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Prévention santé : quels leviers pour changer nos comportements ?

le 27 décembre 2014 - Correspondance - Sciences, Santé, Environnement - article lu 96 fois

Prévention santé : quels leviers pour changer nos comportements ?
Destination Santé - Le sport levier majeur de prévention

Les Français connaissent les méfaits du tabagisme, de la sédentarité, du stress et autre malbouffe, mais ils peinent à s'en défaire. Par manque de volonté donc, mais pas seulement. Comment les aider à soulever les leviers du changement, à devenir acteurs de leur santé et surtout à le rester ? C'était justement l'objet d'un colloque tenu récemment à Paris.

« Nous avons une bonne médecine curative mais nous sommes moins performants au niveau de la prévention des risques », explique Jean-Louis Touraine, député PS du Rhône. Il s’est exprimé lors d’un colloque sur l’éducation à la santé organisé le 20 novembre dernier au Palais Bourbon (Paris) par l’Institut Pasteur de Lille, la Fondation d’entreprise PiLeJe et l’association Coopération Santé.

La prévention est l’un des grands axes de la future loi de santé publique qui sera discutée en janvier 2015 à l’Assemblée nationale. Député PS de Haute-Garonne et rapporteur du budget du PLFSS 2015, le Dr Gérard Bapt concède qu’« il est difficile de décréter politiquement les changements si nous ne sommes pas accompagnés culturellement par la société. »

Dans l’opposition, Jean-Pierre Barbier (UMP – Savoie), est persuadé que « ce projet de loi accouchera d’une souris. Les objectifs sont si nombreux qu’ils font penser à un catalogue. Et puis surtout, qu’en est-il du financement » ? Même son de cloche pour la chef du service de médecine du sport du CHU de Clermont-Ferrand, Martine Duclos, « ce projet de loi est fabuleux au niveau des objectifs. Mais au niveau des moyens pff… Et dans le contenu, pas un mot sur l’activité physique qui reste la meilleure arme contre les maladies cardiovasculaires.»

Promouvoir la santé

Pour le Dr Jean-Michel Lecerf, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, « les comportements sont difficiles à modifier ». Même si un sondage Ifop/Fondation PiLeJe révèle que 43 % des Français affirment avoir tendance à repousser au lendemain leurs bonnes résolutions, « on ne peut pas toujours invoquer le manque de volonté », poursuit le médecin lillois. « La maladie, la question des coûts, des aspects environnements ou psychologiques etc., constituent des freins dans bien des cas ».

Le sociologue Jean-Pierre Corbeau (Université François Rabelais de Tours) insiste sur « l’importance de développer les ateliers-cuisine. Car il n’existe pas d’éducation nutritionnelle en dehors de la présence d’aliments ». Il rappelle encore que « l’on mange bien moins gras que nos parents et grands-parents. Alors arrêtons la stigmatisation sur des comportements qui n’existent plus. La différence par rapport aux époques précédentes est à chercher du côté de la dépense calorique, beaucoup moins importante de nos jours ».

En conclusion, il ressort de ces débats riches et souvent engagés, plusieurs leviers du changement. Pour Jean-Michel Lecerf, « celui-ci passe par une meilleure organisation du système de soins car la prévention ne s’improvise pas ». Il insiste surtout sur la communication « grand public » : « nous devons passer d’une prévention subie à la promotion de la santé. Les recommandations doivent être à la fois positives et prudentes afin d’éviter de stigmatiser certaines populations. Par exemple, la lutte contre l’obésité ne doit pas devenir la lutte contre les obèses… » 

Sans alcool la fête est plus folle ?

De plus en plus, lors de soirées, celui qui ne boit pas, c’est le « loser » de la bande. Triste constat qui illustre à quel point la consommation excessive d’alcool s’est banalisée chez les jeunes. C’est pour y faire face que l’INPES diffuse une websérie montrant – avec humour - des techniques pour éviter de boire de l’alcool sans passer pour un ringard. Son nom, « Esquive la tise ».

« Parce que la consommation d’alcool en soirée n’est pas sans risques, il est important de savoir résister à la tentation… et à la pression sociale » insiste l’INPES. A destination des 14-18 ans, le programme s’appuie sur l’humour et le second degré. A chaque épisode, l’un des personnages principaux se voit proposer une boisson alcoolisée dont il n’a pas envie, et trouve une manière originale d’esquiver, sans se couper du plaisir de la fête, ni se désolidariser du groupe. Pour en savoir plus et retrouver la websérie, rendez-vous sur le site www.jeunes.alcoolinfoservice.fr



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