Fermer la publicité

Tri Rhône-Alpes favorise l'innovation sociale

Isère le 27 septembre 2015 - Sevim SONMEZ - Tech et Médias - article lu 397 fois

Tri Rhône-Alpes favorise l'innovation sociale
Sévim Sonmez - Gabriel Jobin a présenté le prototype de son ordinateur en bois à la ministre du Travail

Créée en 2004 à l'initiative de la communauté d'Emmaüs de Bourgoin-Jallieu, Tri Rhône-Alpes basée à Pont-Evêque a pour objectif de devenir un acteur majeur du réemploi dans la région. Elle a diversifié ses activités et vient d'ouvrir une « fab-lab » guidée par l'innovation.

Collecter les déchets d’équipements électriques et informatiques auprès des professionnels et les valoriser, telle est la mission de Tri Rhône-Alpes en 2004. Une décennie plus tard, ses activités ont bien évoluées : en 2010, la boutique de revente de matériel informatique d’occasion a ouvert ses portes aux familles ayant des faibles revenus. « J’ai rejoint TriRA en 2011 avec pour mission de développer le réemploi et faire une demande auprès de l’Etat afin d’être reconnu comme structure agréée d’insertion, explique Gabriel Jobin, responsable de TriRA. Mission accomplie haut la main pour le dirigeant qui en 2015 a inversé le modèle économique de l’entreprise. « Avant nous avions 90 % du chiffre d’affaires dédiés à l’activité de recyclage et 10 % à la revente et au réemploi. En 2015, nous avons 80 % de réemploi et 20 % de recyclage. » Une belle réussite qui se mesure également au nombre de salariés : 3 en 2011 et 9 en 2015 (8 CDI et un emploi d’avenir), avec une perspective d’embauche de 3 à 4 personnes l’an prochain. Quant au chiffre d’affaires, il est passé de 200 000 € en 2011 à 300 000 € en 2014. 


Aujourd’hui les activités de TriRA sont multiples : revente de matériel d’occasion, prestation de dépannage et de réparation informatique au juste prix, initiation à l’informatique, accompagnement pour les démarches administrative en ligne, atelier « bidouille » sur l’assemblage de PC à destination de l’Ecole de la 2e chance, atelier socio-linguiste avec un logiciel ludique. « Nous avons également mis en place un service de proximité « l’Ami des villages, poursuit Gabriel Jobin ». C’est une camionnette équipée qui sillonne les villages pour fournir aux habitants une initiation à l’informatique et du dépannage. Une contribution à l’e-insertion et à la réduction de la fracture numérique », souligne Gabriel Jobin qui estime que les fractures sociale et numérique sont étroitement liées. 

Des sociétaires très impliqués

Coopérative économique sociale et solidaire, les partenaires et les salariés sont également les sociétaires de TriRA. Cette dernière est constituée de 5 collèges qui ont le droit de vote : Emmaüs (45 %), les 8 salariés en CDI (25 %), les bénévoles (10 %), les collectivités (10 %) et le pôle territorial de coopération économique TCE (10 %). Le PTCE nommé Circularis, comprend des associations, des entreprises privées, des laboratoires de recherche, des structures d’insertion etc. Acteur majeur du réemploi, Circularis a pour objectif de créer une synergie entre différents acteurs sur un projet commun. Et le lieu de rencontre et de travail en commun de ces acteurs est le fab lab.
Ce laboratoire de fabrication est une plateforme technologique qui concentre différentes machines outil industrielles comme une imprimante 3D acquise en leasing en juillet dernier. Une mutualisation des moyens matériels et humains qui a permis de créer un prototype d’ordinateur portable en bois. Comprenant des pièces informatiques issues du réemploi, cet ordinateur possède une coque en résine de bois permettant de le personnaliser par le gravage. Un appareil haut de gamme destiné aux personnes désireuses de posséder une pièce unique qui a été présentée à la ministre du Travail Myriam El Khomri en visite, vendredi 18 septembre.
 

Sévim Sonmez

Economie circulaire et insertion


« C’est une belle initiative, une entreprise écologique et responsable qui crée des emplois et fédère une énergie positive en faveur de l’économie circulaire. Un thème dans la lignée de la Cop21 », a souligné la ministre du Travail, Myriam El Khomri ravie de sa visite : « Une visite surprenante et très agréable » pour Gabriel Jobin qui, en juin dernier, à travers le fab lab a répondu à un appel à projets national qui lui permettrait d’obtenir un financement de 300 000 € sur 3 ans.

 



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide