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Pourquoi Saint-Etienne ne fut pas communiste

Loire le 06 novembre 2014 - La Rédaction - Livres - article lu 521 fois

Pourquoi Saint-Etienne ne fut pas communiste
Métallos, mineurs et manuchards, Jean-Michel Steiner

Certes, il y eut Joseph Sanguedolce.

Auréolé de son passé prestigieux de résistant, à la tête d’une liste d’Union de gauche victorieuse surprise en 1977. Mais à replacer dans un contexte national d’alliance PS-PC portant Mitterrand à l’Élysée. Sûrement pas l’apparition d’un bastion communiste d’une ville aussi ouvrière que centriste.  
Loin aussi du contexte étudié par l’historien stéphanois J.-M. Steiner. Son ouvrage est l’aboutissement d’une thèse lancée en 1999 s’attachant à étudier les rapports entre ouvriers stéphanois et PC de 1944 à 1958, sous la IVe République.
Abordant - entre autres - en fil rouge le pourquoi d’une ville habitée par 60 000 ouvriers actifs qui ne devint pas un fief communiste malgré deux scrutins municipaux successifs à la Libération. « En 1944, le PC, fort d’un prestige issu de la Résistance est le premier parti de France. 1958 c’est la fin de la IVe République et le constat de son recul », explique J.-M. Steiner qui a épluché aux archives départementales une grande partie des résultats électoraux stéphanois de cette période. « Sur les votes et bureaux étudiés (15 000 votants !, Ndlr), à la Libération, des quartiers habités par des mineurs et ouvriers de grande industrie comme Le Soleil, Marais, Grangeneuve votent quasi 100 % communiste contre 40 à 50 % dans des quartiers ouvriers de petites industries, (Valbenoite, J.-Ferry, Rivière), sous traitants du cycle par exemple. En 1958, ces mêmes pourcentages seront divisés par deux… »
Mais qu’est ce qui empêche la victoire du PC en 1944 ? « Des hommes faisant bloc pour éviter un maire communiste : par exemple Nocher, l’ex-communiste Faure, avisé du système stalinien, portant Müller comme maire ou Otte. On voit une alliance peu évidente MRP (chrétien démocrate), SFIO (PS, Ndlr), MLN... »
Comment s’explique ensuite le déclin du vote au PC et de ses adhérents (15 000 en 1945 ; 10 000 en 1948) ? Si octobre 1947 (élection de De Fraissinette) correspond à la poussée gaulliste du RPF, on peut mettre ensuite dans la balance l’effet des grèves de novembre 1947 et 1948, notamment la violence sur l’espace public de la première (tram renversé, préfecture prise d’assaut). Sur le long terme, il y a une présence chrétienne encore très forte (contrairement à l’Ondaine) dans le milieu ouvrier et très active avec des mouvements comme la Joc (Jeunesse ouvrière chrétienne). Sans oublier le décapitation de la direction locale quand vient sur la table en 1952 sa dénonciation du pacte germano-soviétique de 1939.

X.A.


Jean-Michel Steiner, Métallos, mineurs et manuchards (439 p. Puse, 28 €, 600 ex.), présentation le 12 novembre à 17 h 30 à la MRASH du campus Tréfilerie de Saint-Etienne.



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