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Portrait : Cyril Dessel, une Grande Boucle pas totalement bouclée

Loire le 21 août 2014 - Florence Barnola - Sports - article lu 1070 fois

Portrait : Cyril Dessel, une Grande Boucle pas totalement bouclée
© Maxppp

En ce mois de juillet, il semble difficile de trouver un rendez-vous avec l'ancien coureur cycliste. Ambassadeur de la marque d'hypermarchés partenaire du Maillot à Pois du Tour de France, Cyril Dessel a le nez dans le guidon pendant trois semaines. Après moult échanges de textos et de messages vocaux, nous arrivons enfin à nous croiser.

Cyril Dessel est un enfant du pays. Rive-de-Gier l’a vu naître en novembre 1974. Le Ripagérien n’a jamais quitté la région, lui restant fidèle : «  J’ai habité Farnay pendant quelques années et puis Cellieu aujourd’hui. J’aime cette région, quand je m’entrainais j’avais des routes sympas. Le seul point faible était le froid. A la différence d’un sport collectif avec le cyclisme chacun peut habiter où il veut. L’équipe se retrouve la veille des courses, tous les coureurs sont dans le même hôtel. Ils partagent une séance d’entrainement et le lendemain sont en piste. »

Cyril a été le seul cycliste professionnel ligérien durant toute sa carrière « A l’heure actuelle, il n’y en a pas dans la Loire. » Membre successivement de trois équipes cyclistes, Jean Delatour, AG2R La Mondiale et Phonak, il raccroche les gants vélocipédiques en 2011 après 12 ans de carrière. « J’ai commencé assez jeune à faire du vélo parce que tout simplement je suis issu d’une famille de cyclistes. Mon père faisait des courses au niveau régional. Mon frère, ma sœur faisaient aussi du vélo. Le week-end on allait souvent sur le bord des routes pour voir les courses de vélo. Donc j’ai très rapidement été baigné sur le bord des courses. J’en faisais vraiment par plaisir sans penser à la compétition. J’y suis venu plus tard, j’avais 16 ans. »

Sa deuxième passion, le foot

Mais avant d’embrasser sérieusement le cyclisme, il se tourne vers le foot, « ma première licence de sportif ». Il fait du handball et autres sports tout en continuant à faire du vélo avec son père. « J’avais un vélo de route. Et je me souviens avoir fait la montée du col de Pavezin, au dessus de Rive-de-Gier je devais avoir 8 ans. J’étais le plus jeune participant j’avais eu ma coupe, j’étais content… » Au bout de cinq ans il arrête le foot « et j’ai pris ma première licence de vélo ». Il a 16 ans et entre chez les cadets. Que trouvait-il à cette époque à la petite reine ? « Le dépassement de soi est quelque chose qui me plaisait. Je regardais le Tour de France à la télévision. Il m’arrivait avec mes parents, d’aller encourager Bernard Hinault sur le bord de route. Les chevauchées dans les Alpes me faisaient vibrer quand j’étais petit. » A 25 ans, Cyril Dessel devient professionnel, trois ans plus tard il fera son premier Tour. En 2006, ce sera lui que les gens encouragent et applaudissent lors de sa victoire à Pau : « Mon père était à l’arrivée c’était un moment d’émotion assez fort ».

Si on lui demande comment il est arrivé à sortir du lot, il répond techniquement : «  C’est pareil qu’en foot, si vous êtes bon on vous détecte. Vous passez petit à petit des niveaux pour arriver au plus haut. Puis on arrive à vous proposer un contrat ».

Aujourd’hui Cyril, relation publique sur la Grande Boucle, vit l’événement différemment. « L’organisation, je l’ai découverte en 2012 quand je suis devenu ambassadeur. Les cyclistes sont hyper concentrés sur la course, ils ne pensent à rien d’autre qu’à l’étape du jour. Tout est organisé pour que pendant la journée ils n’aient qu’une chose à penser et ce, pour arriver dans les meilleures conditions. Une fois la ligne franchie, ils montent dans le bus et ne pensent qu’à la récupération. Donc ils ne savent pas du tout ce qui se passe autour du Tour. Leur seule vision est la course. »

« Pour réussir une carrière au plus haut niveau, il faut avoir une mentalité très forte »

Alors la curiosité l’emportant on ne peut s’empêcher de poser la question qu’on a dû lui poser maintes fois : A quoi pense un coureur sur le Tour de France ? « On pense forcément à la famille sur les trois semaines, mais pas en course plus sur l’arrivée de l’étape », raconte-t-il bienveillant. Il ajoute cependant « Il faut savoir qu’un coureur cycliste fait 80 à 90 jours de courses à l’année. Le Tour de France ne représente qu’un quart de son activité ». Cyril Dessel est allé pédaler aux quatre coins du monde en Australie, en Pologne, en Suède ou au Canada. Depuis qu’il n’est plus cycliste professionnel, il pratique le ski intensément. « Je n’ai pas pu en faire pendant toute ma carrière sportive, aujourd’hui je me rattrape, j’en fait régulièrement, de l’ordre d’une dizaine de sorties à l’année. » Il a entrepris une reconversion dans deux domaines. Il réalise des opérations de relations publiques sur différentes courses cyclistes «  ce qui me permet de garder un pied dans le milieu du vélo ». Il est également devenu promoteur immobilier « Entre Lyon et Saint-Etienne. Nous sommes trois associés, nous démarrons l’activité. Nos bureaux sont à Millery. Nous allons voir d’ici quelques mois comment cela évolue. »

Toujours envie de se dépasser. « Pour réussir une carrière au plus haut niveau, il faut avoir une mentalité très forte. C’est ce qui permet aux sportifs de réussir ou pas. Bien sûr il faut avoir des qualités sportives au-dessus de la moyenne mais ce qui différencie aussi le sportif de haut niveau c’est sa capacité de se remettre en question, à se dépasser. Je pense que ces choses là permettent, dans la vie de tous les jours, d’avancer. »

Papa de deux petites-filles, il n’a pas pour autant la velléité de passer le flambeau vélocipédique. « On ne m’a jamais imposé quoique ce soit, avec mes filles je ferai exactement pareil. L’une fait de la danse, l’autre va au centre équestre. Elles feront ce qui leur plaira. Et très sincèrement, je ne les vois pas trop faire du vélo. »

Florence Barnola

 

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