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Prison avec sursis requise contre Jean Mercier

Loire le 23 septembre 2015 - Denis Meynard - Société - article lu 294 fois

Prison avec sursis requise contre Jean Mercier
© Denis Meynard - L'octogénaire était une nouvelle fois sous les feux de l'actualité.

L'association pour le Droit de mourir dans la dignité est venue soutenir l'un de ses membres, poursuivi pour « non-assistance à personne en danger ». Jugement le 27 octobre.

Jean Mercier n'a pas de regrets et se dit prêt à une condamnation à de la prison ferme. Mais surtout il réclame une loi digne de ce nom sur la fin de vie. Cet ex-Stéphanois de 87 ans, aujourd’hui domicilié dans l’Hérault, près de son fils, a assumé mardi devant le tribunal correctionnel de Saint-Etienne l’aide apportée pour que Josanne, son épouse depuis plus de 50 ans, malade et dépressive se donne la mort. L’octogénaire souffrait de douleurs chroniques, était dépressive depuis 30 ans et avait fait plusieurs tentatives de suicide. Le 10 novembre 2011, son mari acceptait de l'aider à décapsuler une quantité importante de médicaments et lui apportait un verre d'eau, pour qu'elle les avale. Il avait attendu qu'elle décède pour appeler un médecin: un « geste d'amour », souligne son avocat, Me Mickaël Boulay.

Poursuivi pour « non-assistance à personne en danger », Jean Mercier souffre pour sa part de la maladie de Parkinson et d'un cancer de la prostate. Le procureur Jean-Daniel Regnauld a estimé que Jean Mercier aurait pu, aurait dû, appeler les secours dans le laps de temps entre l'absorption de médicaments mortelle et le décès de son épouse. « Il avait possibilité d'agir et il ne l'a pas fait parce qu'il avait peur de se faire réprimander si elle revenait à la vie », requérant « aux moins trois ans de prison avec sursis ».

Pour Me Boulay, Jean Mercier « est une victime de la loi française ». En février, le tribunal de Saint-Etienne avait rejeté une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par la défense, relative à l'assistance au suicide, qui estimait que la loi française devait intégrer les règles dégagées par la Convention européenne des droits de l'Homme, en faveur de l'émergence d'un droit au suicide assisté. Le débat sur la fin de vie va être relancé dans les prochains jours avec l'examen en deuxième lecture par l'Assemblée nationale d'un projet de loi rejeté en juin par le Sénat. Jean Mercier connaîtra, lui, la décision du tribunal de Saint-Etienne le 27 octobre.

Denis Meynard



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