rive gauche de la Loire présente une qualité satisfaisante, jusqu'à son arrivée dans la plaine du Forez

Le projet de schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage) entre dans sa phase finale avant son entrée en vigueur en 2016 pour 5 ans. Son objectif : améliorer la qualité de l'eau. Une gageure en considérant les faibles résultats du précédent schéma.

Dix régions et 36 départements composent le bassin versant Loire-Bretagne. Au sein de cet ensemble la Loire en constitue la tête, mais également la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme et l’Allier qui feront partie au 1er janvier 2016 de la même grande région. Après avoir été élaboré pendant 4 ans par l’agence de l’Eau Loire-Bretagne, le Sdage est un programme de planification de la politique de l’eau.

Il prévoit un ensemble de mesures pour maîtriser les pollutions diffuses et améliorer la qualité des eaux. Ce plan de gestion est la traduction de la directive cadre sur l’eau votée par l’Union européenne et va donc connaître sa 2e version qui fait l’objet de divers examens par les assemblées concernées. Les conseillers régionaux rhônalpins l’ont adopté en assemblée plénière la semaine dernière et le conseil économique et social régional (Ceser) l’a également examiné. Non sans manifester ses regrets que « le bilan du Sdage 2010-2015 ne soit pas intégré lors la phase de consultation ».

Faut-il s’en étonner compte tenu de la faiblesse des résultats concernant la qualité des eaux ? Les objectifs fixés étaient de 61 % des eaux en bon état écologique. Faute de les avoir atteint, ils ont été reconduits, ni plus ni moins. Le bilan est en effet peu flatteur avec seulement 30 % d’eaux de bonne qualité pour le bassin Loire-Bretagne. Et il est inutile de se rassurer à bon compte en considérant que les données sont faussées par la région bretonne. Dans le département de la Loire sur la carte des cours d’eau, la couleur rouge apparaît prédominante. Sur les 4 250 km du réseau hydrographique, « 50 % sont dans un état médiocre et de 20 à 30 % en bon état », décrit Pierre Grès, responsable technique de la fédération de la Loire pour la pêche. Globalement la rive gauche de la Loire présente une qualité satisfaisante, jusqu’à son arrivée dans la plaine du Forez. Du côté de la rive droite, la qualité est médiocre. « C’est dû aux exploitations agricoles », explique Alain Bonard, vice-président de l’association de protection de l’environnement de la Frapna. Il dénonce l’utilisation importante de produits phytosanitaires dans l’agriculture. « Il faudrait s’attaquer aux nitrates issus du monde agricole. »

Quelques résultats cependant

Tout n’est pourtant pas à rejeter dans le bilan du premier schéma 2010-15. « Sur la biologie les résultats ont été spectaculaires, estime Pierre Grès. Il n’y avait plus de truites fario dans le Furan, et elles sont revenues. » De même pour le vairon, la loche, le goujon. En tout une quinzaine d’espèces de poissons auront fait leur réapparition. C’est le résultat des réaménagements des rivières qui ont facilité la continuité écologique. Autrement dit qui ont limité les seuils et les obstacles de cours d’eau très morcelés, permettant ainsi aux poissons de se déplacer. De là à dire que les poissons sont propres à la consommation, il y a un pas difficile à franchir. Des arrêtés d’interdiction ont été pris par le préfet de la Loire en 2009 sur une partie de la Loire, du Furan et de l’Ondaine en raison de la présence de métaux lourds et PCB.

Mathieu Ozanam

 

Objectif zéro pesticide

Neuf nouvelles communes, issues de la communauté de communes de Balbigny se sont récemment engagées dans la charte « Objectif zéro pesticide ». considérant que « sur plus de 60 000 t de pesticides utilisées chaque année en France, 7 à 10 % concernent les applicateurs non agricoles », autrement dit les particuliers, les collectivités locales, les gestionnaires de voirie et les entreprises, les associations de protection de l’environnement, la Frapna et le Fredon Rhône-Alpes, accompagnées par la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf) militent en faveur de cette charte.

Dans la Loire 67 communes l’ont adoptée.



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