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Prison : pourqoi faut-il reconstruire plutôt que détruire ?

Loire le 25 novembre 2015 - Emilie Massard - Vie juridique - article lu 193 fois

Prison : pourqoi faut-il reconstruire plutôt que détruire ?
Emilie Massard - Les spectateurs ont pu échanger avec les représentants des associations

A l'occasion des Journées nationales Prison, le Groupe Prison Saint-Etienne organisait la projection du documentaire « Prisons ouvertes : un pas vers la réinsertion » pour ouvrir le débat sur la situation des prisons en France, en présence de nombreuses associations qui travaillent dans le domaine.

Organisées au niveau national par le Groupe national de concertation prison, ces journées ont été relayées localement en Loire sud par le Groupe prison Saint-Étienne (GPSE). Ce groupe de réflexion, composé de personnes ou d’associations intervenant en prison, existe depuis plusieurs années et a pour objectif de réunir ses membres pour échanger sur des problématiques communes.

« On s’est rendu compte que les gens qui interviennent en prison, et ils sont nombreux, ne se connaissaient pas, constate Jean-Marie Fayol-Noireterre, ancien magistrat et membre du groupe, qui s’est structuré en association en 2015. Nous essayons de réunir les associations pour qu’elles échangent, et nous intervenons également auprès des scolaires et des centres sociaux pour parler de la justice, de la prison, du sens de la peine, etc. »

Depuis plusieurs années, le groupe propose une réflexion sur les alternatives à la prison. « Nous ne sommes pas contre la prison, mais dans beaucoup de cas il y aurait des alternatives possibles, qui permettraient une meilleure réinsertion des détenus, estime Jean-Marie Fayol-Noireterre. C’est une question qu’il est particulièrement difficile de faire entendre par l’opinion publique, surtout dans le contexte actuel. »

Les alternatives à la prison fermée étaient le sujet du documentaire proposé par le GPSE, et plus généralement le thème de ces journées nationales. Dans leur documentaire, Bernard Nicolas et Anne Hirsch présentent en effet des expériences de prisons ouvertes ou semi-ouvertes réalisées en Suisse, en Allemagne et en Finlande. Des expériences qui démontrent que non seulement le taux de criminalité n’a pas explosé sur ces territoires, mais que le taux de récidive tend à diminuer.

A la suite de la projection, les spectateurs ont pu débattre sur le sujet et faire part de leurs interrogations aux représentants des associations présents : visiteurs de prison, relais enfants/parents, SOS Violences Conjugales, aumôniers, la Cimade, etc. Nombre d’entre eux se sont accordés à dire que la prison, telle qu’elle est structurée en France aujourd’hui, désocialise et déshumanise les détenus plus qu’elle ne participe à leur réinsertion.

« Les échecs existent dans les expériences de prisons ouvertes, évidemment il y a toujours un risque, mais lorsque le détenu est préparé à la sortie et accompagné ensuite, le taux de récidive diminue », constate Jean-Noël Thomas, président du GPSE.

Emilie Massard



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