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Prothèse d'épaule : Aston Medical propose du sur-mesure

Loire le 03 février 2014 - Denis Meynard - Tech et Médias - article lu 2504 fois

Prothèse d'épaule : Aston Medical propose du sur-mesure
Philippe Nouvian a rejoint en début (©Denis Meynard)

Aston Medical est en train de faire évoluer les pratiques professionnelles des chirurgiens prothésistes.

Depuis deux ans, l’entreprise stéphanoise leur fournit une imagerie médicale en 3D qui leur permet de visualiser, avant l’opération l’anatomie osseuse de patient et l’axe de perçage de l’os pour fixer le support de l’implant. Cette connaissance préalable des caractéristiques de l’omoplate et de l’humérus de la personne à opérer, s’agissant d’une prothèse d’épaule, permet au praticien de sélectionner un implant et de le positionner virtuellement de façon optimale sur son écran d’ordinateur. Il prépare ainsi l’intervention du bloc opératoire, en sélectionnant à l’avance les outils (ceux à la bonne dimension) dont il aura besoin. Le service apporté par l’entreprise stéphanoise ne s’arrête pas là.

« Une fois validée la planification proposée au chirurgien, nous faisons réaliser des « guides » (outils servant à positionner la prothèse, Ndlr) personnalisés qui viennent se clipser sur l’os du malade à opérer », explique le Pdg, Michel Colombier. Ces pièces en nylon à usage unique sont réalisées à partir d’un fichier informatique, en fabrication additive (à l’aide d’une imprimante 3D), par Finortho, une autre entreprise stéphanoise. Aston a déposé trois brevets pour son innovation qui est une première mondiale s’agissant des opérations de prothèse d’épaule. Dont une quarantaine a été pratiquée en France sur ce nouveau mode ces deux dernières années.

Au départ, il faut que le patient passe un scanner avec un protocole spécifique, qui est adressé à l’entreprise qui le traite pour obtenir les images en 3D de ses os. Le grand potentiel de développement de ce nouveau procédé connaît toutefois quelques freins. Avec notamment la contrainte imposée par les mises à jour perpétuelles des systèmes d’exploitation, qu’il s’agisse de Linux, Windows ou Mac OS : celle de faire évoluer fréquemment les logiciels d’application qui ont été développés. La réglementation apparaît comme le frein majeur au développement de cette technologie dans son domaine. La plupart des matériaux utilisés n’étant pas normalisés, l’entreprise doit apporter la preuve de la biocompatibilité de ceux qu’elle utilise.

Aston Medical, qui investit en moyenne 6 % de son chiffre d’affaires en R&D, est un fabricant d’implants (en titane, inox, polyéthylène, etc.) pour les prothèses d’épaule, de coude, de hanche, de genou. Créée en 1999, cette PME qui participe par ailleurs au projet Fadiperf mené par la Cetim autour de la fabrication de dispositifs médicaux par dépôts successifs de fines couches (voir l’encadré), possède une petite unité de production à Béthune, dans le Nord de la France.

L’entreprise a réalisé plusieurs levées de fonds pour financer ses avancées technologiques. Notamment avec Turenne Capital, à partir de 2006, au côté de Sofimac Partners. Ils ont été rejoints en 2009 par Sigma. Le créateur, Michel Colombier, détient quant à lui un tiers du capital de l’entreprise de 64 personnes, dont le chiffre d’affaires, en progression, devrait approcher 11,5 M€ sur 2013. Le début 2014 a été marqué par l’arrivée d’un nouveau directeur général, Philippe Nouvian (l’ex-Pdg de Courbon), à la suite du départ de Christophe Alépée de l’entreprise dont il a été successivement responsable du bureau d’études, directeur de l’usine, puis directeur général.

Denis Meynard



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