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Inondations : comment l'Isère se protège

Isère le 03 octobre 2015 - Sevim SONMEZ - Société - article lu 738 fois

Inondations : comment l'Isère se protège
DR - Si de nos jours, la crue de 1859 devait se reproduire à Grenoble, 300 000 personnes seraient concernées

Avec l'arrivée de l'automne de nombreuses communes iséroises redoutent le retour des inondations. Traversé par de nombreuses rivières, le département a écrit son histoire au gré des crues. Quels sont les territoires impactés et qui sont les acteurs qui luttent contre cette catastrophe naturelle ? Réponses.

« Nous en avons ras le bol », lance le maire de Luzinay Christophe Charles qui a le sentiment que les autorités publiques ont oublié sa commune. Une commune qui a subi deux inondations en mai 2013 et novembre 2014, a été classée en catastrophe naturelle, et qui attend toujours que des travaux soient réalisés contre les crues des ruisseaux du Maras, du Joux et de Mons.

Le Syndicat Rivière des 4 vallées qui doit se charger de ces aménagements a mené deux études diligentées par l’Agence de l’eau qui participe à hauteur de 50 % au financement des travaux. La dernière a pris fin le 15 septembre et à présent Luzinay attend qu’elle soit enfin suivie d’actes concrets. « Nous avons interpellé les autorités via des courriers que nous avons adressés l’an dernier au député et au sous-préfet afin d'obtenir une réunion avec tous les acteurs (Département, Syndicat Rivière des 4 vallées et la commune) soit organisée. Aucune réponse à ce jour et nous attendons avec inquiétude, la date anniversaire du dernière inondation approchant », s’exaspère le maire. Suite à l’inondation de 2013, la commune a elle-même financé le curage du Maras ce qui a permis de limiter les dégâts l’année suivante. A présent, Luzinay demande que les services du Département et du Syndicat Rivière des 4 vallées coordonnent leurs interventions pour plus d’efficacité à long terme. « Le contrat de rivière devrait être validé et signé par l’Agence de l’eau d’ici fin de l’année et ainsi, les travaux pourront être engagés au printemps 2016 », estime Patrick Curtaud, président du Syndicat Rivière des 4 vallées.

Les zones à risques

La directive européenne inondation sur le bassin Rhône-Méditerranée a déterminé 31 territoires à risques importants d’inondation (TRI). Pour le département de l’Isère figurent le TRI de Grenoble-Voiron et de Vienne.

Pour Vienne, est concerné le bassin versant des 4 vallées du Bas Dauphiné, Il s’étend d’est en ouest, de la commune de Châtonnay en passant par Saint-Jean-de-Bournay jusqu’à Vienne, soit 29 communes et 4 cours d’eau majeurs : la Gère, l’Ambalon-Vesonne, la Véga et la Sévenne. Ce périmètre d’action est du ressort du Syndicat Rivière des 4 vallées.

Pour le TRI de Grenoble-Voiron, sont traités les débordements des cours d’eau de l’Isère, du Drac, de la Romanche, la Fure et la Morge. A titre préventif, le Département mène deux projets, par le biais du Symbhi (Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l'Isère). Créé en 2004, le Symbhi est un syndicat mixte comprenant le Département, les communautés de communes du Grésivaudan et de la Métro ainsi que l’Agence de l’eau (Etat). Il porte deux projets : « Isère amont » et « Romanche-Séchilienne ».

Le premier s’étend de Pontcharra à Grenoble et concerne 29 communes (300 000 habitants) et 50 km de cours d’eau. L’objectif des travaux est de diriger les crues de l’Isère vers des terres agricoles ou un bassin de stockage temporaire qui se vidange par les canaux de drainages agricoles. L’entretien des digues, la mise en valeur des rivières et des axes verts font également partie de ce projet qui s’élève à 135 M€. Les travaux engagés en 2012 devraient prendre fin en 2021.Quant au financement, il est réparti entre l’Etat (40 %), l’Agence de l’eau (10 %) le département de l’Isère (30 %) et la communauté de communes du Grésivaudan (20 %).

Le projet « Romanche-Séchilienne » concerne 9 communes situées entre Livet-et-Gavet et Champ-sur-Drac et intègre la mise en œuvre de la parade hydraulique de court terme du risque majeur des Ruines de Séchilienne. Les travaux débutés en 2013 devraient durer 3 ans pour un coût global de 28 M€.
Une fois les ouvrages et les digues réalisés par le Département, leur surveillance et entretien ont été confiés à l’Association départementale Isère, Drac, Romanche qui est financée à hauteur de 50 % par le Département.

Sévim Sonmez

Symbhi, un laboratoire pour les milieux aquatiques

Si la crue bicentennale de 1859 de Grenoble devait se reproduire de nos jours, les dégâts s’élèveraient entre 500 M€ et 1 Md€. « La volonté politique du président du département est de relancer l’économie avec un investissement de 100 M€ dans plusieurs directions, explique Fabien Mulyk, président du Symbhi. Ainsi, la procédure d’attribution des marchés a été accélérée et les entreprises pourront démarrer la première tranche des travaux dès novembre pour un montant de 500 000 sur 2015. »



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