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Portrait : René Saada, éloge du stakhanovisme

Loire le 11 novembre 2014 - Florence Barnola - Agglomération stéphanoise - article lu 2083 fois

Portrait : René Saada, éloge du stakhanovisme
Qui ne connaît pas cette figure commerçante stéphanoise ? Connu comme René primeur, le maraîcher veut insuffler à sa ville du dynamisme. Respecté ou craint, le commerçant stéphanois n'a pas sa langue dans la poche mais le coeur sur la main.

Si d’aventure vous passez rue Georges-Teyssier, vous pouvez l’apercevoir du lundi au samedi à la caisse ou en train de remplir les étales.

« Je fais les achats le matin à 4 h et demi soit au marché de gros de Saint-Etienne soit à Corbas, je rentre vers 9 h 30, je repars du magasin à 1 3h 30, je reviens l’après-midi jusqu’à la fermeture… Ce sont des longues journées », raconte-il sans plainte. Le commerçant ne s’est jamais vraiment économisé « Pendant 15 ans je n’ ai pas pris de vacances. » Aujourd’hui il prend deux semaines par an. « C’est une question d’hygiène de vie. Vous avez des mecs qui sortent du boulot et vont boire des canons dans les bars, le samedi soir ils prennent une cuite, ils boivent l’apéritif à midi le dimanche… Moi à 21 h 30 je suis au lit. C’est un équilibre. Vous devez donner l’exemple. »

Les mains jointes, assis en bord de canapé, il est prêt à se lever pour servir un autre expresso. « Depuis 25 ans je fais du commerce » résume celui qui n’est pas du genre à rester immobile à un bureau « Impossible.  Je ne peux pas rester enfermé », dit-il tranquillement à l’écoute des questions.

René s’octroie cependant une passion hors travail : «  Un truc que j’adore c’est le foot. » et l’amitié qui va avec. « Je suis le parrain de la fille de Jean-Pierre Cyprien, un ancien joueur de l’ASSE. On se connaît depuis le début des années 90, on ne s’est jamais quittés. »

Le primeur connaît le tout Saint-Etienne, « 80 % », précise-t-il sans vanité. La société stéphanoise, qu’elle soit bourgeoise ou ouvrière n’a pas de secrets pour lui. Son métier l’amène à travailler avec des particuliers mais aussi des institutions, des collectivités, ou des entreprises…. A son magasin, Il ne se passe pas une minute sans que quelqu’un vienne lui dire bonjour. Tout sourire, René offre des fruits à des clients, demande des nouvelles à d’autres, plaisante… « Quand on est dans le commerce, il ne faut pas voir que l’argent, ça vient après. » fait-il remarquer sagement, il accorde une grande importance à la relation humaine. Chez René le travail est une vertu, il s’est entouré d’employés qui partagent cette valeur, dont « mon beau-frère Thierry qui m’épaule pas mal. »

René n’a jamais chômé. Dans la famille Saada on travaille beaucoup, en exerçant des métiers harassants, à commencer par le père qui était maçon. « A la base, on est des brocanteurs avec mon frère aîné. Quand j’avais 13 ou 14 ans j’allais avec lui au marché aux puces du Clapier. Mon frère est ensuite entré à la salle des Ventes » et René à commencer son entreprise de déménagement, en co-créant les déménagements Alizé « Je travaillais au Parc Giron . »  Puis s’est ensuite tourné vers les fruits et légumes, il a eu plusieurs magasins, à Saint-Galmier, Firminy, rue Saint Jean puis en 2003 il ouvert « René Primeur ».

Son prénom il le doit aux Montrandais : « Mes parents sont venus d’Algérie et se sont installés à Montrond-les-Bains. Quand je suis né ma mère ne savait pas comment m’appeler alors elle a demandé conseil au maire, à des gens du coin et ils lui ont dit « René ». On est six frères et sœurs, un autre de mes frères s’appelle Pierre parce qu’il est né en France ».

Quand on l’écoute on s’aperçoit que le commerçant a beaucoup bourlingué et pourtant il est bien difficile de lui donner un âge. « 48 ans » indique-t-il. Il ne les fait pas ! « Si, je fais quand même 40 », lâche-t-il en réponse. L’homme n’aime pas la flagornerie, il la préfère à la franchise. Avec René ça passe ou ça casse. Droit et intransigeant, il ne s’embarrasse pas de politesse s’il estime que son interlocuteur n’est pas correct. Il n’aime pas qu’on lui dicte sa conduite « dès que l’on essaye je fais le contraire . J’ai horreur qu’on me dise ce que j’ai à faire. »

René aime la simplicité et la discrétion : « Aujourd’hui tout a changé, c’est plus le paraître qui importe que vivre. Les gens préfèrent une belle voiture, bien être habillé mais pas manger s’il le faut. » Le primeur n’est pas du genre à se pavaner en voiture de luxe : « Pour faire quoi ? Regardez je me promène en ville ?! »

La tranquillité il la trouve dans sa maison de ville près du Musée d’Art et d’Industrie. Un havre de paix qu’il partage avec sa charmante femme Nadia, elle aussi commerçante, responsable du magasin de vêtements Graffiti rue Gambetta. Les époux Saada sont très discrets et très appréciés dans leur quartier «  C’est un couple très bien » lance une voisine « Ils sont très gentils, toujours le sourire. Ils m’ont rendu visite quand j’étais hospitalisé, les bras chargés d’une grande corbeille de fruits. S’ils partent on les regrettera… »

Florence Barnola

Date : 1998 : la coupe du monde de foot. « La ville bougeait, tout marchait »

Lieu : Parc Giron « Quand on l’a inauguré, c’était magnifique ses belles boutiques d’antiquaires . »

Personnalité : Jean-Pierre Cyprien

Phrase : « Les caves sont en Bourgogne et les pigeons sont place Bellecour. »

Ambition : Que l’on arrive à redémarrer le commerce dans cette ville.




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