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Portrait: Marie-Laure Lecourt, le vent la portera

Loire le 14 mars 2015 - Florence BARNOLA - Spectacle, Théâtre - article lu 1481 fois

Portrait: Marie-Laure Lecourt, le vent la portera
Jacky Mazein STEMP - M-L Lecourt, secrétaire générale de la Comédie de Saint-Etienne depuis 2011

Depuis 4 ans Marie-Laure Lecourt est la secrétaire générale de la Comédie de Saint-Etienne. Véritable baroudeuse de la culture, cette presque quarantenaire a endossé jeune des responsabilités au sein de grandes maisons culturelles. Pour elle, le hasard n'existe pas. Tout est question de rencontres.

Tout en blondeur et de noir vêtue, attendant pour traverser sur le passage piéton, elle fait un signe amical de la main, souriante comme toujours, son téléphone collé à l’oreille. A défaut de déjeuner de sushis, l’enseigne japonaise étant fermée, nous nous rendons au café-restaurant d’en face. Marie-Laure paraît inquiète, comment va se passer l’entrevue, quels aspects de sa vie aborder… Celle qui a l’habitude de gérer la communication et les relations publiques du CDN stéphanois semble inconfortable à l’idée de passer sous les projecteurs.

En 2011, elle s’est installée à Saint-Etienne avec homme et enfant et « c’est passé très vite ! » Le train n’est pas près de ralentir, passionnée par son travail qui flirte avec la vocation. « Quand je me lance dans quelque chose je veux que ça marche donc je fais tout pour ça. Je suis entière. » Jeune fille, elle se voyait dans l’enseignement ou la psychologie. « C’est toujours une histoire de rencontres » explique-t-elle quant à son parcours professionnel. Un destin qui commence en Mayenne, à Laval où elle en naît 1976, entre un frère de trois ans son aîné et une sœur de 5 ans sa cadette. Elle acquiert malheureusement très tôt le sens des responsabilités, à 10 ans. Un cancer emporte sa mère « cela a fait de moi une femme plus forte peut-être… », raconte-t-elle dans un rire plein de résilience « et à la fois hypersensible ». Elle a appris beaucoup de sa belle-mère: « Elle est une maman de cœur. C’est une femme très cultivée, curieuse. Elle a été essentielle dans mon parcours de vie ».

« Je crois aux bons moments »

Son orientation professionnelle c’est à une autre qu’elle la doit : « mon père a été muté à Nantes dans mon adolescence, c’est là que j’ai commencé à m’ouvrir à la culture. Nantes m’a baignée là-dedans, c’est une ville d‘événements et de culture ». L’adolescente étudie au lycée Guist’hau, comme François Bégaudeau et Marion Aubert que Marie-Laure ne connaîtra que bien plus tard, quand le projet d’Arnaud Meunier à la Comédie de Saint-Etienne les réunira. Après le bac elle entre en fac de lettres, sa voie s’esquisse. « Cette année-là l’option " question sur l’art " venait d’ouvrir et proposait de réfléchir sur la création. J’étais très tournée vers les arts plastiques,je fréquentais les théâtres, le CRDC… ». A 19 ans, elle part à Dijon étudier à l’Institut universitaire professionnalisé de management et gestion d’entreprises culturelles. Son premier stage se fera avec Jean Blaise, « il a été important dans mes coups de cœur », futur directeur du Lieu Unique à Nantes. « Il m’a fait lire son projet alors qu’il était en train de l’inventer. Il rêvait d’un lieu qui croisait et ouvrait, doté de salles de spectacles mais aussi d’un restaurant, d’une librairie, d’une crèche, d’un hammam, une université pour tous… » A la même époque, elle rencontre Dominique Pitoiset fraîchement nommé au Théâtre National Dijon Bourgogne. Parallèlement à ses études elle animera des actions de relations publiques sur le campus pour le CDN et sera ouvreuse le soir.

Avant même la fin de ses études, âgée de 22 ans elle décroche son premier travail. « Je ne crois pas au hasard de la vie, je crois aux bons moments » : sur le panneau d’affichage de la fac elle remarque une annonce de la Comédie de Picardie proposant un CDD d’un an comme responsable des relations publiques. Elle postule et bingo ! A Amiens, elle croise un certain Philippe Faure, metteur en scène lyonnais. A l’issue de son contrat, elle part à Lyon travailler 2 ans au Théâtre de la Croix-Rousse. « C’était un poste d’emploi jeune et la Comédie de Picardie m’a rappelée en me proposant un poste de cadre, responsable des relations publiques. A 25 ans, ça ne se refuse pas », explique-t-elle presqu’en s’excusant. Elle y restera 8 ans. « C’était une petite maison où je faisais de tout : communication, relations publiques, programmation, jeune public… » Son poste va très vite évoluer en secrétaire générale. Arrive alors un nouveau directeur, elle choisi de partir vers de nouveaux projets. « Je n’ai pas peur de l’inconnu. »

Elle candidate pour des directions de lieux dont le Théâtre universitaire nantais où un certain Arnaud Meunier figure parmi les artistes de son projet « Il était artiste associé à la Maison de la Culture d’Amiens, nous n’avions jamais travaillé ensemble mais je connaissais son travail. » Elle se retrouve sur la short-liste. « Je ne l’ai pas eu. Aucun regret aujourd’hui, je pense que je suis un bon numéro 2. » A peine devient-elle responsable des relations publiques à Angers Nantes Opéra qu’Arnaud Meunier et Karine Branchelot (ancienne directrice adjointe de la Comédie) la sollicitent auprès d’eux à la Comédie de Saint-Etienne. « Les vents ne portent que ceux qui savent où ils vont », lui avait un jour susurré Gérard Lefèvre, son premier employeur. Ils transporteront Marie-Laure au moins jusqu’à l’inauguration de la future Comédie en 2017.

Florence Barnola
 

Date : Mai 1998, mon début dans la vie active

Lieu : Nantes

Ambition : D’être toujours en accord avec moi-même

Phrase : « Je dis que l’avenir c’est du désir, et pas de la peur ». Patrice Chéreau

Personnalité : Anne Ancelin Schützenberger



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