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PME dans la tourmente

le 15 janvier 2015 - Eric SEVEYRAT - Cinéma - article lu 38 fois

PME dans la tourmente
DR

A most violent year de Jeffrey C. Chandor est un film que devraient visionner tous les responsables syndicaux patronaux du Medef et de la CGPME, ou tous les jeunes cadres dynamiques qui ont l'entrepreneuriat chevillé au corps. Explications.

Abel Morales, joué par Oscar Issac, tient une société familiale de distribution de fioul dans l’agglomération new-yorkaise, avec son épouse, la belle Jessica Chastain. Ils ont deux adorables fillettes, une grande maison, bref, tout baigne pour ce fils d’immigré latino qui a réussi au pays de l’oncle Sam. Il a quelques dizaines de camions qui sillonnent la grosse pomme, et une bonne dose d’ambition. Il est sur le coup de l’achat d’un nouveau terminal pour développer ses activités. Las, ses chauffeurs se font agresser journellement les uns après les autres, on leur vole leurs camions, on les intimide, qui est derrière tout ça ? Avec une intrigue que l’on aurait pu trouver dans feue la génialissime série Les Incorruptibles (version Robert Stack) se cache un film très fin et très puissant. Malgré les allégations de sa femme qui lui reproche d’être une mauviette, Morales, qui n’est pourtant pas un ange, refuse l’engrenage de la violence, et donc d’armer ses chauffeurs, malgré la pression de son entourage. Pour couronner le tout, les « polyvalents » lui mettent le grappin dessus, et lui cherche des noises jusqu’au tréfonds de ses déclarations fiscales, et de ses livres de compte. C’est là que le film est très fort à nous faire sentir à petites touches presque imperceptibles le glissement progressif de l’honnête chef d’entreprise qui fait son entrée dans la mare aux canards des petites compromissions, des petites corruptions : « Tu croyais quoi ? Lui balance sa femme Anna qui a une vision plus noire, le rêve américain et tout ça ? Tu crois que ça existe ? T’es trop naïf ! » Sans paraphraser Gainsbourg, Morales est un honnête homme, c’est la société qui l’a définitivement abîmé. D’ailleurs, le film semble furieusement vouloir établir une correspondance avec le Bonnie & Clyde d’Arthur Penn (1967-Faye Dunaway, Warren Beatty) dans ce couple d’acteurs Issac-Chastain, qui fonctionne à merveille jusque dans les costumes, les manteaux d’Isaac, et les jupes droite de Chastain. A voir.
Eric Séveyrat
 



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