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Pour un logement social qui profite à tous

Isère le 19 juin 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Actualités - article lu 1009 fois

Les différents bailleurs sociaux de l’Isère gèrent un patrimoine immobilier de 75 000 logements familiaux et logent 180 000 isérois dans l’incapacité d’accéder au marché privé.

Ils investissent chaque année plus de 250 M€ dans la construction, la réhabilitation et l’entretien du parc existant. Des travaux menés avec l’argent des différents loyers qui sont entièrement réinvestis. Des investissements, qui comme le rappelle la présidente d’Absise Isabelle Rueff, profitent au tissu économique local et à la création d’emplois non délocalisables. «  Et il faut aussi compter les emplois indirectement liés. Rien qu’avec l’Opac 38 (dont elle est aussi la directrice), nous avons 76M€ de marchés en cours dont 76% avec des acteurs grenoblois ». « Et les bailleurs sociaux travaillent aussi avec des entreprises d’insertion, précise Pierre Payrard, chez Actis on a comptabilisé l’an dernier 17.000 heures de travaux réalisés par ces structures. »
Outre de développement économique, les acteurs d’Absise ont appuyé leur participation à l’aménagement urbain. « Nous sommes innovants sur la rénovation, la construction de nouveaux quartiers, et sur la qualité environnementale puisque nous sommes souvent les premiers à travailler sur les programmes d’économie d’énergie », explique pour sa part le directeur de la SDH Fréderic Rolland. Et à chacun des intervenants d’expliquer en quoi les bailleurs sociaux ont travaillé tour à tour sur le désamiantage, les immeubles basse-consommation, les installations de détecteurs de fumée, ou encore la mise aux normes des ascenseurs.

Mixités sociale et générationnelle

Autre thème abordé ce jour-là : la cohésion sociale dont les 10 bailleurs sociaux isérois se disent acteurs. Au passage, le choix d’organiser ces tables rondes au sein de la Caserne de Bonne, n’était pas anodin. En effet, le super éco-quartier grenoblois compte aussi sa part de logements sociaux. « En plus de la mixité sociale, nous travaillons de plus en plus sur la mixité générationnelle » explique Fréderic Rolland. Et quand on lui demande si le modèle de bâtiments et de logements multi-génération est exportable en dehors des villes universitaires (en Nord-Isère par exemple), il ajoute : « On ne pourra pas en construire autant là où il y a moins de demandes. Mais oui c’est exportable. On ne peut pas oublier les zones rurales. »
En Isère aujourd’hui, on compte 27.000 demandes de logement enregistrées. (Il faut compter en moyenne 48 mois de la demande à la remise des clés). « Pour la moitié il s’agit de demandes de mutations explique Isabelle Rueff, pour l’autre moitié il s’agit de demandes de placements de personnes qui peuvent être soit menacées d’expulsion, soit dans un logement mal adapté : trop grand ou trop petit…Cette journée de table ronde doit aussi permettre d’expliquer au isérois qui a accès au logement social, car nous comptons parmi ces demandes très peu de jeunes par exemple, alors qu’ils ne sont pas censés gagner beaucoup d’argent ». Le plafond du logement social est de 26.000€/an pour une personne, soit 2100€/mois. Il correspond au salaire moyen des français  (à ne pas confondre avec le salaire médian fixé à 1700€/mois). « Or, sur nos 27.000 demandes, 60% sont bien en deçà de ces chiffres et relèvent des logements très sociaux, dont le plafond est de moins de 11.000€/an. » explique encore la présidente d’Absise.
Enfin, pour un public de primo-accédants, les bailleurs sociaux isérois proposent également des solutions d’accès social à la propriété, qui permet à la fois de sortir du logement social ou de la location (puisqu’accessible à tous, y compris aux locataires du parc privé), tout en décongestionnant le parc public.
« Nos métiers sont en train de changer, conclu Isabelle Rueff, Nous sommes passé du logement seul au logement familial, de la location sociale à l’acquisition sociale, de la construction de logement, à la réhabilitation en normes BBC, et nous allons devoir faire de la gestion de syndic de copropriété… »

Caroline Thermoz-Liaudy



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