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Il était une fois Samira Sédira…

Loire le 12 juin 2015 - Florence Barnola - Spectacle, Théâtre - article lu 741 fois

Il était une fois Samira Sédira…
Pascal Martos

Son premier roman, L'odeur des Planches, fait l'unanimité. Il est adapté au théâtre par le directeur de la Comédie de Valence avec Sandrine Bonnaire pour interprète. Dans ce roman, autobiographique, la comédienne parle d'un accident de vie, le chômage. En miroir, l'histoire familiale, celles de ses parents, algériens, s'installant dans le sud de la France.

Chaussée de lunettes de vue, habillée d’un haut jaune, les cheveux courts, Samira Sédira vous regarde dans les yeux avec bienveillance pendant que la vapeur de son thé s’échappe de la tasse. Quand elle parle, Samira rassure. Son fils va avoir 10 ans en septembre. « C’est une belle rencontre… Je l’ai vécue comme une rencontre. » Il s’appelle Tidjani « Quand il est né, il avait les yeux ouverts, genre « bon super qu’est ce qu’on fait maintenant ? ! » j’ai trouvé cela magnifique de voir ce regard ouvert sur le monde. »
La veille l’auteur est arrivée à Saint-Etienne pour la première stéphanoise de L'Odeur des Planches, l’adaptation de son roman interprétée par Sandrine Bonnaire. « C’est ici que ma vraie vie de comédienne a commencé ». Jouer la pièce à la Comédie revêt une grande importance pour elle et pour le metteur en scène, Richard Brunel, ils sont tous deux issus de l’Ecole d’art dramatique du CDN. Samira y est entrée en 1988 «J’avais 24 ans. J’étais l'une des plus âgées de la promotion ».

« Je suis de la Seyne-sur-Mer, dans le Var » décline-t-elle évacuant ainsi les vingt premières années de sa vie « J’en suis partie pour aller à la fac d’Aix-en-Provence. J’ai suivi un copain, je ne savais pas du tout ce que je voulais faire. J’ai fait LEA, langues étrangères appliquées… » Ces études ne la séduisent pas mais elle découvre le théâtre : « Le chef de troupe était un étudiant, un mec super, complètement dingue. » Trois ans plus tard, elle suit les cours d’une école privée d’art dramatique à Marseille puis « un ami me dit qu’il y a une super école à Saint-Etienne .» Elle repense alors à ses professeurs, notamment une comédienne anglaise avec qui Jean Dasté avait travaillé : «  Une petite vieille dame avec des baskets aux pieds et un fort accent. Elle m’a appris à jouer avec mon corps parce que j’avais tendance à l’oublier, j’étais assez cérébrale je pense. Elle m’a libérée. » Samira va rester dans la région stéphanoise jusqu’en 1993, puis part pour Paris. « J’ai fait comme font tous les comédiens à un moment donné ».  Elle sera désirée par des metteurs en scène en vue, elle jouera sur les scènes nationales et internationales pendant près de 20 ans…« C’est tellement mystérieux quand ça s’arrête… Pendant plus de quinze ans le boulot venait à moi sans que j’ai à le chercher et puis plus rien… »

Son premier amour, l’écriture

Elle écrit depuis « toute petite. C’est une compagne depuis plus longtemps que le théâtre. La nouvelle est vraiment un genre que j’adore. Je crois avoir lu toutes les nouvelles de Raymond Carver. » Louis-Ferdinand Céline l’a révélée. « J’ai eu l’impression que cela avait explosé quelque chose en moi. Je me suis dit « Ah ! donc on peut écrire comme on le sent ! »
Son premier roman L'Odeur des Planches est sorti en 2013. « C’est long de trouver sa voix, c’est très long, on s’essaie à tellement de trucs… Et puis un jour il y a quelque chose qui coule, qui est évident et c’est là. » Elle a commencé à l’écrire quand elle faisait des ménages. « L’écriture a été  une résilience artistique. Je ne vis qu’à travers la création. Si je ne crée pas, je m’ennuie. » Elle a fait le ménage chez des particuliers durant trois ans « au moment de la sortie du livre je crois que j’en faisais encore. » Elle raconte que tout ce qu’elle a écrit n’est pas toujours totalement fidèle à la réalité sauf son travail dans les différents foyers évoqués. « Il y a eu de belles rencontres ». Par exemple, dans cette famille où elle se prit d’affection pour un vieux monsieur. « Il y a quelque chose qui faisait que l’on se comprenait tous les deux, dans le regard. J’adorais ce petit vieux. Vraiment. Quand j’écris que je voulais ce monsieur comme grand-père, c’est vrai. »
Aujourd’hui Samira redevient comédienne, elle va faire un quatrième spectacle avec Richard Brunel en septembre prochain, Roberto Zucco, « je vais jouer la mère de la gamine. » Mais elle s’affirme avant tout comme un auteur de roman et de théâtre, elle vient d’écrire deux pièces jeune public pour la Comédie de Valence mises en scène par Julie Binot. Son prochain roman sortira en janvier prochain, « ce n’est plus du tout autobiographique », nous n’en saurons pas plus, elle ne veut pas déflorer le sujet. Elle s’enquiert de connaître le magasin de jouets le plus proche « j’ai promis à mon fils de lui ramener un souvenir ».

Florence Barnola
 

L’Odeur des Planches, de Samira Sédira, aux éditions du Rouergue

Date : La naissance de mon fils, 1er septembre 2005

Lieu : Mon canapé, c’est là que j’écris.

Personnalité : une psychanalyste qui m’a révélée à moi-même et que j’estimais en tant que femme

Phrase : « Il n’y a pas de théâtre sans fraternité » Louis Jouvet

Ambition : Continuer d’écrire
 



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