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Producteurs chanasiens : des initiatives qui portent leurs fruits

Isère le 09 août 2015 - Sevim SONMEZ - Économie - article lu 242 fois

Producteurs chanasiens : des initiatives qui portent leurs fruits
Sévim Sonmez - Le sous-préfet a rencontré la famille Sauvageon de fruits Bâtie fruits

La sous-préfète de l'arrondissement de Vienne, Florence Gouache a rendu visite à deux producteurs de fruits situés à Chanas, qui malgré le contexte plutôt difficile de la filière arrivent à maintenir leur chiffres d'affaire, voire même à réaliser des bénéfices.

Faisant écho aux nombreuses manifestations des producteurs de fruits, la sous-préfete qui s’était rendu sur l’exploitation arboricole de la famille Ogier à Seyssuel l’an dernier, a renouvelé l’expérience à Chanas en visitant les sites de Bâtie Fruits et Gelifruit.

Le Gaec Bâtie Fruits est également une entreprise familiale, avec à sa tête Françoise Sauvageon et son fils Pascal. Malgré sa date de création, un 1er avril 1992, cette affaire est loin d’être une plaisanterie de courte durée. Depuis plus de 20 ans, ce groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec), produit différents fruits sur toute l’année, en fonction des saisons. Fraises, cerises, abricots, sans oublier les pommes,  11 mois par an. La production s’effectue sur 2 ha en tunnel et environ 2,5 ha en plein champs. Ainsi, l’an dernier Bâtie Fruit a récolté 2 t de pommes, 300 t de d’abricots, 100 t de fraises.  La société emploie entre 40 et 45 personnes : deux en CDI et le reste en contrats saisonniers, dont trois en contrats OMI pour les saisonniers étrangers.

L’an dernier, l’entreprise a affiché un chiffre d’affaires d’1M d’€, un montant prévu en baisse pour 2015. « L’augmentation des charges sociales, notamment la taxe pollution, impacte considérablement nos bénéfices. Par ailleurs, le poste phyto a considérablement augmenté, sans compter les prix de vente en baisse », explique Pascal Sauvageon qui regrette que les aides régionales soient plus facilement accordées aux organisations de producteurs (OP) qu’aux indépendants. Il y a 40 ans, les agriculteurs arrivaient à gagner de l’argent. Aujourd’hui, plus ils travaillent, plus ils font du chiffre et moins ils réalisent des bénéfices. Il ne faut donc pas s’étonner de la baisse du nombre d’agriculteurs ».

Et si le producteur se dit impuissant face à la concurrence internationale,  il entend bien disposer d’une marge de manœuvre afin de négocier le prix de vente de sa production. Raison pour laquelle, la famille Sauvageon a créé une Sarl en 1994, Sanne Fruits, spécialisée dans le commerce de fruits et légumes en gros. Les fruits à noyaux et pépins sont ainsi revendus à des grandes surfaces, des courtiers pour les marchés en gros mais également exportés vers l’Algérie ou l’Espagne, notamment pour les pommes Golden. « On peut aisément comprendre que le métier d’agriculteur ne déchaîne pas des passions. En 23 ans, j’ai dû prendre en tout 2 mois de vacances ! », déplore Françoise Sauvageon.

S’adapter à la demande

Producteurs de poires et de pommes, les frères Sévélinge sont également ingénieurs dans l’agroalimentaire, diplômés de l’Institut supérieur d’agriculture et d’agroalimentaire Rhône-Alpes. Une complémentarité qui leur permet de maîtriser toute la chaîne de production et de transformation du fruit. Depuis 2008, ils dirigent la société Gélifruit spécialisée dans la transformation, la surgélation et le stockage de fruits congelés à destination des professionnels. Créée à l’initiative d’une trentaine d’exploitants agricoles du bassin Rhône-Alpes, cette entreprise a pour but de valoriser leur production et d’alimenter la filière de transformation. Miser sur la recherche et le développement, définit la politique de Gélifruit, qui en 2012, a investi plus d’1 M d’€ dans l’agrandissement de la zone de stockage et de transformation des fruits. Lavés, équeutés, triés, calibrés, dénoyautés et oreillonés, les abricots, mirabelles, fraises sont ensuite surgelés à - 25° C. et conditionnés en sacs de 20 kg. « Un semi-remorque sort de nos entrepôts tous les jours, se félicite Alexandre Sévélinge. Notre ligne de production, qui nécessite la présence de six personnes, fournit quotidiennement 1 300 kg de fruits surgelés. »

Appliquer un contrôle de qualité strict à toutes les étapes de stockage et de transformation et s’adapter à la demande des clients, tels sont les objectifs de la société qui travaille actuellement en collaboration avec des confituriers et prochainement avec le fabriquant de glaces haut de gamme Gineys. « Nous misons sur la matière grise. Nous réalisons des économies d’énergie grâce à notre installation de production de froid de dernière génération, générant très peu de gaz à effet de serre. Nous investissons également dans la recherche et de développement de nouveaux procédés de surgélation permettant de conserver une qualité optimale du produit tout en comblant les attentes les plus spécifiques du client », explique Alexandre Sévélinge qui estime qu’à terme il faudra créer des vergers produisant des variétés particulières répondant aux besoins des clients.   

Gélifruit devrait afficher un chiffre d’affaires d’1,8 M d’€ pour 2015 et dépasser les 2 millions très rapidement. 

Sevim Somnez


 

« Cette crise nous concerne tous »

Soumis aux aléas climatiques mais également aux fluctuations du marché international, les agriculteurs manifestent régulièrement leurs mécontentements ces dernières années. Face à ces réactions, le sous-préfet de l’arrondissement de Vienne, Florence Gouache a tenu à souligner que « tous les Français ont une part de responsabilité dans cette crise ». « Que ce soit les élus locaux, les acheteurs publics, la restauration collective ou encore les consommateurs, nous devons tous faire un effort et ne pas être guidés uniquement par le prix de vente », a insisté la représentante de l’Etat qui a également précisé que le métier d’agriculteur fait partie des métiers en tension qui n’attirent plus les vocations.



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