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Primetals Technologies sous direction japonaise

Loire le 30 novembre 2015 - Denis Meynard - Industrie - article lu 1453 fois

Primetals Technologies sous direction japonaise
Photo DR - L'entreprise fêtera ses 100 ans à Savigneux en 2017.

Le site forézien appartient désormais à une co-entreprise Mitsubishi-Siemens et sera directement dirigée par l'actionnaire japonais au printemps prochain.

Mercredi 25 novembre restera comme une date importante pour les salariés de l’entreprise Primetals Technologies France, basée à Savigneux, avec la venue à leur rencontre du Pdg du groupe mondial auquel il appartiennent depuis le début de l’année. Yasukuni Yamasaki, qui a accumulé 35 années d’expérience au sein du Mitsubishi Heavy Industries, dont le siège est à Hiroshima, dirige cette nouvelle société commune créée avec une partie du groupe Siemens. Précisément la division Siemens VAI MT qui était jusqu’alors seule propriétaire de ce site forézien, ainsi que de celui de Saint-Chamond fermé en 2010, spécialisé dans les lignes de parachèvement permettant aux sidérurgistes de fabriquer des bobines de métal plat, en inox ou en acier.

Le dirigeant du groupe de plus de 8 000 salariés, réalisant un chiffre d’affaires de 2 Md€, a rencontré des représentants du personnel, puis l’ensemble des salariés après avoir visité les installations. Lesquelles ont été agrandies de 2 300 m2 en 2011, dans le cadre d’un investissement de près de 4 M€, pour accueillir quelque 150 salariés en provenance du site fermé dans la vallée du Gier.

L’unique société française du groupe Primetals Technologie a reçu l’assurance d’être conservée comme centre de compétence sur son périmètre d’activité actuel. Le Pdg accepte qu’une diversification puisse avoir lieu en dehors des lignes de process pour la sidérurgie. Un représentant du personnel ajoute que de nouveaux moyens devraient être apportés pour améliorer la compétitivité de l’entreprise qui compte un peu plus de 350 personnes dans le Forez. Dans un contexte d’activités en recul, les salariés ont eu l’agréable surprise de ne pas recevoir, à l’occasion de cette visite, d’annonce négative. A la différence de leurs homologues du principal site européen de Primetals Technologies, situé à Linz (Autriche), où a été annoncée ces derniers mois la suppression de 200 des 1 600 emplois.

Des salariés inquiets

La situation n’est pas pour autant satisfaisante sur le site français qui pratique l’activité partielle depuis l’été 2014, après avoir connu un bon niveau d’activité et des exercices positifs au cours des années précédentes. Certains soulignent que « l’engagement de la direction de monter l’effectif à 395 personnes n’a pas été tenu ». lls attendent de connaître la stratégie de leur groupe qui ambitionne de devenir le numéro un mondial de son secteur, ainsi que sa déclinaison sur le site forézien. Les représentants du personnel, constitués principalement de la CFE-CGC, qui a reçu 72 % des voix aux élections professionnelles d’octobre, s’inquiètent d’une « perte de compétence après plusieurs dizaines de départs non-remplacés ». Il craignent que leur entreprise, la seule en Europe à avoir une activité de production (où travaillent moins de 80 personnes) ne perde cette spécificité pour ne rester qu’un bureau d’études et de commercialisation. Près de la moitié de l’effectif de production va partir en retraite dans les cinq ans, et il n’y a pas de Gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC), alors que cela est obligatoire pour les entreprises de plus de 300 personnes, souligne un élu du personnel. « Nous sommes dans une période où il faudrait investir, faire plus de R&D. En cas d’attentisme notre activité qui est réalisé à 95% à l’exportation se dégradera inévitablement. Si on ne fait rien, nous serons en grosses difficultés d’ici deux ans », souligne-t-il. Interrogé, François Mignard, qui dirige depuis l’an dernier le site comptant près de 200 ingénieurs, cadres et techniciens supérieurs, n’a pas souhaité s’exprimer sur ces attentes du personnel.

Denis Meynard

Bas niveau de commandes

Si les intentions annoncées mercredi par le Pdg japonais ont été jugées plutôt positives, l’entreprise ligérienne reste confrontée à un bas niveau de son carnet de commandes. En dépit de trois gros contrats enregistrés ces derniers mois sur des lignes de galvanisation en Chine et en Turquie, son niveau de commande reste près de 50 % inférieur à l’objectif de 100 à 100 M€ qui lui est assigné. D’où le désir du sortir du seul marché de la sidérurgie.
 



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